Le Parlement européen gèle le pacte d’investissement avec la Chine jusqu’à ce que Pékin lève ses sanctions

Par Alexander Zhang
21 mai 2021 17:48 Mis à jour: 21 mai 2021 17:48

Le Parlement européen a décidé de geler la ratification de l’accord d’investissement entre l’Union européenne (UE) et la Chine jusqu’à ce que Pékin lève les sanctions imposées aux politiciens européens.

En mars dernier, le régime chinois a imposé des sanctions à plusieurs entités et hommes politiques européens, dont cinq membres du Parlement européen et de sa sous-commission « droits de l’homme ». Pékin a adopté ces mesures en représailles aux sanctions prises par l’UE à l’encontre d’une entité et de quatre responsables chinois en raison de violations des droits de l’homme commises à l’encontre de la minorité musulmane ouïghoure au Xinjiang.

Dans une résolution adoptée le 20 mai, les législateurs de l’UE ont condamné dans les termes les plus vifs les sanctions sans fondement et arbitraires imposées récemment par la Chine à plusieurs entités et individus européens, notamment cinq eurodéputés.

Selon la résolution, tout examen par le Parlement européen de l’accord global UE-Chine sur l’investissement ainsi que toute discussion sur sa ratification par les députés européens ont été « gelés à juste titre » à cause des sanctions chinoises.

La résolution a été adoptée par 599 voix pour, 30 contre et 58 abstentions.

Reinhard Bütikofer, membre de l’Alliance 90/Les Verts allemand et l’un des eurodéputés sanctionnés par le régime chinois, a tweeté après le vote que l’accord avec la Chine « est définitivement mis dans un congélateur ».

« La Chine a fait un mauvais calcul et s’est tiré une balle dans le pied », a-t-il ajouté.

Les députés ont également informé la Commission européenne, l’organe exécutif de l’Union européenne, que le Parlement tiendra compte de la situation des droits de l’homme en Chine, y compris à Hong Kong, lorsqu’il décidera d’approuver ou non l’accord.

Le Parlement européen a salué les sanctions prises par l’UE à l’encontre des fonctionnaires chinois responsables de violations des droits de l’homme au Xinjiang.

Les législateurs européens ont également appelé à un rééquilibrage des relations UE-Chine. Ils ont exprimé leur soutien à l’élaboration d’une « boîte à outils » de mesures, telles qu’une législation contre les effets de distorsion des subventions étrangères sur le marché intérieur, une interdiction d’importation de produits issus du travail forcé ainsi qu’une réglementation européenne améliorée et renforcée du filtrage des investissements directs étrangers.

Ils ont aussi souligné que les menaces chinoises en termes de cybersécurité et d’attaques hybrides doivent être traitées de façon adéquate.

Le 20 mai également, 55 défenseurs des droits de l’homme et militants chinois en exil en Europe ont publié une lettre ouverte demandant à tous les États membres de l’UE de suspendre leurs accords bilatéraux d’extradition avec le régime chinois.

Parmi les signataires figurent l’ancien législateur de Hong Kong Nathan Law, l’artiste et militant Ai Weiwei, Angela Gui, la fille du libraire suédois Gui Minhai enlevé et détenu en Chine, et Dolkun Isa, le président du Congrès mondial ouïghour. Leur démarche a été soutenue par des législateurs du Parlement européen et des parlements nationaux des États membres de l’UE.

« Tant que les traités d’extradition avec la République populaire de Chine restent en vigueur, des centaines d’Ouïghours, de Tibétains, de Hongkongais et de dissidents chinois vivant en Europe sont menacés », a déclaré l’eurodéputé allemand Engin Eroglu.

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