L’agence d’architecture Oualalou+Choi a aménagé la COP22

Après la COP 21 de Paris, la COP 22 de Marrakech vient de se dérouler du 7 au 18 novembre 2016. L’agence d’architecture OUALALOU+CHOI avait été désignée pour concevoir et aménager le village de la COP 22.

Dans la continuité de la réalisation du Pavillon du Maroc à Milan EXPO 2015 et de l’installation d’une structure tendue sur le parvis de L’Institut du Monde Arabe à Paris en 2014, l’agence a développé à l’occasion de cet événement mondial un urbanisme temporaire et expérimental de grande échelle.

(Luc Boegly)
(Luc Boegly)

95% d’éléments réutilisables

C’est avec l’exigence de l’exemplarité environnementale que le village a été conçu pour atteindre l’objectif de 95% d’éléments réutilisables ainsi qu’une empreinte carbone réduite à minima pour un événement d’une telle ampleur. L’étude du cycle de vie a été au cœur de la conception du projet avec pour dessein qu’éphémère ne rime pas avec jetable. « Une part importante d’économie circulaire marque notre ambition par la réutilisation, le réemploi et le recyclage des ressources et des déchets ».

Le projet se distingue également par un aménagement du territoire et du paysage en lien avec la diversité de la culture marocaine et respectueux du paysage local. Il s’appuie sur les conclusions de la COP21 avec la mise en place d’actions concrètes telles que la dématérialisation des documents, l’utilisation d’énergies renouvelables et la mise en place d’un incubateur d’entreprises liées au climat.

Situé à la lisière de la ville, face aux murailles millénaires et aux montagnes de l’Atlas.

Pour accueillir ce grand évènement, un terrain nu d’une trentaine d’hectares au sud de Marrakech a été choisi. Il se situe, à la lisière de la ville, face aux murailles millénaires et aux montagnes de l’Atlas.

Les structures couvertes ont été installées de part et d’autres d’un grand axe joignant les deux boulevards principaux de la ville. Cette colonne vertébrale de 18 mètres de large par 680 mètres de long distribue l’ensemble des éléments de programme et constitue l’espace public principal du projet.

(Luc Boegly)
(Luc Boegly)

Une forme architecturale à la fois marocaine et profondément universelle

Une grande Canopée couvre le ciel. Elle protège un jardin, qui est aussi un extrait de paysage, narratif et didactique. La tente est à la fois une forme primitive et primordiale. Elle est l’expression d’une forme architecturale à la fois marocaine et profondément universelle. Cette grande structure tendue couvrant près de 12 000m² est née de la collaboration entre OUALALOU+CHOI et l’entreprise Serge Ferrari, avec pour volonté d’abriter, subtilement et avec légèreté, cette traversée paysagère. La membrane précontrainte est fortement ajourée pour assurer un effet de transparence tout en étant absolument étanche. La COP 22 a été l’opportunité d’élaborer une structure innovante tant sur le plan structurel que sur celui de la matérialité.

Une porte de 12 mètres de haut sur 50 mètres de large, l’essence même de l’architecture marocaine

Marquant l’entrée de salle plénière, cette imposante porte de 12 mètres de haut sur 50 mètres de large, interprète à travers un vocabulaire contemporain une forme primordiale de l’architecture marocaine. Cette structure de chevrons en bois superposés crée une lecture complexe de la forme et invente une géométrie. Le motif n’est plus figuré, il est incarné par la matière. Les lignes horizontales viennent détourer la forme de la porte jusque dans l’épaisseur de la structure. Protégeant l’un des principaux espaces de l’événement, la porte agit comme un élément central du projet.

Deux zones distinctes selon le cahier des charges de l’ONU

Le village comprend deux zones différentes, l’une gérée par les Nations-unies et dont l’axe majeur de circulation est piéton. De part et d’autre de cette zone, se trouvent les différents lieux de réunion. L’ensemble étant recouvert par la canopée, imaginé par l’agence.

Toute la ville de Marrakech est sortie de terre pour aménager un village de 300.000 m², pourvue également de 55 tentes.

L’agence d’architecture OUALALOU+CHOI

Agence d’architecture basée à Paris et à Casablanca, OUALALOU+CHOI a été fondée par Tarik Oualalou et Lina Choi autour de l’idée de tester et questionner les limites des pratiques architecturales et urbanistiques. Les stratégies mises en œuvre par l’agence sont autant de réponses à un environnement de règles et modèles établis de plus en plus standardisés et codifiés. La trajectoire de OUALALOU+CHOI construite à travers des projets d’échelles, de programmes, de sites et de situations très diverses, témoigne d’une volonté de faire de l’architecture une pratique savante et sensible.

(Luc Boegly)
(Luc Boegly)

Une forme de résistance, qui s’ancre dans le territoire et dialogue avec la culture. Convaincu que l’invention ne se situe pas toujours dans le périmètre conventionnel d’intervention de l’architecte, OUALALOU+CHOI cherche à mettre en œuvre des stratégies qui s’infiltrent avant et se disséminent après le projet architectural. Cette exploration continue des enjeux extra-architecturaux est souvent le lieu de la découverte, de la fondation et de l’invention du projet.

Ce dernier ne peut être uniquement une réponse à un programme, un site ou un budget. Au-delà de sa valeur d’usage, de sa puissance esthétique et de la nécessité de construire avec responsabilité, le projet architectural est pour l’agence une exploration de l’intangible et de l’immatériel. OUALALOU+CHOI a travaillé sur de nombreux projets d’échelles et de programmes très divers : musées, hôtels de luxe, complexes touristiques, logements sociaux, schémas urbains pour des villes existantes ou à venir.

De nombreux prix ont récompensé les projets de l’agence

L’agence a été plusieurs fois récompensée, notamment par la mention du prix « des architectures d’Expo 2015 », ainsi que par le prix « Rice Alliance Spotlight 2015 ». OUALALOU+CHOI a également été nommée finaliste pour le prix AFEX 2014 pour un projet exceptionnel réalisé par un architecte français hors de France. En 2012, l’agence a reçu successivement le prix Young Arab Architects 2012, le prix WA, et le prix EMAP pour l’architecture émergente. Ses travaux ont fait l’objet de nombreuses publications, en France comme à l’étranger. En outre, plusieurs expositions ont exhibé les réalisations de OUALALOU+CHOI, notamment à Paris, Casablanca, Londres et Copenhague.

Divers travaux de l’agence

OUALALOU + CHOI a travaillé sur une vaste gamme de programmes, comprenant des musées, des hôtels de luxe et des centres de villégiature, des logements sociaux, des complexes sportifs et des plans directeurs pour les villes existantes et nouvelles. L’œuvre d’OUALALOU + CHOI a été publiée à l’international et exposée à Paris, Casablanca, Londres et Copenhague.

(Luc Boegly)
(Luc Boegly)

Finaliste du grand prix de l’AFEX 2014, pour le musée archéologique de Volubilis

Le défi fut de construire sur l’ancienne cité romaine, Volubilis, le site archéologique le plus important du Maroc. Situé au nord de Meknès, sur un terrain accidenté, il baigne dans un environnement inchangé depuis deux mille ans. L’afflux de visiteurs exigeait des infrastructures adaptées. L’Unesco avait menacé d’exclure le site du patrimoine mondial s’il faisait l’objet d’une opération de construction. Pour tenter de retourner la situation et espérer emporter l’adhésion de l’organisme international, le pari a été de concevoir un équipement intégré dans le paysage.

Tarik Oualalou et Linna Choi ont gagné ce pari en inscrivant le musée archéologique et ses dépendances au creux d’un talus ménagé dans un terrain pentu de façon que le corps des bâtiments s’y fonde, excluant toute émergence visible. L’ensemble est implanté sur un espace isolé à l’est du plateau, dans une végétation abondante. Même le point le plus haut des constructions est invisible depuis l’accès au site.

Deux matériaux naturels ont été privilégiés : la pierre de Volubilis pour tous les sols, intérieurs et extérieurs, et le cèdre de l’Atlas pour toutes les menuiseries et la seconde peau de façade. La ligne de béton brut unifie la composition, noyée dans une végétation dense. La mise en œuvre a été pensée pour que le bâtiment donne la sensation d’avoir été fait à la main.

 
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