ANIMAUX

300 chiens et chats évacués de l’est de l’Ukraine grâce à l’association Kyiv Animal Rescue Group

juin 9, 2023 17:31, Last Updated: juin 9, 2023 17:31
By Valeria Panasenko

Les bénévoles de l’association de protection animale, Kyiv Animal Rescue Group, sauvent des animaux depuis 2014. Jusqu’à l’hiver 2022, ils n’avaient secouru des animaux que dans la capitale Kiev et ses environs.

Mais au mois de décembre, ils ont effectué leur première opération d’évacuation dans la partie Est de l’Ukraine qui, en raison de la guerre à grande échelle menée par la Russie, a subi de lourds bombardements. Depuis, les bénévoles ont déjà accompli quatre missions d’évacuation dans l’Est : ils se sont rendus deux fois à Bakhmut et deux fois dans la région voisine de Chasiv Yar où ils ont réussi à sauver près de 300 chats et chiens, ainsi qu’un bouc.

Selon Mykhailo Storozhuk, un bénévole de l’association : « Normalement, nous nous y rendons en petit groupe : seulement deux personnes pour un ou deux minibus afin d’avoir un maximum de places pour sauver le plus d’animaux possible. Mais récupérer les animaux de la zone de conflit n’est pas le seul problème que rencontrent les bénévoles. Il est difficile de les accueillir correctement, car tous les refuges de la région de Kiev et des régions avoisinantes sont débordés. »

« Les animaux qui ont besoin de notre aide sont faciles à trouver, car, en général, ils sont à la recherche de nourriture. Ils sont tous très différents et nous ne pouvons pas tous les recueillir. C’est pourquoi nous nous concentrons d’abord sur ceux qui ne pourraient pas survivre seuls dans la rue, comme les animaux de compagnie qui vivaient confortablement chez leurs propriétaires et qui étaient nourris. Ou bien encore ceux qui sont blessés ou gravement malades.

Tous les bénévoles de l’association ont l’expérience des situations d’urgence ou ont déjà travaillé avec des animaux. Le bénévole explique : « Nous avons tous suivi des cours et des formations. Par exemple, je suis spéléologue et cordiste. Je peux travailler avec des cordes, grimper aux arbres et aller sous terre. La plupart des membres de notre équipe ont travaillé dans des refuges pour animaux. Certains sont aussi juste des touristes, sont spéléologues ou explorateurs souterrains. »

En général, les volontaires viennent pour plusieurs jours et travaillent du matin au soir pour inspecter chaque recoin des villes situées sur le front et sauver les animaux blessés et vulnérables. Storozhuk ajoute :

« Nous essayons de récupérer le plus d’animaux possible en un minimum de temps afin de ne pas rester trop longtemps dans une zone dangereuse; nous arrivons à un endroit (où se trouve un animal), nous le chargeons rapidement dans le véhicule et nous continuons à rouler, au milieu des bombardements intensifs (presque toutes les minutes). Lors des deux premières missions à Bakhmut, nous avons travaillé presque dix jours d’affilée. On dormait à Slovyansk et retournait à Bakhmut dès le lendemain matin. »

Les difficultés rencontrées par les évacués et leurs animaux

En raison d’un manque de personnel, le groupe de sauvetage animalier ne peut se déplacer qu’une fois par mois. Selon Storozhuk, ces interventions occasionnelles présentent également des avantages; les bénévoles ont alors plus de temps pour trouver des foyers pour les animaux qu’ils ont recueillis et faire de la place pour de nouvelles arrivées :

Nous relogeons les animaux là où il y a de la place. Tant dans les refuges privés que chez les bénévoles qui accueillent un ou deux animaux chez eux. Malheureusement, nous avons beaucoup d’animaux abandonnés, car leurs propriétaires s’enfuient souvent de leur maison sans savoir où ils vont aller. Généralement, les évacués ne peuvent pas trouver de logement qui accepte les animaux. Aussi, de plus en plus de personnes vivent dans des abris; ils sont parfois plusieurs dizaines dans une seule pièce. Il est évident qu’ils ne peuvent pas y emmener deux chiens de berger par exemple.

Cependant, malgré ces difficultés, de nombreux propriétaires d’animaux de compagnie souhaitent les récupérer après avoir trouvé où se loger. Après avoir sécurisé un logement et un emploi, de nombreuses personnes demandent aux bénévoles de retrouver et de mettre leurs animaux en sécurité.

« Nous sommes heureux d’évacuer les animaux que les propriétaires sont prêts à reprendre. Nous les recherchons et les secourons. Mais il arrive parfois qu’il soit déjà trop tard; les propriétaires ont laissé leur animal chez un voisin, le voisin a été évacué et a laissé l’animal chez quelqu’un d’autre. Il n’est pas toujours possible de retrouver leurs animaux, » explique avec tristesse Storozhuk.

Mais beaucoup de personnes ne veulent pas partir sans leurs animaux. Certains refusent d’être évacués parce qu’elles ne veulent pas les abandonner.

Certains attendent que leurs animaux soient évacués avant de faire de même. Ces personnes sont rares, mais elles existent, et cela ne peut que nous réjouir. Les gens nous disent que personne ne veut les évacuer avec leurs chats et leurs chiens; c’est pourquoi ils sont obligés de rester. Dans de tels cas, nous demandons l’aide de bénévoles pour évacuer la personne de la zone de conflit et nous secourons nous-mêmes les animaux.

Les animaux ont peur et veulent être secourus

Les bénévoles emportent toujours de la nourriture pour animaux avec eux, car ils savent qu’en raison de la pénurie, il est difficile pour les habitants de se nourrir, et encore moins leurs animaux. En général, ils transportent environ deux tonnes de croquettes pour les chats et les chiens abandonnés. Ils les donnent aux propriétaires pour qu’ils nourrissent leurs propres animaux de compagnie, mais aussi aux animaux errants qu’ils pourraient rencontrer.

Selon le bénévole : « Avant chaque mission, nous demandons à toutes les personnes concernées d’aider à collecter des fonds pour acheter de la nourriture pour animaux ou de nous en faire don. Il arrive souvent que des voisins se retrouvent avec beaucoup d’animaux à prendre soin. Par exemple, dans une rue de Bakhmut, une dame âgée nourrissait tous les animaux abandonnés. Ils étaient des dizaines. »

D’après les bénévoles, les animaux abandonnés de la région de Donetsk sont très chaleureux. Ils ont peur et semblent vouloir partir de la zone de conflit.

Storozhuk explique : « Les chats et les chiens qui vivent au milieu des bombardements sont très faciles à attraper, même s’ils ne nous connaissent pas. Ils sont gentils et affectueux. Lorsque vous essayez d’attraper un chat errant à Kiev, il est sauvage et agressif et ne vous laisse pas l’approcher. Au contraire, ces animaux se comportent comme s’ils disaient : « Emmenez-nous loin d’ici, sortez-nous d’ici ». Dès que nous ouvrons les cages et que nous leur donnons de la nourriture, ils foncent à l’intérieur. »

Cet article, écrit par Valeria Panasenko, a tout d’abord été publié sur Свої.City, un magazine en ligne ukrainien. Une version abrégée et modérément éditée est republiée sur Global Voices dans le cadre d’un accord de partenariat médiatique.

Version originale publiée dans Global Voices.

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