L’infusion d’hibiscus agit sur le poids, la pression et les inflammations

La fleur d’hibiscus fait partie de ces végétaux « exotiques » qui, en les voyant, nous font rêver à quelque endroit paradisiaque sous les tropiques. Sa corolle à la fois large et délicate, se déployant généreusement, fait souvent apparaître un long pistil en son centre. Elle est souvent représentée sur les cartes postales, les paréos de plage et autres souvenirs touristiques. Elle fait partie des fleurs que les tahitiennes portent dans les cheveux, coincée sur l’oreille, par coquetterie.

Une certaine variété d’hibiscus pousse dans presque toutes les régions chaudes. Il s’agit de l’hibiscus sabdariffa, originaire d’Égypte, aussi connue sous le nom « d’oseille de Guinée ».

Depuis des siècles, les pays d’Afrique du nord, d’Afrique de l’ouest et du Moyen-Orient connaissent les vertus de cette plante. Une boisson d’un surprenant rouge vif est obtenue à partir de l’infusion de l’hibiscus sabdariffa. Les Égyptiens sirotaient déjà cette boisson à l’époque où les pharaons régnaient sur le Nil. Aujourd’hui encore, on peut trouver cette boisson traditionnelle en Afrique de l’ouest, sous le nom plus connu de « bissap ».

Illustration d'hibiscus sabdariffa, faisant partie de la série d'aquarelles de Surinam, réalisées entre 1811 et 1824 par M.E. Descourtilz. (Domaine public)
Illustration d’hibiscus sabdariffa, faisant partie de la série d’aquarelles de Surinam, réalisées entre 1811 et 1824 par M.E. Descourtilz. (Domaine public)

Lorsque cette plante a été introduite en Amérique, les populations mexicaines et jamaïcaines se sont rapidement appropriées cette saveur exotique pour développer des boissons au « goût hibiscus ». Mais le résultat n’en est pas convaincant, comparé aux nombreuses tisanes véritables d’hibiscus, vendues aujourd’hui en parapharmacie ou dans les magasins bio.

Un thé rafraîchissant

Alors que la fleur est la partie la plus visible de l’hibiscus, c’est le calice qui est choisi pour réaliser l’infusion d’hibiscus, aussi appelée « thé rose d’Abyssinie ». Le calice est la partie brune qui enveloppait la fleur alors qu’elle était encore en bourgeon, et qui plus tard relie ses pétales déployés à la tige. Le terme « calice » aurait été utilisé dans les langues indo-européennes de l’Antiquité pour désigner une coupe, un pot ou un vase. Cette partie de l’hibiscus est vendue séchée lorsqu’il s’agit d’en faire une décoction, mais on peut en trouver frais, pour être consommés en légumes. Son goût est acide et a une texture gélatineuse qui n’est pas sans rappeler une autre variété de cette plante, l’hibiscus esculentus, communément appelé « gombo » dans les pays francophones, ou « okra » en anglais. Ce légume est consommé par de très nombreuses populations puisqu’on en trouve sur tout le continent africain, du nord au sud, en Inde, en Asie… Les endroits anciennement esclavagistes, comme les Caraïbes, le sud des États-Unis et leur gastronomie cajun sont des lieux où on consomme aussi cette variété d’hibiscus.

Selon les connaissances médicinales antiques, le goût acide d’un végétal signifie qu’il possède une propriété rafraîchissante. Selon la science,  l’acide tartrique présent dans l’hibiscus a une propriété anti-inflammatoire. Cela expliquerait alors pourquoi l’hibiscus a de tout temps été utilisé dans des cas de brûlures ou inflammations. L’infusion d’hibiscus est couramment utilisée dans la médecine ayurvédique et au Moyen-Orient, dans des usages aussi variés que pour les cas de diabète, troubles rénaux, problèmes hépatiques, inflammations de la gorge, des bronches, problèmes de peau, et bien d’autres usages encore.

Le goût de cette boisson ressemble au jus de canneberge (ou cranberry) et possède d’ailleurs les mêmes pouvoirs diurétiques, en cas d’infection urinaire.

L’infusion rafraîchissante de l’hibiscus apporte une bonne hydratation, tout en étant un diurétique, ce qui signifie qu’il équilibrerait les fluides du corps. L’hibiscus peut aussi être bénéfique pour la perte de poids. En effet, des chercheurs ont indiqué que l’infusion d’hibiscus pouvait inhiber l’amylase du pancréas, une enzyme produite par cet organe pour digérer les hydrates de carbone et glucides. Or, lorsqu’il est digéré, le sucre qui n’est pas utilisé pour les besoins de l’organisme sera stocké dans le corps sous forme de graisse. Ce qui indiquerait que la présence de certains constituants de l’hibiscus permettrait au corps de réduire son absorption de sucres et sa transformation en graisse, sans oublier que l’hibiscus a une propriété diurétique qui peut donc favoriser l’élimination de ces déchets.

L’hibiscus est riche en fer, vitamine C et autres anti-oxydants qui favorisent le bon fonctionnement du système immunitaire. Il possède également des propriétés anti-bactériennes, ce qui explique son indication en cas de rhume, grippe et toux.

Illustration de l'hibiscus sabdariffa réalisée par M.E. Descourtilz, en 1821. Le calice, cette partie brune à la base de la fleur, est utilisée en infusion. (Domaine public)
Illustration de l’hibiscus sabdariffa réalisée par M.E. Descourtilz, en 1821. Le calice, cette partie brune à la base de la fleur, est utilisée en infusion. (Domaine public)

Bon pour le cœur, il agit sur l’esprit

Traditionnellement, l’hibiscus est utilisé pour calmer l’esprit mais a aussi une affinité avec le cœur. Un essai clinique de l’AHA (American Heart Association) a observé qu’après six mois de consommation de sa boisson, la pression sanguine avait diminué de 13%. De nombreuses études ont montré que l’hibiscus pourrait être bénéfique pour la réduction du cholestérol et pour retarder l’artériosclérose – une maladie caractérisée par le durcissement et l’épaississement des parois des artères.

Dans la même lignée, l’hibiscus pourrait aussi traiter les douleurs de l’arthrite (inflammation des articulations). Des tests réalisés sur des animaux à l’Université de Bagdad et qui ont été publiés en octobre 2015, ont démontré que l’hibiscus sabdariffa « avait une activité anti-inflammatoire significative ».

D’autres recherches suggèrent que l’infusion d’hibiscus pourrait aussi avoir des propriétés anti-cancéreuses. En effet, cette boisson contient l’acide protocatéchique, capable de ralentir le développement des cellules cancéreuses.

Comment l’utiliser

En infusion, c’est le calice séché de l’hibiscus sabdariffa qui est utilisé et vendu couramment en parapharmacie ou dans les magasins bio. Attention à ne pas utiliser une autre variété d’hibiscus, qui pourrait s’avérer toxique. 

Sous forme de boisson chaude, laissez infuser 2 cuillères à soupe d’hibiscus pour environ 1L d’eau frissonnante, pendant 5 à 10 minutes. Pour une boisson froide, laissez infuser quelques heures ou une nuit. Filtrez et buvez jusqu’à 3 tasses par jour.

Pour les novices, l’infusion d’hibiscus peut paraître trop acide. On peut alors sucrer la boisson, à l’aide de stevia (plutôt que de sucre) ou encore de réglisse, afin d’atténuer l’acidité tout en restant une boisson saine.

Version anglaise : Hibiscus Tea for Weight Loss, Blood Pressure, and Inflammation

 
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