«Depuis qu’elle est là, ma mère revit»: logement alternatif pour personnes âgées dépendantes, la colocation plutôt que l’Ehpad

Par Nathalie Dieul
26 mai 2022 13:58 Mis à jour: 26 mai 2022 13:58

Les colocations pour personnes âgées ne sont pas réservées qu’à ceux qui sont encore autonome. Dans cette colocation de Grandfontaine en banlieue de Besançon (Douds), la maîtresse de maison, son adjointe et les six auxiliaires de vie s’occupent de tous les besoins des personnes âgées dépendantes depuis le lever jusqu’au coucher.

« On a une maison qui est bien dirigée : on mange bien, tout est soigné… », assure à France Info Paulette, 88 ans, qui est venue habiter dans cette colocation avec son mari un an avant le décès de ce dernier. « Notre patronne a fait l’école hôtelière, c’est le top quoi ! On est gâtés avec elle », ajoute‑t‑elle.

« Je veux que ma maman meure heureuse »

Du côté de Marcelle, 101 ans, elle a été placée dans cette colocation par sa fille Floriane après de mauvaises expériences dans un Ehpad. « Elle m’a dit : ‘Je ne veux plus rester là. De toute façon, je veux mourir' », raconte Floriane.

Il faut dire qu’à l’Ehpad où elle se trouvait, Marcelle avait été confinée dans sa chambre pendant la crise sanitaire parce que Floriane l’avait amenée chez elle pendant quatre jours pour Noël. Sa fille n’avait même pas le droit de la voir quand elle était dans l’établissement. « Il y a même une responsable qui m’a dit : ‘Vous la verrez quand elle sera en fin de vie' », raconte‑t‑elle.

Heureusement, tout cela est maintenant du passé. « Depuis elle va mieux, elle revit », assure Floriane. « Je veux que ma maman meure heureuse. Je ne voulais pas qu’elle meure dans la tristesse et à l’abandon. »

Une échelle plus humaine que les Ehpad

À l’heure où les Ehpad ont mauvaise presse avec le scandale Orpea, toujours plus de gens cherchent des alternatives. La colocation en est une puisqu’ici, l’établissement est davantage à échelle humaine. La colocation pour personnes âgées dépendantes de Grandfontaine accueille quatorze locataires dans une maison double où chacun dispose d’une chambre d’une trentaine de mètres carrés avec salle de bain privée.

« On s’occupe d’eux du lever au coucher : les toilettes, le ménage, les repas… », explique Patricia, la maîtresse de maison. « Là, c’est la pièce centrale dans laquelle ils prennent tous les repas : petit‑déjeuner, déjeuner, dîner. »

Même si l’établissement n’est pas médicalisé comme un Ehpad, les professionnels de la santé viennent à la demande. Par ailleurs, les résidents peuvent faire appel jour et nuit pour de l’assistance, la maîtresse de maison et son adjointe habitant sur place.

Bien‑être ou profit ?

La seule ombre dans ce tableau qui semble idyllique, c’est que le modèle proposé par Âges et vie est en fait une filiale du groupe Korian, ce qui permet de s’interroger sur la place réservée au bien‑être des locataires par rapport à celle du profit.

Korian dispose en effet de 300 Ehpad en France et a connu plusieurs scandales et grèves du personnel pour manque de moyens humains depuis 2015. La dernière enquête en date, celle de Cash investigation, révélait en mars 2022 que dans les Ehpad Korian, « les personnes âgées ne sont qu’un gros business », selon Télérama. On peut donc se demander si le leader français et européen des Ehpad agira différemment dans ce nouveau modèle qu’est la colocation pour personnes âgées dépendantes.

Peu importe la solution choisie lorsqu’il est l’heure de placer ses proches âgés, l’important est de toujours vérifier par soi‑même s’ils y sont heureux et bien traités.

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