« Ça fait 5 ans qu’il n’y a pas eu ce calme » : libérée des dealers, la cité des Oiseaux de Perpignan revit

Une voiture de police arrive dans les locaux de la police judiciaire à Perpignan.
Photo: RAYMOND ROIG/AFP via Getty Images
À Perpignan, les habitants de la cité des Oiseaux peuvent de nouveau ouvrir leurs fenêtres la nuit sans être gênés par le tapage des dealers, qui avaient installé leur supermarché de la drogue dans les bâtiments depuis des années et qui, s’ils n’étaient « pas méchants » selon les résidents, pouvaient être « très, très dérangeants ». C’est donc un grand soulagement.
Certains habitants n’y croyaient plus, d’autres avaient gardé espoir : au terme d’une vaste opération de harcèlement de la zone menée par la police pendant plusieurs semaines, les dealers ont quitté la cité des Oiseaux de Perpignan autour de la fin mai, laissant derrière eux un calme inespéré. « On a presque l’impression d’être dans un quartier résidentiel », a partagé Fatia, soulagée par leur départ.
Habitant les lieux depuis près de 2 ans, Fatia a « failli partir » à cause des nuisances causées par les jeunes dealers. Une cohabitation qui est d’ailleurs rapidement devenue impossible. « C’était invivable. Le soir, il fallait faire attention, on avait peur pour les enfants », a déclaré Sabine, une voisine, qui garde notamment en mémoire « les courses poursuites en voiture avec la police. »
De plus, au-delà de l’insécurité, c’était surtout le bruit qui posait problème et qui a fait partir de nombreux locataires, a rapporté France Bleu. « Écoutez ! Les oiseaux qui chantent, on ne les entendait jamais. Ce calme-là, il n’existait pas. Ça fait 5 ans qu’il n’y a pas eu ce calme. On dort de nouveau la nuit. On ne pouvait même pas regarder la télé ou passer un coup de fil », a partagé Kévin, heureux de pouvoir enfin ouvrir sa fenêtre.
« Beaucoup de personnes âgées ont acheté ici et ne peuvent pas partir… Ils étaient doublement confinés chez eux. Il y avait le Covid et les dealers », a indiqué Fatia. Désormais, « j’ai l’impression qu’il y a beaucoup plus de personnes âgées qui sortent, c’est incroyable », a-t-elle ajouté.
Ce départ des dealers a été rendu possible par une multiplication des opérations de police sur le terrain, pendant plusieurs semaines. Un harcèlement qui a fini par décourager les trafiquants. « Ils les pistaient », a commenté une habitante. « Chapeau, la police ! » a salué un autre. « Ils ne lâchent pas l’affaire, quand vous les appelez, ils arrivent dans la minute », a ajouté un propriétaire, confiant pour la suite.
À côté des réjouissances, certains habitants restent malgré tout prudents : « Il faut garder ce rythme, s’il y a un relâchement des autorités, on aura le même problème à nouveau », a averti Mustapha, qui a également tenu à remercier le maire, Louis Aliot, qui s’était engagé à « éradiquer la voyoucratie » dès le début de son mandat. « Monsieur Aliot est à l’écoute de la population », a salué une habitante.
Désormais, les habitants attendent une réhabilitation des bâtiments et l’arrivée de nouveaux services et loisirs dans leur quartier. Un plan de sauvegarde doit notamment être mis en œuvre à la cité des Oiseaux, comprenant la remise à neuf des bâtiments, des allées, des cours et des parkings, dont beaucoup de murs et de portes ont été abimés.
À noter cependant que les dealers ne sont pas les seuls responsables de la saleté ambiante, quelques habitants pointent d’ailleurs du doigt l’incivilité de certains locataires. « On s’est débarrassé des dealers, maintenant on veut se débarrasser des locataires qui jettent leurs ordures ou leurs meubles par la fenêtre », a déclaré un propriétaire.
Aussi, les dealers ne se sont pas envolés dans la nature, la majorité s’étant notamment rabattue sur la résidence HLM Muchart, tout près de la cité des Oiseaux. Le combat n’est donc pas totalement terminé.
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