Comment les passeports vaccinaux ouvrent la voie à l’identification numérique et au contrôle planétaire

Par Ella Kietlinska, Joshua Phillip
13 avril 2022 16:28 Mis à jour: 13 avril 2022 16:38

La pandémie de Covid‑19 semble s’atténuer dans le monde entier, les restrictions sont levées et la vie revient, plus ou moins, à la normale. Selon le journaliste Nick Corbishley, cependant, spécialisé dans les tendances économiques et politiques en Europe et en Amérique latine, les passeports vaccinaux ne sont qu’une étape dans la mise en place de l’identification numérique à l’échelle mondiale et celle‑ci constitue une sérieuse menace à la vie privée et la liberté sur l’ensemble du monde.

Lors d’une interview accordée pour Crossroads d’EpochTV, le journaliste évoque son livre intitulé « Scanned : Why Vaccine Passports Will Mean the End of Privacy and Personal Freedom ». [Scanné : Pourquoi le passeport vaccinal signifiera la fin de la vie privée et de la liberté individuelle, ntd.]

Tout au long de la pandémie de Covid‑19, les Occidentaux ont été conditionnés à accepter une forme de contrôle et une surveillance permanente, estime le journaliste.

 « C’est une société de contrôle. Où que vous vouliez aller, vous devez montrer votre téléphone portable, vous identifier… même si c’est juste pour entrer dans un supermarché ou dans un magasin. »

Dans les pays pauvres, poursuit‑il, nombreus sont ceux qui n’ont pas de pièce d’identité officielle. L’introduction de certificats vaccinaux a été une façon de préparer le terrain.

« C’est quelque chose dont on parlait bien avant la pandémie. »

Les entreprises et les sociétés participant au Forum économique mondial, explique‑t‑il, cherchent des moyens pour introduire l’identité numérique depuis 2016 au moins.

En 2019 (précisément un mois avant le début de la pandémie) l’Alliance ID2020 signale que les certificats vaccinaux pourraient constituer la passerelle adéquate pour imposer l’identification numérique à l’échelle planétaire.

Selon son site Web, ID2020 est une organisation non gouvernementale américaine basée à New York dédiée au développement de l’identification numérique à l’échelle mondiale. L’Alliance ID2020 est un partenariat entre ID2020 et d’autres organisations travaillant dans le même sens.

« Les partenaires de l’Alliance ID2020 envisagent un monde dans lequel tous les individus accumulent des justificatifs numériques contrôlables (dossiers de vaccination, certificats de formation professionnelle, preuves de résidence, etc.), et dans lequel ils les partagent de manière sélective afin de postuler pour un emploi, accéder à des services financiers, participer à la vie citoyenne, aux élections et plus encore », peut‑on lire dans l’aperçu (pdf) mis en ligne par l’organisation.

L’organisation est financée « par des contributeurs philanthropiques, des partenaires du secteur privé et des particuliers », peut‑on encore lire sur le site Web. On y découvre que Microsoft Corporation, la Rockefeller Foundation et l’Open Society Foundations (fondée et présidée par George Soros) comptent parmi les donateurs d’ID2020 (pdf).

Les passeports vaccinaux sont assez primitifs, leur champ d’application est relativement restreint. La façon dont ils sont conçus, en revanche, offre de nombreuses possibilités pour étendre leurs fonctionnalités, explique M. Corbishley.

Il cite Andrew Bud, fondateur et PDG d’iProov, une société consacrée à la technologie biométrique qui propose des outils d’authentification, dont l’identification faciale.

En février 2021, M. Bud a déclaré à Forbes : « L’évolution des passeports vaccinaux va en réalité orienter tout le domaine de l’identité numérique à l’avenir. Par conséquent, il ne s’agit pas seulement du Covid, mais de quelque chose de bien plus grand. »

Dans de nombreux pays, y compris ceux de l’Union européenne, du Royaume‑Uni et du Canada, le développement progressif de programmes et de systèmes d’identification numérique passe inaperçu aux yeux du grand public, explique M. Corbishley.

« Tout se passe en coulisses. »

« Ils ne cachent rien, mais il n’y a pas de couverture médiatique, donc les gens ne sont pas au courant. »

L’Association des banquiers canadiens a publié au printemps 2018 un document présentant une approche pour développer une identification numérique gérée par le gouvernement fédéral (pdf).

« En utilisant un ‘système fédéré’, les Canadiens pourront accéder à leurs certificats par voie électronique et combiné les différents documents gouvernementaux (comme le permis de conduire), avec leur compte bancaire ou des données biométriques telles que les empreintes digitales ou la reconnaissance faciale », indique le document.

Le Digital Identification and Authentication Council of Canada (DIACC) [Conseil canadien de l’identification et de l’authentification numériques] élabore l’infrastructure de l’identification numérique. C’est ce qu’explique Joni Brennan, présidente du DIACC, lors d’une vidéoconférence organisée par le gouvernement canadien le 1er février 2022.

Le DIACC est une coalition à but non lucratif de dirigeants des secteurs public et privé.

Mme Brennan nous indique que certains ministères du gouvernement fédéral canadien se sont déjà engagés à mettre en place de nouveaux systèmes d’identification numérique. La même identification numérique devrait être utilisée pour effectuer des transactions avec le gouvernement et avec des institutions privées telles que des banques. L’identification numérique sera donc conçue comme « un seul écosystème » servant toutes les demandes d’authentification.

Un système pilote d’identification numérique a déjà été lancé dans la province canadienne du Nouveau‑Brunswick dans le cadre d’un projet appelé « Smart Province », explique durant la visionconférence Colleen Boldon, directrice en charge du laboratoire digital et de l’identification numérique à la DIACC.

Selon M. Corbishley, le déploiement de ces programmes d’identification numérique est extrêmement rapide.

« C’est quelque chose qui va particulièrement vite, et ça se passe vraiment en catimini. »

Les monnaies numériques

Jordan Kelley, PDG et cofondateur de Robocoin, lors d’une démonstration du guichet automatique Bitcoin Robocoin dans le Rayburn House Office Building au Capitole, le 8 avril 2014 à Washington, DC. . Pour s’inscrire et effectuer une transaction sur un distributeur automatique de bitcoins Robocoin, les clients doivent fournir un e-mail, une empreinte digitale, une pièce d’identité et un scan du visage. (Photo par Drew Angerer/Getty Images)

De nombreux pays développent également des monnaies numériques. Celles‑ci nécessitent la mise en place d’un système d’identification numérique, poursuit M. Corbishley.

« Dans le futur, cela va révolutionner la façon dont fonctionne l’argent. Si les banques centrales sont capables d’accomplir cela, alors la façon dont nous gagnons de l’argent, dont nous le dépensons, dont nous l’épargnons, tout cela sera complètement transformé. »

« Et encore une fois, il n’y a ni consultation, ni sensibilisation, rien pour informer les populations. »

La monnaie numérique et l’identité numérique, lorsqu’elles seront mises en œuvre ensemble, formeront un système qui permettra aux banques centrales de surveiller, de suivre et de retracer la façon dont les gens dépensent leur argent.

« Comme nous l’avons vu récemment au Canada, elles auront la possibilité de mettre hors service toute personne jugée indésirable. »

Cela ressemblera également à la situation en Chine, qui dispose d’un système de crédit social empêchant les personnes figurant sur les listes noires de voyager en train ou en avion.

En février 2022, les autorités canadiennes ont gelé, sans décision de justice, les avoirs financiers de certaines personnes et entreprises impliquées ou soutenant le convoi des camionneurs à Ottawa.

« C’est un monde où nous serons constamment obligés d’adopter certains comportements et punis si nous adoptons des comportements non conformes [à leurs attentes]. »

Ce sera donc un monde où les gens n’auront aucune liberté et où le pouvoir sera centralisé d’une manière inédite.

S’opposer à un tel système deviendra pratiquement impossible, souligne le journaliste.

« Quand vous essayerez de vous opposer au système, quand vous essayerez de canaliser un mouvement de protestation, alors, soudain, la première chose que vous constaterez est que vous n’avez plus aucun moyen de faire des transactions ou de travailler. »

« Et désormais, vous êtes un intrus. »

Prédire l’évolution de notre société est difficile, estime le journaliste, néanmoins en regardant la situation au Canada ou en Chine, se profile un tableau sombre.

Le ministre de l’Immigration, Eric Besson, le 19 octobre 2009 à l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle, à l’occasion du lancement du dispositif Parafes (Passage automatisé rapide aux frontières extérieures Schengen). Parafes est un dispositif qui, après une inscription sur une base de données, permettra de passer la frontière grâce à un contrôle automatisé consistant en une vérification d’empreintes digitales. (FRED DUFOUR/AFP via Getty Images)

Les mandats de vaccination et les passeports vaccinaux n’ont pas encore disparu, alors que la pandémie de Covid‑19 est terminée, rappelle M. Corbishley.

« Pour l’instant, ils seront simplement suspendus. Ils passeront à l’arrière‑plan. »

En février 2022, l’OMS a signé un contrat avec T‑Systems, une filiale de la société allemande Deutsche Telekom AG, pour construire un système mondial interopérable de passeports vaccinaux, selon un communiqué de la société.

T‑Systems a déjà mis au point une solution technologique pour les certificats de vaccination de l’Union européenne et une application de traçage du virus du PCC (communément appelé nouveau coronavirus) pour le gouvernement allemand, précise le communiqué.

« Pour beaucoup de ces choses, on nous mène en bateau. »

« On nous dit une chose, et en même temps, nos gouvernements font exactement le contraire. »

Le journaliste espère que son livre permettra de sensibiliser les gens à ce sujet.

L’OMS a annoncé en décembre 2021 vouloir élaborer et négocier une nouvelle convention ou un nouvel accord international sur la prévention, la préparation et la réponse aux futures pandémies.

Cette décision a été prise lors d’une session spéciale, la deuxième session de ce type depuis la fondation de l’OMS en 1948, selon un communiqué. D’autres organes des Nations Unies, des acteurs non étatiques et d’autres parties prenantes seront également inclus dans les processus de rédaction et de négociation, précise le communiqué.

« Ce traité donnera à l’OMS des pouvoirs exécutifs beaucoup plus importants lorsqu’il faudra faire face à de nouvelles crises sanitaires, de nouvelles pandémies. »

En aucun cas, les travaux et discussion autour du nouveau traité ne font l’objet d’une diffusion adéquate, tout se déroule « plus ou moins à huis clos », s’inquiète le journaliste. C’est d’autant plus troublant que l’OMS a particulièrement mal géré la crise sanitaire, ajoute‑t‑il.

Par exemple, en juillet 2020, l’OMS a admis que la Chine, pays membre de l’OMS, n’avait nullement signalé aux responsables de l’OMS l’épidémie de virus du PCC en décembre 2019 (à son apparition).

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