INTERNATIONAL

L’ancien directeur du département de chimie de Harvard inculpé pour fausses déclarations sur un financement provenant de la Chine

juin 11, 2020 18:06, Last Updated: juin 11, 2020 19:22
By CATHY HE et EVA FU

Le 9 juin dernier, l’ancien directeur du département de chimie et de biologie chimique de l’Université de Harvard a été inculpé pour fausses déclarations sur les fonds perçus du régime chinois, a déclaré le ministère américain de la Justice.

Arrêté en janvier, Charles Lieber, 61 ans, aurait menti sur sa participation au programme de recrutement « Mille Talents » crée en 2008 par l’État chinois. Le 9 juin, un grand jury fédéral l’a inculpé de deux chefs d’accusation pour fausses déclarations aux autorités fédérales.

Le programme du plan se doit de reconnaître et de recruter des experts internationaux de premier plan dans les domaines de la recherche scientifique, de l’innovation et de l’entrepreneuriat pour travailler sur des projets en Chine. Le plan a attiré l’attention des responsables américains, qui disent qu’il facilite le transfert de la propriété intellectuelle américaine en Chine.

Charles Lieber, un professeur spécialisé dans les nanosciences, aurait participé pendant des années au programme « Mille Talents » tout en travaillant sur des recherches américaines sensibles, accusent les procureurs. Il a reçu plus de 13,2 millions € (15 millions $) de financement du ministère de la Défense et des National Institutes of Health (NIH), soit des Instituts américains de la santé, recherche médicale et biomédicale, depuis 2008, selon le Ministère.

La divulgation du financement et de la collaboration étrangère est requise lors de la réception de ces fonds fédéraux.

Charles Lieber, étant affecté à l’Université de technologie de Wuhan (WUT) en tant que « scientifique stratégique » en 2011, a participé au programme « Mille Talents » de 2012 à 2017 en tant que participant contractuel, révèlent certains documents judiciaires.

En vertu du contrat, la WUT lui a versé un salaire mensuel de 44 000 € (50 000 $) et des frais de subsistance pouvant atteindre 1 million ¥, soit environ 140 000 € (alors 158 000 $) sur trois ans, selon les documents. En échange, le Pr Lieber travaillerait pour la WUT au moins neuf mois annuellement, soit comme mandataire dans la requête en délivrance de brevet, soit en publiant des recherches pour la WUT, parrainant étudiants et enseignants, et menant des projets de coopération internationale.

En janvier 2013, le Pr Lieber a signé un accord pour un « programme de recherche coopérative » de cinq ans au nom de Harvard – sans consulter les responsables de l’université Harvard – permettant aux chercheurs de la WUT de visiter son département de chimie pendant deux mois chaque année, selon les documents du tribunal. L’objectif de l’accord était de favoriser la recherche avancée sur les batteries lithium-ion à base de nanofils pour les véhicules électriques.

Les représentants de Harvard ont déclaré aux enquêteurs que le Pr Leiber n’avait pas l’autorité nécessaire pour conclure de tels contrats.

Il a également reçu 1,3 million € (1,5 million $) pour la création d’un laboratoire de recherche commun à la WUT en utilisant le nom et le logo de Harvard à l’insu de cette dernière – une violation de la politique de l’université. Voulant dissimuler les faits, alors qu’il était confronté aux responsables de Harvard, il a menti en disant que la WUT avait agi sans son consentement.

Selon la plainte, Charles Lieber a nié tout engagement avec le programme « Mille Talents » lorsque les enquêteurs du ministère de la Défense l’ont interrogé sur sa divulgation de renseignements à des fins de recherche à l’étranger en avril 2018. Il a dit qu’on ne lui avait jamais demandé de rejoindre le programme, mais qu’il « n’était pas sûr » de comment la Chine le classait.

Il a ensuite envoyé un e-mail à son associé, disant qu’il « avait perdu beaucoup de sommeil en s’inquiétant » de la page web de la WUT, où il était répertorié comme directeur du laboratoire, ajoutant qu’il allait « faire attention à ce dont il allait discuter avec l’Université de Harvard » et que « rien de tout cela ne sera partagé avec les enquêteurs du gouvernement ».

Lors d’une enquête similaire du NIH en novembre 2018, Charles Lieber a fait en sorte que l’université Harvard affirme faussement au NIH que le Pr Lieber « n’avait aucune association formelle avec la WUT », et qu’il « ne participe pas et n’a jamais participé » au programme chinois « Mille Talents ».

Charles Lieber risque jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et une amende de 220 000 € (250 000 $) pour chaque chef d’accusation de fausse déclaration.

Washington a intensifié ses efforts pour contrer le vol de la propriété intellectuelle chinoise sanctionnée par l’État dans les institutions de recherche et universitaires américaines. Le mois dernier, le président américain Donald Trump a annulé les visas des étudiants des universités affiliées à l’armée chinoise afin de lutter contre la menace de l’espionnage universitaire.

Toujours en mai, trois chercheurs ont été arrêtés séparément pour avoir menti sur les fonds reçus du régime chinois.

Le 8 mai, un professeur de l’université de l’Arkansas, ayant omis de divulguer des fonds provenant du programme « Mille Talents » et d’entreprises chinoises, a été arrêté pour fraude électronique. Quelques jours plus tard, un ancien professeur de l’université Emory a été condamné pour fraude fiscale liée à ses revenus alors qu’il participait au plan.

Le 13 mai, un ancien chercheur de la Clinique Cleveland, l’un des hôpitaux les mieux cotés au monde, a été arrêté pour avoir prétendument menti sur le fait de recevoir des fonds de sources chinoises alors qu’il bénéficiait de plus de 3,1 millions € (3,6 millions $) de subventions du NIH.

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