Des revues scientifiques publient des rapports pro-confinement et censurent les études anti-confinement

« L'ensemble du processus d'examen scientifique sur tout ce qui concerne le Covid-19 est devenu hautement politisé et contaminé », souligne Steve Hanke, professeur à l'université Johns Hopkins

Par Kevin Stocklin
7 octobre 2023 16:53 Mis à jour: 7 octobre 2023 16:53

La censure du Covid semble faire son retour, à supposer qu’elle soit un jour partie.

De nombreux médecins et universitaires affirment avoir tenté de publier des études qui montrent que les confinements ont entraîné des coûts énormes et des bénéfices marginaux, mais ils ont constaté que de nombreuses portes leur étaient fermées.

« L’ensemble du processus d’examen scientifique sur tout ce qui concerne le Covid-19 est devenu hautement politisé et contaminé », a indiqué Steve Hanke, professeur d’économie à l’université Johns Hopkins et ancien membre du Conseil des experts économiques sous la présidence de Reagan, à Epoch Times. M. Hanke affirme avoir été parmi ceux qui ont été censurés pour avoir critiqué les fermetures d’usines.

Alors que de nombreuses personnes considèrent les fermetures pandémiques des écoles, des entreprises et des églises comme des échecs coûteux, intrusifs et, dans certains cas, dévastateurs, les confinements recueillent de plus en plus d’avis favorables au sein de la communauté médicale, tandis que les rapports critiques à leur égard sont réduits au silence.

Tout ceci se produit au moment où l’on apprend que l’administration Biden s’est appuyée sur des entreprises technologiques et médiatiques pour faire taire les voix qui s’opposaient aux récits officiels relatifs au Covid.

En septembre, une cour d’appel fédérale a statué que la Maison-Blanche, le chirurgien général des États-Unis, le Centre de contrôle des maladies (CDC) et le FBI avaient « probablement violé le premier amendement » en faisant pression sur les entreprises de médias sociaux pour qu’elles censurent les opinions exprimées par les personnes critiques à l’égard des récits officiels présentés par le gouvernement sur le Covid. Le tribunal a ordonné aux agences et aux personnes de l’administration Biden de ne pas « contraindre ou encourager de manière significative les décisions de modération de contenu d’une plateforme », ni d’influencer de quelque manière que ce soit les entreprises de médias sociaux pour qu’elles bloquent des discours légitimes.

« La question n’est pas de savoir si les idées sont bonnes ou mauvaises », a indiqué le Dr Bhattacharya après cette décision. « La question est de savoir qui peut contrôler les idées exprimées sur la place publique. »

L’administration Biden a fait appel de la décision, qui sera probablement tranchée par la Cour suprême. La question centrale est de savoir dans quelle mesure les entreprises privées portent atteinte aux droits des Américains au titre du premier amendement si elles pratiquent la censure à la demande des représentants de l’État.

Notre travail a été effectivement censuré

Le rapport de M. Hanke, Lars Jonung et Jonas Herby (HJH), intitulé « Les confinements ont-ils fonctionné ? Le verdict sur les restrictions Covid », conclut que les confinements ont été « un échec politique mondial aux proportions gigantesques ». Cette étude a été rejetée par les principaux éditeurs médicaux, alors que les études qui ont fait l’éloge du confinement ont été publiées et relayées par les médias.

Si le Social Sciences Research Network (SSRN), premier éditeur d’études médicales et autres scientifiques géré par l’éditeur néerlandais Elsevier, a rejeté le rapport final de HJH, il a néanmoins publié des articles qui attaquaient le rapport de HJH.

« Le SSRN a permis aux auteurs de l’article en question de télécharger leur travail, alors que le nôtre a été effectivement censuré », a souligné M. Hanke. « Nos résultats allaient à l’encontre du dogme officiel. »

Un article de M. Hanke et de ses collègues, répondant aux critiques, a également été rejeté par le SSRN, a ajouté M. Hanke.

Dans les deux cas, le SSRN a indiqué que le rejet s’expliquait par « la nécessité de faire preuve de prudence lors de la publication de contenus médicaux ». Il s’agit apparemment d’un nouveau critère qui n’est pas conforme aux lignes directrices du SSRN, qui excluent tout matériel « illégal, obscène, diffamatoire, menaçant, violant les droits de propriété intellectuelle, portant atteinte à la vie privée ou autrement préjudiciable ou répréhensible ».

En revanche, un rapport publié par SSRN en septembre, intitulé « Les importations et la propagation des souches du SRAS-CoV-2 sont réduites suite à des interventions non pharmaceutiques », évalue favorablement les mesures de confinement. Les « interventions non pharmaceutiques » (INP : Nonpharmaceutical interventions) sont le nouvel euphémisme pour désigner les confinements, les obligations de porter un masque, les interdictions de voyager et autres suspensions des droits civiques en période de pandémie.

« En fin de compte, le SRAS-CoV-2 a été éradiqué durant la période de l’étude grâce à la recherche des contacts et aux mesures de quarantaine obligatoires », indique le rapport, faisant référence aux restrictions imposées par les autorités de Hong Kong. En Suisse, écrivent les auteurs, « la fermeture stricte des frontières et le confinement partiel imposé en 2020 ont permis de contrôler l’entrée dans le pays des nouvelles souches [Covid] ».

Un rapport publié par le SSRN en juin, intitulé « Estimation de l’efficacité des interventions contre le Covid-19 en France », indique que « nos résultats mettent en évidence l’impact substantiel des INP, notamment des confinements et des couvre-feux, dans le contrôle de la pandémie de Covid-19 » et que « le premier confinement a été le plus efficace, réduisant la transmission de 84% ».

Préparer le terrain pour les futurs confinements

Les rapports de ce type semblent préparer le terrain pour légitimer le confinement et d’autres mandats gouvernementaux INP comme réponse politique future aux pandémies.

Un rapport intitulé « Covid-19 : examiner l’efficacité des interventions non pharmaceutiques », publié en août par la Royal Society, une « association » d’éminents scientifiques, indique que « l’une des leçons les plus importantes à retenir de cette pandémie est que l’application efficace des INP permet de ‘gagner du temps’ pour permettre le développement et la fabrication de médicaments et de vaccins ». Il y a tout lieu de penser que la mise en œuvre d’ensembles d’INP sera importante lors des futures pandémies ».

Un groupe appelé factcheck.org a effectué sa propre analyse sur les travaux de M. Hanke, mentionnant d’autres universitaires qui l’ont critiqué et soulignant que l’étude HJH n’a pas fait l’objet d’un examen par les pairs.

« De nombreuses études ont été menées pour déterminer si et dans quelle mesure les soi-disant ‘confinements’ et divers INP ont été efficaces, et de nombreuses recherches ont conclu que ces mesures pouvaient limiter la transmission, ou réduire le nombre de cas et de décès », a souligné Factcheck.

Inquiry, une revue médicale, a également refusé de publier l’article de HJH critiquant les confinements. Selon la correspondance échangée entre Inquiry et les auteurs, la revue a d’abord demandé une évaluation par trois experts en la matière.

Lors de l’étape suivante du processus de publication, l’article de HJH a reçu trois évaluations favorables des experts d’Inquiry, a souligné M. Hanke. Cependant, peu de temps après avoir obtenu ces évaluations, le rédacteur en chef d’Inquiry les a rétractées.

« Au cours de ma longue carrière universitaire de près de 60 ans, je n’ai jamais rencontré une telle chose », a souligné M. Hanke. « En fait, je n’ai même jamais entendu parler d’une telle chose. C’est vraiment sans précédent et scandaleux ».

Dans un rapport conjoint évalué par des pairs et publié dans Econ Journal Watch, M. Bhattacharya et M. Hanke ont affirmé que « rien ne vaut une pandémie imminente pour susciter la peur, et rien ne vaut la peur pour graisser les patins de la censure ».

Les auteurs ont évoqué un modèle de coopération entre le gouvernement et les médias pour faire taire les dissidents.

« Viennent d’abord les ‘vérificateurs de faits’ qui produisent un verbiage infondé et hors de propos, dépourvu de sens critique ou de vision analytique », ont-ils écrit. « Viennent ensuite les articles d’opinion [des médias] qui reprennent les affirmations des soi-disant vérificateurs de faits. »

Le résultat final est une absence de points de vue alternatifs dans les publications grand public, ont-ils noté.

Un sujet trop sensible pour être publié

Le Dr Vinay Prasad, médecin, épidémiologiste, professeur à la faculté de médecine de l’université de Californie à San Francisco et auteur de plus de 350 articles et lettres universitaires, a également décrit « un schéma surprenant de censure et de normes incohérentes venant des serveurs de préimpression » qui ont refusé de publier ses recherches critiquant les vaccins Covid et les masques, alors qu’ils publient fréquemment ses recherches sur le cancer et l’oncologie.

Les serveurs de prépublications sont des répertoires en ligne qui publient des articles universitaires.

« Plus précisément, MedRxiv et SSRN se sont montrés réticents pour publier des articles critiquant le Centre de contrôle des maladies (CDC), les masques et les vaccins obligatoires, et les politiques de santé de l’administration Biden », écrit le Dr Prasad. « Les serveurs de préimpression ne sont pas censés être des revues – ils ne sont pas censés rejeter des articles pour la simple raison que les personnes qui les gèrent ne sont pas favorables aux arguments qu’ils contiennent ».

Lorsque le Dr Prasad et sa collègue, le Dr Alyson Haslam, ont rédigé un rapport sur la censure de leurs travaux sur le Covid, le SSRN a également refusé de le publier, explique-t-il.

Le Dr Bhattacharya affirme qu’il a également été censuré par MedRxiv quant à son analyse critique du confinement. En 2020, lui et ses collègues Christopher Oh et John Ioannidis, sous la direction d’Eran Bendavid, professeur spécialiste des maladies infectieuses à l’université de Stanford, ont comparé des pays comme la Suède et la Corée du Sud qui n’avaient pas adopté de mesures de confinement avec d’autres pays qui en avaient adopté, et n’ont trouvé aucun avantage statistiquement significatif aux ordonnances obligatoires relatives à la propagation du Covid.

Selon le Dr Bhattacharya, « MedRxiv a refusé de publier l’article, indiquant aux auteurs que le sujet était trop sensible pour permettre la publication d’un document préliminaire, même si le site regorgeait d’analyses de modélisation censées démontrer l’efficacité des mesures de confinement pour limiter la propagation du Covid ».

Après avoir publié une version élargie de leur document de travail par l’intermédiaire de l’Institute for Economic Affairs sous la forme d’un livre évalué par les pairs, M. Hanke et ses coauteurs poursuivent leurs efforts pour diffuser également leur étude dans les revues médicales traditionnelles, a-t-il ajouté.

« Nous nous attendons à ce que le document reçoive une évaluation juste et favorable et qu’il soit publié », a souligné M. Hanke.

Epoch Times a contacté le SSRN et Inquiry pour obtenir des commentaires sur cet article, mais n’a pas reçu de réponse à l’heure de la mise sous presse.

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