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Le célèbre cinéaste américain David Lynch est mort à 78 ans

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Le président du jury du 55e Festival de Cannes, le réalisateur américain David Lynch, pose pour les photographes lors d'un photocall sur une terrasse du Palais des festivals le 15 mai 2002.

Photo: OLIVIER LABAN-MATTEI/AFP via Getty Images

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Durée de lecture: 5 Min.

David Lynch, géant du cinéma américain à l’influence immense, réalisateur de Twin Peaks et Mulholland Drive, est mort à 78 ans, a annoncé jeudi sa famille dans un communiqué publié sur sa page Facebook.
« C’est avec un très grand regret que nous, sa famille, annonçons le décès de l’homme et de l’artiste, David Lynch », relève le communiqué. Le réalisateur, auteur de dix longs métrages sortis entre 1977 et 2006, avait envoûté une cohorte d’admirateurs fascinés par l’inquiétante étrangeté de ses films.
« Il y a un grand vide dans le monde maintenant qu’il n’est plus avec nous. Mais comme il le disait : gardez les yeux sur le donut, pas sur le trou », ajoute sa famille, allusion à l’un des traits d’humour de l’artiste.
« C’est une belle journée avec un soleil d’or et un grand ciel bleu », ajoute le message, qui ne divulgue pas les causes du décès et demande le respect de l’intimité familiale.
Multiples récompenses
Né en 1946 dans le Montana (nord-ouest), David Lynch est considéré comme un maître du cinéma qui a révolutionné l’image et marqué cet art avec l’ambiance inquiétante et obsédante de ces films.
De l’histoire de zombie en noir et blanc Eraserhead (1977), son premier long-métrage financé par des petits boulots, à l’une de ses consécrations avec Sailor et Lula (1990), Palme d’Or à Cannes, la plupart de ses oeuvres sont devenues culte.
Autre chef d’oeuvre pour la critique, Elephant Man (1980), film émouvant, et l’un de ses plus accessibles pour le grand public, sur un homme au visage difforme dans l’Angleterre victorienne. Avec John Hurt et Anthony Hopkins comme têtes d’affiche, il reçoit huit nominations aux Oscars et remporte le César du meilleur film étranger (1982).
En 1990, il crée Twin Peaks, série mythique qui révolutionne le genre et transforme en détectives des millions de téléspectateurs hantés par les mystères qu’il trousse sur deux saisons. Un quart de siècle plus tard, il récidive avec Twin Peaks : The Return (2017).

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« C’est le destin qui décide »
Nommé plusieurs fois aux Oscars, ce fumeur invétéré, reconnaissable à sa mince allure et à sa houppette blonde, avait reçu une statuette d’honneur en 2019 pour l’ensemble de sa filmographie.
En France, où il est vénéré, il avait obtenu un autre César du meilleur film étranger pour Mullholland Drive, un thriller angoissant, énigmatique et plein d’hallucinations, qui joue avec les faux-semblants d’Hollywood et ses producteurs mal intentionnés. Naomi Watts y campe le rôle d’une actrice rencontrant une mystérieuse femme souffrant d’amnésie, avant que tout ne s’inverse dans un rebondissement dont les fans débattent encore aujourd’hui.

L’actrice mexicaine Laura Elena Harring embrasse le réalisateur américain David Lynch, à côté de l’actrice britannique Naomi Watts au Palais des Festivals lors du photocall de Mulholland Drive, le 15 mai 2001 à Cannes. (Photo GERARD JULIEN/AFP via Getty Images)

Il avait terminé sa carrière avec Inland Empire (2006), moins marquant, et s’était consacré ensuite à la méditation transcendantale et à d’autres formes d’expression artistique.
« Les choses ont beaucoup changé en 11 ans, notamment la façon dont les gens envisagent les films de cinéma », avait-il confié lors d’un entretien à l’AFP en 2017, à l’occasion du retour de Twin Peaks.
« Et les choses qui ont du succès au box-office ne sont pas celles que je voulais faire », avait-il ajouté.
« Je répète toujours cette expression védique : “un homme n’a que le contrôle de l’action, jamais du fruit des actions” », poursuivait-il, toujours énigmatique. « Quand vous finissez quelque chose, vous en perdez le contrôle et c’est le destin qui décide. »