SCIENCES

La vie sur Mars ? L’astronaute japonais Kanai y croit plus que jamais

juillet 27, 2018 14:13, Last Updated: juillet 27, 2018 14:13
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L’astronaute japonais Norishige Kanai est revenu sur Terre le mois dernier mais rêve encore de l’espace, surtout après la découverte d’un lac souterrain qui renforce encore la possibilité d’une forme de vie sur Mars. « J’étais tellement excité par cette nouvelle », a déclaré vendredi le scientifique de 41 ans lors d’un entretien avec l’AFP.

Les astronomes internationaux ont annoncé mercredi avoir détecté le plus grand volume d’eau liquide jamais trouvé sur la planète rouge, un élément d’extrême importance pour percer le mystère d’une éventuelle forme de vie sur Mars dans un passé lointain, ou même jusqu’à nos jours. « C’est une découverte majeure qui fait rêver », s’exclame M. Kanai. Lui qui a passé 168 jours dans la Station spatiale internationale (ISS) est fermement convaincu que nous ne sommes pas seuls.

« Je crois qu’il y a une forme de vie quelque part. Dans le vaste univers, tout est possible. Je nourris l’espoir que la découverte de formes de vie extraterrestres puisse ouvrir une nouvelle page dans nos connaissances ». L’astronaute à la voix douce, surnommé « Nemo » pour son expérience en tant que médecin de plongée dans les forces navales du Japon, est allé dans l’espace pour la première fois en décembre.

Suivant les traces d’autres astronautes médiatiques, Kanai a tweeté lors de son séjour interstellaire… mais a été forcé de s’excuser et de corriger ses publications après avoir prétendu à tort qu’il avait grandi de neuf centimètres en seulement quelques semaines après son arrivée, en raison d’une confusion entre centimètres et pouces…

Sa taille n’a augmenté que de deux ou trois centimètres pendant son séjour, un phénomène classique en apesanteur, mais qui ne dure pas une fois l’astronaute retourné sur Terre. « Il est intéressant de voir combien de temps il faudra pour revenir à ma taille d’origine », souligne M. Kanai, qui mesure encore un centimètre de plus qu’au départ.

Même si son profil Twitter le représente sous forme de personnage de manga avec un large sourire, il n’avait pas forcément des prédispositions de héros ni de candidat le plus probable pour rejoindre l’agence spatiale japonaise Jaxa. Celui qui est maintenant le plus jeune astronaute de cette agence était un garçonnet « réservé, prudent », pas vraiment aventureux. « Quand ma grand-mère cousait, nous le faisions ensemble. J’ai plutôt eu une enfance de petite fille », se souvient-il en souriant.

Mais l’une des compétences acquises dans sa tendre enfance s’est avérée étonnamment utile au cours du processus rigoureux de sélection de la Jaxa. Au stade final, les dix candidats restant en lice passent une semaine dans une capsule à effectuer diverses tâches mettant notamment à l’épreuve leur patience et leur stabilité.

L’une de ces occupations n’est autre que l’origami (pliage de papier), un passe-temps qui exige concentration et minutie. Réaliser des grues, ces oiseaux symboliques, avec une simple feuille, il savait faire, très bien même. « Je ne sais pas à quel point cela a été déterminant, mais je suis adroit et j’aime réaliser de petites tâches répétitives, c’était facile pour moi », relate-t-il, en fabriquant tranquillement une grue de papier sans même s’appuyer sur une table.

Il a tellement aimé faire de petites grues qu’il en a plié plus de 100 dans la capsule d’essai.   Le spationaute Kanai ne sait pas encore s’il sera choisi pour de nouvelles missions mais il ne dirait sans doute pas non. « J’étais désolé que cela se termine, mais j’étais aussi content de rentrer au Japon, car six mois, c’est long. J’avais des sentiments ambivalents, mi-heureux, mi-tristes ».

Alors que Kanai appartient désormais à un groupe d’élite d’astronautes, il est impatient de voir le monde extraterrestre devenir plus accessible à d’autres.  « Je pense que l’espace n’est pas réservé aux astronautes et aux entreprises spatiales, mais qu’il est à tous ». Et de saluer les projets d’entreprises privées qui envisagent des séjours et services divers dans l’espace pour le grand public.

DC avec AFP

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