Incendie de Notre-Dame – La société chargée de restaurer la flèche de la cathédrale répond aux accusations : « Beaucoup parlent sans savoir »

Représentant de la société lorraine Le Bras Frères chargée de rénover la flèche de la cathédrale Notre-Dame, Julien Bras s’est exprimé devant les journalistes le 17 avril.

Basée à Jarny, en Meurthe-et-Moselle, l’entreprise Le Bras Frères est spécialisée dans la restauration de  charpente, les travaux de couverture et la construction d’échafaudages. Structure familiale établie en 1954, elle emploie aujourd’hui près de 140 personnes.

Une expérience et un savoir-faire vieux de plus de 60 ans que la société a mis au service de bâtiments prestigieux comme ceux du Musée du Louvres, des Arènes d’Arles ou de la Préfecture de Lyon. L’entreprise Le Bras Frères est également intervenue sur de nombreux édifices religieux tels que les cathédrales de Chartres, de  Metz, de Limoges, de Chalon-sur-Saône, du Mans ou l’église Saint-Paul de Strasbourg.

« Les salariés sont profondément marqués »

Sous le feu des critiques depuis le lundi 15 avril et l’incendie qui ravagea le toit de l’une des cathédrales les plus emblématiques de l’histoire nationale, la compagnie a tenu à réagir dans le cadre d’une conférence de presse tenue dans ses locaux ce mercredi.

« Encore hier, j’étais sous le choc. Les salariés sont profondément marqués », a déclaré Julien Le Bras aux journalistes de France 3 Grand Est. « Ce chantier débutait normalement », confie-t-il avant de souligner qu’il n’y avait pas eu de travaux par point chaud ou électrique.

« Nos outils sont des marteaux, des clés de 22 », souligne M. Le Bras avant d’expliquer que les ouvriers étaient encore attelés à la pose d’échafaudage le jour de l’incendie.

Des déclarations qui rejoignent celles faites par François Chatillon, architecte en chef des Monuments historiques, dans les colonnes du Monde. « Les travaux n’avaient pas encore débuté, seuls les échafaudages étaient en cours de montage. L’hypothèse du point chaud [provoqué par une soudure, ndlr] n’est donc pas la bonne », affirmait ainsi M. Chatillon dès mardi.

 

« On y est pour rien et on ne voit pas d’où ça peut venir ! »

Alors qu’une enquête pour « destruction involontaire par incendie » a été ouverte par le procureur de la République de Paris, plus d’une trentaine de personnes avaient déjà été entendues par la police le 16 avril : « 12 dans la nuit du sinistre, une vingtaine ce mardi », selon les informations relayées par Le Parisien. Parmi elles, « des ouvriers, – même si aucun n’était présent lorsque l’incendie s’est déclaré – des agents de sécurité, des employés des sociétés intervenantes, des contremaîtres ou du personnel de la cathédrale ».

« Les douze salariés ont été entendus à de nombreuses reprises, en audition libre. Ils sont un peu épuisés, de cette collaboration, qu’ils donnent avec beaucoup de dévouement et sans réserve aux services de la brigade criminelle », confirme Julien Le Bras aux journalistes de France 3.

« J’ai appelé tous les salariés en leur demandant de tout dire. S’il y a quelque chose, il faut le dire tout de suite. À force d’insister, ils se sont braqués et m’ont dit : ‘Julien, on y est pour rien et on ne voit pas d’où ça peut venir !’ », précise-t-il.

« Il faut une vraie source de chaleur pour enflammer ce type de bois »

Si les enquêteurs n’ont pour l’instant apporté aucun élément quant à l’origine de l’incendie, les théories se multiplient, que ce soit dans la presse, sur les plateaux de télévision ou les réseaux sociaux.

« Nous sommes sur des charpentes en chêne, de sections considérables et vraiment exceptionnelles, il faut une vraie source de chaleur pour réussir à enflammer ce type de sections de bois », souligne le représentant de la société lorraine.

Des propos qui font d’ailleurs écho à ceux tenus par Benjamin Mouton – ancien architecte en chef des Monuments historiques en charge de la cathédrale Notre-Dame de 2000 à 2013 – sur LCI au lendemain de l’incendie : « Du chêne qui a 800 ans, c’est très dur. Essayer d’en faire brûler… Enfin je n’ai jamais essayé, mais du vieux chêne, ce n’est pas évident du tout. Il faut mettre beaucoup de petit bois pour y arriver – là, je ne sais pas s’il y en avait. Ça me stupéfie beaucoup. »

« J’entends parler de tout… J’entends parler d’ascenseur défaillant, de soudure, beaucoup de gens qui parlent sans même savoir. C’est bien malheureux, parce qu’en face de tout ça, il y a des gens qui subissent », regrette pour sa part Julien Bras.

« C’est un calvaire ce qu’on vit. C’est très facile de nous pointer du doigt », conclut le porte-parole de la société.

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