«L’événement canin le plus important du monde» se tiendra en Chine juste avant le festival annuel de la viande de chien

22 février 2019 00:18 Mis à jour: 10 juillet 2019 17:00

Cette année, l’exposition canine mondiale, décrite comme « l’exposition canine la plus importante du monde », se tiendra à Shanghai du 30 avril au 3 mai. Organisé par la Fédération cynologique internationale (FCI), la plus grande organisation canine mondiale, le concours voit 10 000 chiens inscrits chaque année.

Jusqu’à tout récemment, 10 000 chiens étaient abattus chaque année à l’occasion du festival annuel de Yulin en Chine, un événement qui se tient à l’arrivée de l’été au solstice, le 21 juin, et au cours duquel les festivaliers mangent de la viande de chien.

Le festival de Yulin aura lieu un mois après le rassemblement des amoureux des chiens.

Le Kennel Club, le plus ancien club canin reconnu au monde, ainsi que d’autres clubs canins internationaux, boycottent le Festival 2019 en Chine.

L’exposition canine mondiale a lieu dans un pays différent chaque année, mais la décision de l’Assemblée générale de la FCI d’organiser l’événement en Chine a fait l’objet de vives critiques, suscitant un immense tollé dans le monde entier, bien qu’elle ait été prise conformément aux règles.

Le Club canin finlandais déclare que le fait d’accorder à Shanghai la chance d’accueillir la compétition aurait exigé un examen beaucoup plus approfondi que le processus qui a été entrepris.

Le festival de la viande de chien

Le festival de Yulin, dans la province du Guangxi, dans le sud de la Chine, a été lancé en 2009 par des marchands de viande canine dans le but de stimuler l’activité, et a depuis fait l’objet de nombreuses controverses, suscitant des protestations particulièrement vives des communautés occidentales.

De la viande de chat, des litchis frais et de l’alcool sont également en vente au festival.

Les résidents et les vendeurs locaux prétendent que les chiens sont tués d’une façon humaine. Au cours des 10 jours de festivités, plus de 10 000 chiens transportés dans des conditions déplorables défilent dans les rues, fourrés dans de petites caisses en bois et des cages en métal.

Des photos et des vidéos ont capturé des chiens battus à mort avec des bâtons de métal, écorchés et bouillis vivants. Beaucoup de ces chiens souffrent de maladies. Les chiens et autres animaux utilisés dans certaines cuisines chinoises sont torturés sous prétexte que la peur et la souffrance de l’animal augmenteraient les niveaux d’adrénaline, ce qui améliorerait le goût de la viande.

Au festival, les chiens sont incendiés de leur vivant, déchiquetés, écrasés au marteau et coupés à la tronçonneuse.

Le 21 juin 2015, des clients chinois regardent des chiens en cage sur un marché à Yulin, dans la province du Guangxi, dans le sud de la Chine. (STR/AFP/Getty Images)

Dans le cadre de la torture publique, certains chiens sont écrasés par des voitures.

Beaucoup de chiens ne survivent pas au voyage exténuant vers Yulin, mourant de déshydratation ou de faim à l’arrière du camion. D’autres souffrent de blessures graves et ne peuvent pas rester debout dans les enclos sales dans lesquels ils sont transférés en attendant d’être abattus, certains souffrant encore des effets des appâts empoisonnés utilisés pour les saisir. Là, ils sont témoins d’autres animaux battus à mort et jetés dans des machines à épiler, avant de rencontrer leur propre fin horrible.

En Chine, environ 10 à 20 millions de chiens, incluant les chiots, sont tués chaque année pour leur viande. Certaines personnes croient que la consommation de chiens pendant les mois d’été apporte chance et bonne santé, et que la viande peut éloigner la chaleur, les maladies et augmenter la performance sexuelle des hommes.

Certains des chiens mangés sont des animaux domestiques volés, avec leur collier toujours en place.

Des militants de la protection des animaux utilisent un chien portant un panier avec un message en chinois « [J’ai] un enfant à vendre » dans une rue de Yulin, dans la province du Guangxi, au sud de la Chine, pour protester contre le festival annuel de la viande canine le 21 juin 2015. (STR/AFP/Getty Images)
Il n’existe pas de lois nationales sur la protection des animaux en Chine.

Face à l’intense pression des groupes de défense des droits des animaux et des médias sociaux, les responsables de la ville de Yulin ont retiré leur soutien au festival en 2015. Le festival s’est quand même poursuivi, même si en conséquence moins de chiens ont été abattus par la suite.

Des clients chinois se rassemblent autour de chiens dans des cages en vente sur un marché à Yulin, dans la province du Guangxi, au sud de la Chine, le 21 juin 2015. (STR/AFP/Getty Images)

Selon un éditorial publié par les médias d’État chinois du Global Times, l’obsession occidentale pour le traitement des chiens est hypocrite et « non digne de considération ». L’auteur a cité la tauromachie comme exemple de maltraitance animale face à laquelle l’Occident ferme les yeux.

L’éditorial en question qualifie la controverse d’une campagne occidentale contre la Chine et la compare aux Jeux olympiques de 1988 en Corée du Sud, lorsque les critiques occidentales sur la consommation de viande canine ont « contraint » la Corée du Sud à abandonner ses coutumes, la viande canine disparaissant des grandes villes en une nuit.

La viande de chien est servie dans un restaurant à Yulin, dans la région du Guangxi du sud de la Chine, le 21 juin 2017. (Becky Davis/AFP/Getty Images)

Un commentaire populaire d’un internaute chinois se lit comme suit : « En fait, il y a très peu de Chinois qui mangent de la viande de chien, mais [nous] devrions être tolérants envers ceux qui consomment de la viande de chien ! Je ne mange jamais de viande de chien, mais je comprends le festival de la viande de chien de Yulin. Pourquoi peut-on manger du porc, de la vache et du poulet, mais pas du chien ? »

Bien que la majorité des commentaires aient adopté une position patriotique similaire, un internaute chinois a écrit : « La relation et les sentiments entre les chiens et les gens ont toujours été intimes. »

« Les gens qui mangent des chiens sont une minorité en Chine. Personnellement, j’aime les chats et les chiens, mais je ne suis pas en mesure d’en garder un comme animal de compagnie. »

« Cependant, je m’oppose fermement aux mauvais traitements infligés aux chats, aux chiens et aux autres animaux et je déteste (ce comportement). Ce n’est pas quelque chose qu’un humain normal fait. »

Cette photo prise, le 17 juin 2015, montre une femme vendant des chiens et des chats dans une rue de Yulin, dans la province du Guangxi, au sud de la Chine. (STR/AFP/Getty Images)

Cette année, le festival de la viande de chien de Yulin aura lieu du 21 au 30 juin.

La réponse de la FCI

Le FCI a publié un communiqué en 2015, affiché sur Facebook, expliquant que « le FCI y voit une excellente occasion de sensibiliser la population chinoise au fait que le chien, notre ami bien-aimé, est un membre de notre famille, une entité vivante et, par-dessus tout, le meilleur ami de l’homme. »

Avec l’augmentation du nombre d’animaux de compagnie en Chine au cours de la dernière décennie, les militants chinois des droits des animaux ont intensifié leur condamnation du festival, organisant des missions de sauvetage et des manifestations. De même, des célébrités chinoises ont fait appel aux médias sociaux pour protester contre la cruauté envers les animaux.

On estime que le nombre d’animaux tués au festival de Yulin est maintenant inférieur à 3 000.

Que les espoirs de la FCI se réalisent ou non, la réputation de l’exposition canine mondiale a sans aucun doute souffert.

Une pétition en ligne adressée à la FCI a déjà rassemblé plus de 700 000 signatures.

Version originale

Soutenez Epoch Times à partir de 1€

Comment pouvez-vous nous aider à vous tenir informés ?

Epoch Times est un média libre et indépendant, ne recevant aucune aide de l’État et n’appartenant à aucun groupe politique ou financier. Depuis le jour de notre création, nous faisons face à des attaques systématiques pour faire taire la vérité, notamment de la part du parti communiste chinois. C'est pourquoi nous comptons sur votre générosité pour défendre un journalisme indépendant, honnête et en bonne santé. Ensemble, nous pouvons continuer à faire connaître la vérité.