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Mort d’une octogénaire après un tir de lacrymogène : le procureur adjoint avait « toute légitimité » d’être sur le terrain

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Photo: : GERARD JULIEN/AFP/Getty Images

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Durée de lecture: 4 Min.

Critiquée par les avocats de la victime et à l’origine d’une demande de dépaysement, la présence d’un procureur adjoint aux côtés des CRS responsables d’un tir de lacrymogène ayant grièvement blessé à Marseille une octogénaire était pourtant « légitime », estime vendredi le procureur général d’Aix-en-Provence.
Cette octogénaire, Zineb Redouane, était morte à l’hôpital le 3 décembre 2018, deux jours après avoir été touchée en plein visage par une grenade alors qu’elle se trouvait à la fenêtre de son appartement. En bas de son immeuble, de violents incidents avaient éclaté après des manifestations contre l’habitat insalubre, pour le climat, et une autre des « gilets jaunes ».
« Le procureur adjoint a toute légitimité d’être sur place. Il n’y a pas de prohibition de se trouver là. Sur l’Euro 2016, c’était même une incitation donnée à tous les procureurs sur des zones très déterminées », déclare Robert Gelli dans un entretien accordé à La Marseillaise.

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La présence de ce procureur adjoint, André Ribes, aux côtés des CRS dans les rues de Marseille ce soir-là, n’avait pas été communiquée dans l’immédiat à l’ouverture de l’enquête qui a suivi la mort de Zineb Redouane. Le fait que le début de l’enquête lui ait été confié a été vertement critiqué par les avocats de la famille de l’octogénaire.
La Marseillaise publie vendredi des photos montrant M. Ribes le 1er décembre dans les rues de Marseille, casque et lunettes de protection sur la tête, brassard « parquet » bien visible sur le bras.

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« Je n’étais pas au courant (de sa présence sur le terrain), mais quand je l’apprends, je considère que cela peut créer une polémique. Je préfère alors prendre les devants et demander le dépaysement de l’affaire », une demande sur laquelle la Cour de cassation doit encore se prononcer, poursuit M. Gelli.
« Je l’apprends en réalité quand les CRS sont entendus et déclarent qu’il y avait (le procureur adjoint) André Ribes à côté d’eux (…). A priori, M. Tarabeux (le procureur de Marseille) n’était pas au courant que M. Ribes se trouvait à côté des CRS », ajoute encore le procureur général.
Fin janvier, les enquêteurs de l’IGPN ont entendu les cinq CRS dotés de lanceurs de grenade qui se trouvaient sur les lieux, ainsi que le capitaine qui les dirigeait.
Confrontés aux images de vidéosurveillance, aucun n’a désigné le tireur, ou n’a reconnu avoir tiré.
D. S avec AFP