« Furia » pro-avortement après la décision de la Cour Suprême américaine

Par La Rédaction
26 juin 2022 16:16 Mis à jour: 30 juin 2022 19:40

La Cour Suprême américaine a invalidé le 24 juin un arrêt datant de 1973 et permettant les avortements sur l’ensemble du territoire américain. Avec cette décision, ce sont maintenant les États et leurs électeurs qui décideront souverainement d’autoriser ou d’interdire les avortements. « Il était temps de rendre la question de l’avortement aux représentants élus du peuple » écrit le juge Samuel Alito au nom de la Cour Suprême. Le président Joe Biden a critiqué la décision en dénonçant une « idéologie extrémiste » et considéré que « la santé et la vie des femmes […] sont maintenant en danger. » Depuis le monde occidental dans son ensemble manifeste, proteste, s’insurge contre ce qui est considéré comme une mise en esclavage du corps des femmes. Personne dans l’ensemble du spectre politique français ne s’exprime autrement que pour appeler au respect de leurs droits. Avec sincérité souvent, au détriment de la réflexion parfois.

L’avortement est une liberté, chérie par beaucoup de femmes puisqu’elle leur permet de décider et planifier l’arrivée de l’enfant, de l’intégrer dans un agenda de vie qui peut inclure de s’assurer d’avoir trouvé le bon compagnon, d’avoir pu lancer sa carrière en répondant aux injonctions de la compétition sociale, ou d’avoir étendu la durée de ses années d’insouciance et de fête. Avec un système de santé rôdé par plusieurs dizaines d’année de pratique, l’avortement – s’il reste une décision parfois rude pour la jeune mère – est plus facile d’accès qu’un rendez-vous chez un ophtalmologiste. Son droit est aujourd’hui à tel point considéré comme une liberté fondamentale que le camp présidentiel prévoit de l’inscrire dans la Constitution, c’est-à-dire de lui faire rejoindre le cœur des principes fondamentaux de la nation française.

Face à une liberté si établie et si consensuelle, quasi plus personne dans la population générale ne s’interroge sur celle-ci. La conception majoritaire est que la liberté des femmes d’avorter est un droit à disposer de leur propre corps, qu’il fait partie des outils à disposition pour la santé des femmes ; c’est pourquoi il est pris en charge par l’assurance maladie. Pourtant, si l’on tente un regard extérieur, le seul fait de parler de santé des femmes dans le cas d’une grossesse non désirée revient à considérer l’enfant à venir comme une maladie à soigner. De même, parler de droit à disposer de son corps revient à considérer l’embryon comme partie intégrante du corps de la femme – alors qu’il est un être nouveau.

La force de l’opinion publique empêche d’oser une réflexion éthique sur la valeur de la vie. Quel poids a cette interrogation ! Le simple fait de la poser fait glisser un pied vers la fosse commune où l’on jette le patriarcat, vers la masse de ces bourreaux masculins qui depuis la nuit des temps « entretiennent comme du bétail », diront certaines féministes, « des matrices féminines à leur service pour prolonger leur pouvoir ». Mais supposons qu’on évite ces hurlements, et l’on serait alors forcé d’interroger la responsabilité morale de la société, de blesser même celles qui, soutenues par la loi et l’opinion, ont pu interrompre une grossesse non désirée. Car, de manière simplifiée, soit l’embryon n’est pas un être vivant, et toute femme peut alors avoir recours à l’avortement dans le cadre de sa liberté individuelle. Soit il est vivant, et l’interruption de sa vie est un meurtre que tolère la société.

L’embryon est un simple amas de cellules, entend-on. C’est biologiquement correct. Nous ne sommes nous-mêmes qu’un amas cellulaire un peu plus gros. Faut-il un poids minimum de cellules pour être vivant ? Deux moments biologiques clés ont été établis dans la législation sur les IVG : deux semaines après la fécondation, lorsque la « gouttière neurale », la première étape de la création d’un système nerveux, est formée. Et six semaines après fécondation, quand les battements du cœur peuvent être entendus. C’est par ces critères morphologiques, l’observation des prémisses du cœur et de l’esprit, qu’on définit le début de l’être nouveau. Pour étendre le droit à l’avortement – et jusqu’à huit mois de grossesse en cas de « détresse psychologique » – les militants pro-IVG ont argué de l’absence de conscience et de douleur chez l’embryon. Argument dont il découle que tuer une personne dans son sommeil serait acceptable puisque celle-ci n’est à ce moment ni consciente, ni sensible.

Ces cadres ne tiennent donc pas. S’il faut tenter de s’appuyer sur la science moderne pour définir la vie, l’analyse morphologique est faible car elle ne capte qu’un instant, photographique, d’un processus en mouvement, d’un programme en cours de réalisation. La génétique montre que dès la fécondation, l’identité de l’être futur est définie par le brassage des gènes venant de ses parents. Le « code » est là, c’est une mélodie unique, une individualité, un potentiel. Derrière ce programme génétique que modèleront les événements de sa vie, se prépare peut-être un artiste, un médecin, un philosophe ou qui que ce soit d’autre. Un programme est enclenché, pour une vie riche ou dérisoire, une enfance heureuse ou malheureuse, mais dans tous les cas un éventail de possibilités imprédictibles — et la volonté d’un autre vient pourtant le stopper.

Avant que de soutenir ou combattre la décision de la Cour Suprême des États-Unis, chacun et chacune devrait donc peut-être, en premier, s’assurer de comprendre le sens du mot « vie ». Ni les lobbys religieux qui luttent contre l’avortement au nom de la Bible, ni les lobbys progressistes qui luttent pour sa généralisation au nom de la « liberté » ou pour ralentir le réchauffement climatique ne semblent pouvoir la définir. Plutôt que de suivre l’opinion d’une masse, le mouvement d’une foule, ou la tendance de notre groupe social et culturel, peut-être faudrait-il rougir du manque de connaissance que nous avons de ce qu’est réellement la vie, de son origine, constater le mystère jamais encore éclairci de la transition d’une non-existence vers une existence. Et sur cette base se demander si l’avortement peut être une commodité comme une autre.

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