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Première apparition publique mercredi de Carlos Ghosn après sa fuite rocambolesque

janvier 8, 2020 14:31, Last Updated: janvier 8, 2020 14:42
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Carlos Ghosn donne mercredi à Beyrouth une conférence de presse très attendue, une première apparition publique du magnat déchu de l’automobile qui pourrait éclaircir les circonstances rocambolesques de sa fuite du Japon, où il est accusé de malversations financières.

L’ancien PDG de Renault-Nissan de 65 ans, qui distille savamment ses déclarations depuis son arrivée le 30 décembre au Liban, son pays d’origine, a déclaré à une chaîne de télévision américaine qu’il avait des « preuves réelles » montrant qu’on voulait le faire tomber au Japon et qu’il allait donner des noms lors de cette conférence.

Syndicat de la Presse dans la capitale libanaise

L’événement se tient à 15H00 locales (13H00 GMT) au Syndicat de la Presse dans la capitale libanaise. Son équipe de communication a méticuleusement organisé le processus d’accréditation des quelque 150 journalistes autorisés à y assister.

Mercredi à Beyrouth, des agents de sécurité privés étaient mobilisés devant l’élégante villa rose où il séjourne habituellement. Plusieurs voitures, certaines aux vitres teintées, y ont fait des allées et venues devant des journalistes aux aguets, dont des Japonais, selon un photographe de l’AFP.

M. Ghosn fait l’objet de quatre inculpations au Japon: deux pour abus de confiance aggravé et deux pour des revenus différés non déclarés aux autorités boursières par Nissan (aussi poursuivi sur ce volet), notamment des montants qu’il devait toucher après sa retraite estimés par la justice à 9,23 milliards de yens (74 millions d’euros) de 2010 à 2018.

Evasion « injustifiable » (Japon)

Les autorités japonaises ont dénoncé une évasion « injustifiable », tandis que le groupe automobile Nissan l’a qualifiée d’« extrêmement regrettable ».

L’affaire a pris une ampleur internationale et des enquêtes sont en cours au Japon et en Turquie, où M. Ghosn détenteur des nationalités française, libanaise et brésilienne a fait escale.

Il fait l’objet depuis la semaines passée d’une demande d’arrestation d’Interpol. Beyrouth affirme qu’il est entré « légalement » au Liban muni d’un passeport français.

Libéré de l’injustice

« Je n’ai pas fui la justice, je me suis libéré de l’injustice et de la persécution politique. Je peux enfin communiquer librement avec les médias », avait assuré M. Ghosn au lendemain de son arrivée au Liban.

« C’est moi seul qui ai organisé mon départ », avait-il martelé.

Interpellé en novembre 2018 à la descente de son jet au Japon, l’homme d’affaires avait été libéré sous caution en avril 2019, au terme de 130 jours d’incarcération.

Assigné à domicile, il avait interdiction de quitter le Japon dans l’attente d’un procès dont la date n’a pas été fixée, ainsi que de contacter son épouse Carole.

Sa défense clament  son innocence

Le magnat déchu, ses proches et sa défense clament depuis le début son innocence et soutiennent qu’il a été victime d’un « complot » ourdi par Nissan, avec la complicité des autorités japonaises, car il s’apprêtait à organiser une fusion entre Renault et Nissan.

Lors de sa conférence, il entend nommer ceux qui seraient responsables de son arrestation, a-t-il confié à une journaliste de la chaîne de télévision américaine Fox Business.

Des procureurs ont tenté mercredi de fouiller les bureaux d’un de ses avocats, Junichiro Hironaka, et de saisir des ordinateurs mais l’accès leur a été refusé, les avocats invoquant la « confidentialité entre un avocat et son client ».

Son équipe juridique en France a fustigé les accusations de Nissan, qui affirme avoir des preuves contre M. Ghosn, quelques heures avant la conférence de presse, qualifiant l’enquête du constructeur automobile japonais de « grosse déformation de la vérité ». 

Cette enquête « a été lancée et entreprise dans le but spécifique et prédéterminé d’écarter Carlos Ghosn », ont ajouté ses avocats dans un communiqué.

Carole Ghosn, un mandat d’arrêt du parquet de Tokyo

Carole Ghosn, visée depuis mardi par un mandat d’arrêt du parquet de Tokyo pour faux témoignage, a elle assuré qu’elle n’était « au courant de rien » concernant la fuite de son mari.

« J’étais à Beyrouth avec mes enfants pour fêter Noël, quelqu’un m’a appelée pour me dire: j’ai une surprise pour toi », a-t-elle affirmé mardi au quotidien Le Parisien.

« Partir était le seul choix possible alors qu’il voyait son procès reporté indéfiniment et qu’il était maintenu dans des conditions de privation de liberté visant à le déshumaniser », a-t-elle ajouté.

M. Ghosn est soupçonné de s’être enfui en prenant un jet privé à l’aéroport international du Kansai, près d’Osaka (ouest japonais), avec deux complices présumés, de nationalité américaine, selon la télévision japonaise.

Il aurait échappé aux contrôles en se cachant dans un caisson de matériel pour des concerts, selon des médias japonais.

Le Liban, qui n’a pas d’accord d’extradition avec le Japon, a reçu une demande d’arrestation d’Interpol. M. Ghosn pourrait être entendu par le parquet général, comme l’impose la procédure, selon une source judiciaire.

 

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