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Un nouveau système de surveillance chinois durcit le contrôle de la frontière tibétaine

novembre 13, 2015 15:01, Last Updated: novembre 14, 2015 12:24
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Alors que la plupart des pays cherchent des moyens d’empêcher les émigrés clandestins d’entrer, le régime chinois cherche des moyens d’empêcher ses propres citoyens de s’évader.

Le 6 novembre, le China Daily, média géré par le Parti Communiste chinois (PCC), a détaillé les caractéristiques d’un nouveau système de surveillance mis en place aux frontières. Ce dernier utilise des radars avancés et des aéronefs non guidés par l’homme pour tracer la présence de personnes. Le dispositif est d’ores et déjà déployé par les unités de défense des frontières dans le Xinjiang, le Yunnan et le Tibet.

Alors que le système est présenté comme un moyen de mettre fin au trafic de drogue et aux traversées illégales de frontières, il est probable que son utilisation comprenne la poursuite et l’arrestation de groupes minoritaires persécutés—en particulier les Ouïghours et les Tibétains – lorsqu’ils tentent d’échapper au régime chinois.

Selon Alistair Currie, porte-parole du groupe activiste Tibet Libre, le nouveau système de surveillance ajoute un autre niveau de risques pour les Tibétains ; bon nombre d’entre eux espèrent échapper à la tutelle du régime chinois en prenant le large vers le Népal.

« Il est déjà extrêmement difficile pour les Tibétains de s’échapper du Tibet, en particulier via les routes terrestres, » a déclaré Alistair Currie par mail à Epoch Times.

Les soldats chinois sont connus pour tirer à vue sur des réfugiés tibétains —y compris des femmes et des enfants—alors qu’ils tentent de fuir la Chine. Il est fréquent que les réfugiés meurent sous les tirs le long de la frontière népalaise.

Une telle scène a pu être filmée en 2008 ; les images montraient des soldats chinois tirant sur des tibétains prés de la passe de Nangpa La, alors qu’ils tentaient de rejoindre le Népal. Selon le China Daily, le nouveau système permettra de détecter « les personnes tentant de traverser la frontière » et avertira « automatiquement les soldats. »

Selon Alistair Currie, au cours des années, le périple entrepris par les migrants tibétains est devenu de plus en plus compliqué. L’activiste constate « une énorme chute dans le nombre de réfugiés » ; le chiffre de milliers de réfugiés par an est passé à des centaines, pour chuter probablement à quelques dizaines actuellement.

Selon lui, les Tibétains ne manquent pas d’inventivité pour trouver des chemins dérobés menant hors de Chine, mais avec le nouveau système, «cela sera certainement plus difficile pour eux de le faire dans le futur. »

Alistair Currie a ajouté qu’il est difficile de dire de quelle façon le système est perçu par les tibétains puisqu’il « est extrêmement difficile d’obtenir des informations hors du Tibet, à cause du niveau de surveillance et du risque. »

Le système a été conçu par l’Institut de Technologie et de Physique du Sud-ouest, filiale de la Société du Groupe des Industries du Nord de la Chine—une des principales manufactures d’armes du PCC.

Les armes acoustiques utilisent le son pour blesser, handicaper ou tuer.

D’après le China Daily, le système de surveillance est capable de surveiller les frontières toute la journée et est fonctionnel par tous les temps. Il utilise des appareils électro-optiques, des radars, un équipement de communication, des instruments de commande et de contrôle et des outils servant pour l’analyse d’images.

Jusqu’ici, le PCC se contentait d’un simple système de surveillance vidéo dans le Xinjiang, le Guangdong et le Heilongjiang. «  Le nouveau système a une couverture plus large et il est plus dissuasif grâce à l’utilisation de drones et d’armes acoustiques » a expliqué au China Daily Mao Weichen, un représentant de l’Institut de Technologie et de Physique du Sud-ouest.

Les armes acoustiques utilisent le son pour blesser, handicaper ou tuer. Des armes de ce type sont habituellement utilisées pour disperser des foules, les plus puissantes d’entre elles causant douleur et désorientation, alors que les plus faibles sont connues pour causer des nausées et de l’inconfort.

Alistair Currie a également précisé que le nouveau système de surveillance suscitait des inquiétudes dans d’autres domaines. « Avoir un ‘espion dans le ciel’ dans les zones frontalières accroît aussi les opportunités pour l’État de surveiller les activités des Tibétains dans ces zones non reliées à la frontière elle-même » a-t-il expliqué.

Le PCC éprouve fréquemment des difficultés à surveiller les gens dans les zones éloignées comme le Tibet, a t-il déclaré, notant que les nouveaux systèmes « ressemblent à un nouveau mécanisme pour le contrôle d’État ».

Alors que les nouvelles des abus en matière de droits de l’homme au Tibet se sont calmées, la répression des tibétains et autres groupes en Chine ne s’est pas ralentie.

Le ralentissement de l’information peut être partiellement attribué à un régime chinois plus efficace dans la répression.

« Nous avons connaissance de cas de tortures depuis plusieurs années, et il y a peu de raisons de croire que cela changera, » a déclaré Currie, notant que récemment, Tibet Libre a reçu un document de 2014, révélant l’octroi de récompenses aux gardes frontières chinois dans le canton de Purang, à la frontière du Népal.

Le document décrit un système similaire à celui des Soviétiques pour récompenser les gens dénonçant leurs voisins. Il décrit la façon dont le PCC récompensera les gens pour des informations sur « l’évasion et l’entrée illégale dans le pays » et des informations sur les « activités séparatistes » des Tibétains encore fidèles au Dalai Lama.

Les récompenses correspondent à des primes allant de de 500 à 50 000 yuans, et peuvent atteindre jusqu’à jusqu’à deux fois et demi cette somme quand la personne est ramenée au poste. « Pour des informations collectées par au moins deux fermiers et nomades, une récompense moyenne sera accordée en fonction du nombre de personnes » a-t-il déclaré.

Ainsi, avec ce nouveau système, l’actuel programme déjà extrêmement autoritaire, culminera à un nouveau seuil.« Exprimé clairement, un système basé sur la technologie offre des avantages substantiels sur l’utilisation des membres de la communauté, habituellement extrêmement réticents à fournir une telle aide au régime » a précisé Currie.

Il a noté que le porte-parole d’État du PCC a tendance à exagérer dans ses rapports, mais que le système sera construit sur d’autres systèmes actuellement en place—qui ont déjà rendu les évasions très difficiles pour les Tibétains.

« Les infrastructures de sécurité nationale chinoise à l’ouest—dont les routes, le rail et les aéroports qui prolifèrent au Tibet—sont également utiles pour permettre le déploiement des forces pour la répression au Tibet, quelque soit l’endroit où l’on en a besoin » a déclaré Currie.

Il a ajouté « ce projet est entièrement en phase avec ce schéma ».

Version anglaise disponible à:

http://www.theepochtimes.com/n3/1894671-for-tibetans-a-new-chinese-surveillance-system-makes-escape-difficult/

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