L’idéologie sexiste «woke» des écoles britanniques pousse toujours plus de parents à choisir l’enseignement à domicile

Par Owen Evans
3 juillet 2022 23:15 Mis à jour: 4 juillet 2022 02:39

La crainte que le matériel pédagogique prônant une « idéologie extrême du genre » n’endoctrine leurs enfants semble inciter davantage de parents à opter pour l’enseignement à domicile.

Le 30 juin, certains députés britanniques ont discuté de la façon dont les écoles étaient submergées de matériel provenant de sociétés externes. Ces nouveaux matériels exposent les enfants à des « messages profondément inappropriés, vraiment inexacts, sexuellement explicites et préjudiciables » au nom de l’éducation sexuelle.

L’acteur britannique Laurence Fox, à la tête du nouveau mouvement politique Reclaim Party et auteur du récent documentaire « Groomed : How Schools Sexualise Your Children » [Abusés sexuellement : comment l’école sexualise vos enfants, ndt.], a déclaré à Epoch Times : « Nous assistons à un endoctrinement complet de nos enfants, du berceau à la tombe, parce qu’ils essaient d’introduire un programme très profondément marxiste, où les enfants ne sont pas du tout éduqués pour penser librement. »

Les vannes sont ouvertes

Laurence Fox, chef du Reclaim Party, assiste à une cérémonie du Dimanche du souvenir au mémorial de guerre de l’artillerie royale à Hyde Park Corner, à Londres, le 8 novembre 2020. (Daniel Leal-Olivas/AFP via Getty Images)

Le gouvernement a choisi de rendre les cours d’ « Éducation religieuse et sexuelle » (RSE) obligatoires dans toutes les écoles secondaires à partir de septembre 2020. Selon la députée conservatrice Miriam Cates, malgré ses bonnes intentions, ce nouvel encadrement RSE ouvre « les vannes à toute un ensemble de fournisseurs externes qui proposent du matériel d’éducation sexuelle aux écoles ».

La députée a rappelé comment diverses compagnies ont créé des jeux encourageant les enfants à discuter explicitement d’actes sexuels. Ces compagnies n’hésitent pas à fournir du matériel présentant des actes sexuels violents et font découvrir aux enfants de six et sept ans les « règles à suivre pour se toucher » au nom de l’éducation sexuelle.

Kim Isherwood, qui préside le groupe Public Child Protection Wales, a entamé une action en justice représentant 5000 parents et grands‑parents pour faire annuler une proposition de l’administration travailliste visant à rendre obligatoire les cours d’Éducation religieuse et sexuelle (RSE). « Ce qui se passe ici, c’est la sexualisation des enfants, et non leur éducation », estime-t-elle.

Dans un courriel à Epoch Times, elle affirme connaître « des centaines de parents » qui ont retiré leurs enfants de l’enseignement public à cause de l’Éducation religieuse et sexuelle obligatoire au Pays de Galles. Ces enfants étudieront à domicile.

Des idéologies politisées qui sèment la discorde

Kim Isherwood est apparue dans le documentaire de Laurence Fox « Groomed » pour parler de cette question. Dans son documentaire, M. Fox explique comment il « expose le degré inquiétant de politisation et de clivage idéologique », via, notamment, la théorie du genre, la théorie critique de la race, la théorie queer et toutes la « boîte à outil transgenre »… bref autant de nouveautés qui sont enseignées aux enfants à travers des cours d’ « Éducation personnelle, sociale, sanitaire et économique » (PSHE). Dans certains cas, il a constaté que cet activisme est même partiellement financé par les contribuables.

Au Royaume‑Uni, dans le cadre des PSHE, les écoles secondaires doivent inclure des contenus LGBT. Les écoles primaires y sont fortement encouragées.

Tout en reconnaissant les méfaits de la théorie critique de la race, Laurence Fox est plus inquiet par la théorie du genre, elle est, selon lui, « on ne peut plus dangereuse en raison des dommages irréversibles qu’elle cause aux enfants ».

« Ce qui est horrible dans tout ça, c’est que c’est une homophobie généralisée. Les enfants qui ont des tendances à la dysmorphie corporelle pendant la phase de puberté, ont tendance soit à devenir gay, soit cela disparaît », dénonce‑t‑il.

« Avec la mutilation des enfants et en tant que père, je ne peux pas rester sans rien faire vu mon métier, les enfants sont notre avenir. »

M. Fox estime que c’est « de son devoir de mettre ce genre de choses en évidence » auprès des députés, ajoutant que la députée Miriam Cates a largement fait référence à son documentaire lors de la commission de l’éducation de la Chambre des communes.

Une « usine d’endoctrinement communiste »

Il exhorte également les parents à insister auprès des écoles pour récupérer tous les documents destinés à leurs enfants et à les lire attentivement.

« Je crois également au droit que nous avons tous de faire nos propres choix et de prendre nous‑mêmes nos décisions. Que nos enfants soient ‘éduqués’ selon eux, ou transformés en petits ‘camarades’, le système éducatif est devenu en une usine d’endoctrinement communiste. »

M. Fox a récemment mis sur pied le Bad Law Project, avec Harry Miller, ancien policier et membre de l’organisation Fair Cop, et Sarah Phillimore, avocate spécialisée dans le droit de la famille, ainsi que Martin Daubney, chef adjoint du Reclaim Party. Il s’agit de réagir à une « culture de la coercition » et de « mettre en garde contre les dangers des discours contraignants ».

« Nous sommes en train de découvrir combien nos institutions fondatrices sont corrompues. »

« Et ce n’est pas seulement l’éducation primaire et l’éducation secondaire. Cela concerne aussi l’enseignement supérieur. »

« C’est chaque aspect de notre éducation et ces gens [des activistes] débarquent tout juste dans la vie. Et ils appliquent les mêmes mantras idéologiques à la vie. Et, ce n’est pas cela, une démocratie libérale et laïque. C’est la liberté de parole, la liberté d’expression et le droit des gens à ne pas être d’accord », insiste M. Fox. L’idéologie du genre « ne possède aucune de ces choses, pas plus que la théorie critique de la race ».

Sur Twitter, explique Laurence Fox, il a récemment été suspendu pour avoir dit que « les hommes ne peuvent pas tomber enceintes ».

Un porte‑parole du ministère de l’Éducation a écrit par courriel à Epoch Times que « les écoles ont le devoir de fournir une éducation aux relations, au sexe et à la santé à tous les élèves d’âge secondaire et une éducation aux relations et à la santé à tous les élèves d’âge primaire ».

« Les chefs d’établissement sont les mieux placés pour décider de ce qui est approprié pour leurs élèves et sont libres d’inclure une gamme complète de questions, d’idées et de matériels appropriés, même s’ils sont difficiles et controversés – mais cela doit toujours rester politiquement impartial. Notre guide RHSE est conçu pour donner aux écoles la confiance nécessaire pour construire un programme qui reflète la diversité des opinions et des origines, tout en encourageant le respect d’autrui chez tous les élèves. »

Briser les liens

Zoe F. Willis, blogueuse catholique, mère de quatre enfants et experte en enseignement à domicile, a confié à Epoch Times : « Ce n’est qu’une question de temps avant de voir ce qui se passe aux États‑Unis arriver chez nous. »

Le nombre total d’enfants recevant un enseignement à domicile aux États‑Unis a grimpé en flèche pour atteindre 3,7 millions pour l’année 2020‑2021. Les écoles publiques des États‑Unis ont été confrontées à des réactions négatives et à des protestations considérables à la suite de l’introduction de la théorie critique de la race et des initiatives transgenres dans les programmes scolaires.

« Ce que je retiens de tout cela (c’est acquis dans le contexte américain et ça le sera bientôt ici, j’en suis sûre), c’est l’interposition de l’État entre le parent et l’enfant, la rupture de ce lien, le sacrifice d’enfants pour quelque chose de clairement mauvais », poursuit‑elle.

« Je vais terminer sur une note plus joyeuse. Je crois que ceux d’entre nous qui prennent leurs enfants en charge, les protègent maintenant et les préparent à un avenir dans le monde, créent de petits phares d’espoir et de lumière pour tous. Les gens vont croiser nos enfants adultes, des individus qui seront confiants et solides en sachant qui ils sont, conscients qu’ils sont aimés et qu’ils ont un but. Et certaines personnes les rejetteront. »

« D’autres seront curieux, intrigués et voudront en savoir plus, attirés par ces lumières d’espoir. Qui sait combien d’âmes seront guéries de cette dérive démente d’aujourd’hui grâce à cela. Dieu s’en occupe. Tout ce que nous devons faire, c’est prier, aimer et faire confiance. Tout ira bien », conclut Mme Willis.

Un mode de vie et un choix philosophique

« Ce n’est pas une raison courante pour les parents de se tourner vers l’éducation à domicile, mais c’est certainement l’une des raisons les moins répandues par rapport à l’éducation, en particulier parmi les parents chrétiens et musulmans », explique Wendy Charles‑Warner, administratrice d’Education Otherwise, à Epoch Times. Cet organisme de bienfaisance d’Angleterre et du Pays de Galles promeut et soutient le droit d’un parent ou d’un tuteur d’éduquer à domicile.

Elle raconte comment, la semaine dernière, un père a décidé d’éduquer sa fille à la maison après avoir découvert qu’on lui enseignait l’idéologie du genre à l’école en lui disant de « choisir entre être un homme ou une femme ».

« Il considère que ce n’est pas approprié pour son enfant. »

Les années 1970, explique Wendy Charles‑Warner  ont réellement donné le coup d’envoi de l’enseignement à domicile, la raison la plus courante était qu’il s’agissait d’un « style de vie et d’un choix philosophique ».

« Parce qu’ils estimaient qu’ils devaient être responsables de l’éducation de leurs enfants et qu’ils pouvaient fournir une meilleure éducation. »

Mais au fil des années, et alors que la situation devient « inquiétante » (surtout pour les parents d’enfants à besoins spéciaux), elle entend beaucoup de mécontentement à l’égard du système scolaire.

« Vous supprimez essentiellement la vie privée des parents. L’école décide de ce que seront leurs croyances en matière de sexualité, de ce que seront leurs croyances en matière de religion. L’obligation, les droits et la responsabilité des parents sont sapés et les parents n’aiment pas cela, alors, bien sûr, ils vont réagir. »

La Values Foundation for Faith and Families in Education [Fondation des valeurs pour la foi et les familles dans l’éducation] a été créée au Royaume‑Uni en août 2018 pour promouvoir les points de vue des « groupes de croyances et de familles traditionnelles dans le secteur de l’éducation ».

Nigel Steele, codirecteur de la Foundation for Faith, a écrit par courriel à Epoch Times que « les écoles sont censées fonctionner in loco parentis », mais de nombreux parents constatent aujourd’hui que leurs « enfants se voient enseigner des idées contraires à leurs propres valeurs, en particulier lorsqu’il s’agit de l’éducation relationnelle et sexuelle ».

Selon lui, le domaine spécifique le plus préoccupant est probablement la « confusion créée dans l’esprit des enfants par l’idéologie du genre et les informations non scientifiques sur l’identité de genre ».

« Les parents sont tellement préoccupés par le contenu sexualisant et confus du programme scolaire auquel leurs enfants sont exposés qu’ils prennent les choses en main, disent que ça suffit et s’engagent courageusement dans l’éducation à domicile de leurs propres enfants », conclut Nigel Steele.

Autumn Spredemann a contribué à cet article.

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