Comment soignait-on avant les antibiotiques ?

La création d’antibiotiques date du début du XXe siècle, c’est peut-être la plus grande réussite de la médecine moderne. Cependant, l’utilisation excessive et inappropriée des antibiotiques conduit à une résistance microbienne.

Il existe des thérapies alternatives utilisées depuis les temps anciens. Comment traitions-nous les maladies infectieuses avant le développement d’antibiotiques ?

Le sang, les sangsues et un couteau

La saignée est utilisée en thérapie médicale depuis plus de 3000 ans. Cette méthode était utilisée d’abord par les médecins égyptiens mille ans av. J.-C. Des textes médicaux de l’antiquité aux années 1940 recommandaient la saignée pour un large éventail de maladies, en particulier les maladies infectieuses. En 1942, la 14e édition des Principes et pratiques de la médecine de William Osler, un manuel de premier plan de la médecine interne de l’époque, recommande la saignée comme traitement pour une pneumonie.

La purge est basée sur l’ancienne théorie médicale des quatre fluides ou humeurs (sang, flegme, bile noire et bile jaune), qui doivent être équilibrés pour maintenir une bonne santé. On pensait que l’infection était causée par un excès de sang, de sorte que le sang « en surplus » devait être retiré du patient en faisant une incision dans une veine ou une artère. Dans le même objectif, on utilisait aussi les ventouses et les sangsues.

L’utilisation du miel pour la cicatrisation remonte aux Sumériens en 2000 av. J.-C.

La saignée recommandée par les médecins était pratiquée par des barbiers-chirurgiens. Ce pouvait être efficace dans certains cas, notamment au premier stade de l’infection. De nombreuses bactéries ont besoin du fer contenu dans l’hème (une partie des globules rouges) pour se développer. En principe, après une saignée, le sang contient moins de fer.

Le mercure pour la syphilis

On utilisait l’iode, le brome et un composé contenant du mercure pour le traitement des plaies et la gangrène infectée. Le brome est le plus souvent utilisé, mais c’est une procédure très douloureuse, qui peut conduire à des lésions tissulaires. Ces traitements inhibent la multiplication de la cellule bactérienne, mais peuvent endommager les cellules humaines normales.

Des composés du mercure étaient utilisés pour le traitement de la syphilis de 1363 à 1910. Cela engendrait des dommages à la peau et aux muqueuses, aux reins et au cerveau, ce qui pouvait entraîner la mort du patient. Le salvarsan, un dérivé de l’arsenic, était utilisé dans la première moitié du XXe siècle contre la syphilis. C’est un outil efficace, mais avec des effets secondaires : névrite optique, convulsions, fièvre, éruptions cutanées et maladies rénales. En 1943, la pénicilline a remplacé ces médicaments et reste, encore aujourd’hui, le meilleur traitement pour toutes les étapes de la syphilis.

Le traitement à base de plantes

Au cours des siècles, une variété de plantes a été utilisée pour traiter des maladies infectieuses. L’une des préparations à base de plantes naturelles est la quinine, pour le traitement du paludisme. Elle se trouve dans l’écorce de l’arbre de quinquina, qui pousse en Amérique du Sud. L’artémisinine, un extrait d’Artemisia annua, est un autre traitement efficace contre le paludisme. Le miel est utilisé depuis des temps immémoriaux pour soigner les plaies infectées. L’utilisation du miel pour la cicatrisation remonte aux Sumériens en 2000 av. J.-C. Sa forte teneur en sucre déshydrate les cellules des bactéries, tout en acidifiant le terrain, ce qui inhibe la croissance de nombreuses bactéries.

 
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