Irak: contestation et répression sanglante depuis le 1er octobre

Par Epochtimes.fr avec AFP
4 octobre 2019 14:27 Mis à jour: 4 octobre 2019 14:50

Voici le film des événements en Irak depuis le début, mardi, d’un mouvement de contestation sociale, né d’appels sur les réseaux sociaux contre la corruption, le chômage et la déliquescence des services publics.

En quatre jours, des dizaines de personnes ont été tuées et des centaines blessées. Le 1er octobre, plus d’un millier de manifestants se rassemblent à Bagdad et dans plusieurs villes du Sud, pour réclamer du travail et des services publics fonctionnels. Il s’agit de la première contestation sociale d’envergure depuis la mise en place du gouvernement d’Adel Abdel Mahdi, il y a près d’un an.

Aucune organisation, aucun parti politique ou leader religieux ne s’est déclaré à l’origine des appels à manifester. Dans un premier temps, les manifestations sont dispersées avec des canons à eau, des grenades lacrymogènes et des balles en caoutchouc. Puis, des tirs à balles réelles des forces de l’ordre résonnent à Bagdad.

Dans la nuit, le porte-parole du ministère de l’Intérieur dénonce « des saboteurs » cherchant à « propager la violence ».

-Manifester un droit constitutionnel-

« Manifester pacifiquement » est « un droit constitutionnel ». « Et les forces de l’ordre sont là pour protéger les droits des citoyens », réplique le président Barham Saleh.

De son côté, M. Abdel Mahdi salue « la grande responsabilité et la retenue des forces armées » face à « des agresseurs  ayant délibérément fait des victimes parmi les manifestants innocents ».

Le 2 octobre, les forces anti-émeutes tirent de nouveau à balles réelles à Bagdad, ainsi qu’à Najaf et à Nassiriya (sud), pour disperser des milliers de manifestants. Dans divers quartiers de la capitale, des manifestants brûlent des pneus, coupant des axes routiers importants.

Les autorités décident de refermer la Zone verte à Bagdad, où siègent les plus hautes institutions du pays et l’ambassade américaine.

Le leader chiite Moqtada Sadr appelle ses très nombreux partisans à organiser des « sit-ins pacifiques ». Dans la nuit, les autorités déclarent un couvre-feu à Bagdad et dans plusieurs villes du Sud.

-Des blindés repoussent la foule- tirent à balles réelles-

Le 3 octobre, à Bagdad, la contestation tourne à la bataille rangée sur des axes menant à la place Tahrir. Les blindés des forces spéciales repoussent la foule, les forces de l’ordre tirent sur le sol des balles qui ricochent sur les manifestants, selon un photographe de l’AFP.

Des protestataires continuent de bloquer de nombreux axes routiers, ou incendient des pneus devant des bâtiments officiels dans les provinces de Najaf, Missane, Zi Qar, Wassit, Babylone et Bassora, grande ville pétrolière.

Internet est coupé dans une grande partie du pays, du fait de « restrictions décidées » par des fournisseurs. Amnesty exhorte Bagdad à « ordonner immédiatement aux forces de sécurité de cesser d’utiliser une force, notamment létale, excessive ».

Dans la nuit, Adel Abdel Mahdi, qui a visité un peu plus tôt le commandement militaire à Bagdad, défend le bilan de son gouvernement et sa gestion de la crise qui, dit-il, menace « de détruire l’Etat tout entier ».

Le 4, des dizaines de manifestants, certains masqués, affluent dans le centre de Bagdad, où les forces de sécurité tirent à hauteur d’homme sur des dizaines de protestataires, selon les journalistes de l’AFP.

Le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’Homme demande une enquête « rapide » et « transparente » sur les morts. La plus haute autorité chiite d’Irak, le grand ayatollah Ali Sistani appelle les autorités à satisfaire les revendications du mouvement de contestation.

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