Le postmodernisme : comment le nihilisme a consommé la gauche

Commentaire

Nous vivons à une époque de pessimisme et de nihilisme, où l’espoir et le sens à nos vies ont été dépouillés de la société. De la sculpture Fontaine de Marcel Duchamp à la rage anarchiste du film Fight Club, il ne reste qu’une vilaine enveloppe de haine de soi qui consume la société de l’intérieur.

Photographies de la Fontaine, de Marcel Duchamp, 1917, et du film Fight Club

S’il peut être difficile d’expliquer ce phénomène destructeur, un seul mot le résume : le postmodernisme.

Le marxisme culturel – l’utilisation de la théorie critique et littéraire pour déconstruire l’Occident – en fait partie. Toutes nos normes et coutumes sociales sont soumises à un filtre de conscience de classe marxiste, transformant tout ce qui concerne la culture et l’identité occidentales en oppression et en sectarisme.

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Il n’y a plus d’exceptionnalisme occidental – droits individuels, méthode scientifique, liberté religieuse, séparation de l’Église et de l’État, pour n’en nommer que quelques-uns. Au lieu de cela, on nous dit que l’Occident est impérialiste, intolérant et répressif. Ainsi, tout sentiment de fierté occidentale est jugé comme étant une fausse conscience et de la xénophobie.

Cette version gradualiste du marxisme, qui émerge du marxisme révolutionnaire, n’explique pas complètement l’ère postmoderne dans laquelle nous vivons. La théorie critique et littéraire de l’école de Francfort a sans doute joué un rôle central dans son développement, mais ce n’est pas tout. Pour expliquer cela, il faut remonter au XVIIIe siècle.

Le siècle de la raison

Il est largement admis que le siècle des Lumières s’est épanoui au XVIIIe siècle. Les débuts et la fin de certaines époques de l’histoire sont invariablement débattus. Les historiens admettent généralement que le siècle des Lumières, a connu son essor au XVIIIe siècle, mais a commencé au siècle précédent avec des penseurs comme John Locke et Francis Bacon. À la fin du XVIIIe siècle, la réaction contre le siècle des Lumières s’accélère lentement jusqu’à la Révolution française.

Il s’agit là d’un tournant sur une période assez courte d’environ 150 ans. Un mouvement anti-Lumières a jeté les bases de la Révolution française, Jean-Jacques Rousseau en étant le penseur civique le plus en vue. Alors que John Locke défendait les « droits naturels » individuels de la vie et de la propriété, Rousseau plaidait pour une « volonté générale » collective, où les citoyens étaient « forcés d’être libres ». Il n’est donc pas surprenant que la Révolution française ait été si sanglante après avoir émergé d’une motivation aussi tyrannique.

La Révolution française a conduit à la naissance de Napoléon, un modèle d’homme fort qui a émergé du chaos qui se répétera plusieurs fois par la suite. Lorsque les Allemands furent piétinés par les forces de Napoléon, ils blâmèrent faussement les effets du siècle des Lumières, en particulier parce que les Français avaient si violemment effacé les traditions de l’Église et de la monarchie.

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Cependant, les Allemands étaient aussi farouchement opposés aux Lumières que les Français, bien que cette opposition ait pris de l’ampleur au XIXe siècle et que les Allemands aient adapté à leur façon le collectivisme qui existait en France.

Le sentiment anti-Lumières des Allemands a vraiment commencé avec Immanuel Kant, qui a attaqué la théorie de la raison de toutes ses forces. Il soutenait qu’un monde nouménal existait au-delà des sens humains et qu’il y aurait donc toujours des éléments inexplicables par la raison.

Kant, étant un homme religieux, n’était pas motivé par les idéaux séculiers des Français comme Voltaire, mais plutôt par la préservation de Dieu dans une ère de raison.

Anti-raison

Que vous estimiez ou non que Kant était motivé par l’apologétique religieuse, ce sont ses efforts réactionnaires contre le courant de pensée de la raison qui ont façonné ce qui allait arriver. Si nous devions nommer un seul penseur qui était le père de l’anti-individualisme, ce serait Rousseau. De même, Kant était le père de l’anti-raison (« Ose savoir »).

L’idéalisme allemand est issu des deux positions, et c’est là que le postmodernisme est vraiment enraciné. Georg Wilhelm Friedrich Hegel, Martin Heidegger et une foule d’autres penseurs allemands se sont appuyés non seulement sur l’anti-raison de Kant, mais aussi sur l’anti-individualisme de Rousseau.

Alors que l’ère moderne émergeait à la fin du XIXe siècle, le progrès des Lumières était englouti par une prodigieuse cacophonie de voix réactionnaires, menant à un autre mouvement appelé l’existentialisme. Cette philosophie a voulu harmoniser des éléments de la pensée française et de la pensée allemande, ce qui a mené à des penseurs comme Friedrich Nietzsche en Allemagne, et plus tard Jean-Paul Sartre en France.

Présenté comme une réponse très individualiste au déclin du christianisme en Occident, l’existentialisme n’était rien de plus qu’un narcissisme pseudo-philosophique, encadré uniquement par des limites arbitraires fondées sur le pouvoir et la volonté.

Vers la fin du XIXe siècle également, le socialisme et le communisme ont gagné en popularité. Bien que ces deux idéologies soient très différentes de l’existentialisme, une crise de la gauche conduirait à la fusion des deux écoles de pensée vers le milieu du XXe siècle. La façon dont cela s’est passé est un aperçu fascinant, mais également troublant, de la psyché humaine.

Fusionner avec le communisme

Alors que le communisme prenait le contrôle d’un tiers de la planète après la Seconde Guerre mondiale, la gauche se réjouissait des perspectives d’un avenir utopique. Mais cet optimisme n’a pas tardé à disparaître.

Il y eut de nombreux rapports et des avertissements répétés sur l’inhumanité des régimes communistes, même depuis le tout début de la révolution bolchévique. Aussi, le jour où Staline fut dénoncé en 1956 par Nikita Khrouchtchev a été un moment critique pour la gauche.

La gauche ne pouvait plus le nier dans les médias et le monde académique, alors que leur vraie nature était exposée de par les dizaines de millions de personnes assassinées par cette idéologie brutale.

Nous nous retrouvons aujourd’hui avec une gauche nihiliste qui veut que le monde brûle parce qu’elle n’a pas eu ce qu’elle souhaitait. Comme un enfant qui fait une crise de colère, ils préfèrent ruiner le jeu plutôt que d’accepter la défaite avec grâce.

Comment la gauche fait-elle cela ? En proclamant qu’il n’y a pas de vérité objective, que tout sens est subjectif, et que la morale est purement un produit des « nantis et des démunis » – une lutte de pouvoir entre deux forces qui se battent pour la domination. Et pourtant, ils le font sous le couvert de l’égalité et de la tolérance, alors que c’est tout le contraire.

Tout le post-structuralisme, le déconstructionnisme, la théorie critique et littéraire du monde ne peuvent changer le fait que le postmodernisme n’est rien d’autre que la rage sadique des narcissiques qui ne supportent pas de ne pouvoir jamais avoir l’utopie qu’ils veulent.

Et c’est ainsi que naissent des féministes comme Luce Irigaray, proclamant que E = mc² est une « équation sexuée » car « elle privilégie la vitesse de la lumière sur d’autres vitesses qui nous sont vitales » et Sandra Harding qualifiant les Principia Mathematical’oeuvre maîtresse d’Isaac Newton, d’un « manuel du viol ».

Alors qu’il ne reste plus que la lutte de classe sans fin, reconditionnée d’une forme à l’autre, est-il surprenant que la culture occidentale soit rongée par le ressentiment et le désespoir ?

Cid Lazarou est un blogueur, écrivain et journaliste indépendant du Royaume-Uni.

Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement celles d’Epoch Times.

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