Toulouse : des virologues remarquent que le couvre-feu à 18h aurait accéléré la propagation du virus du PCC

Toulouse sous le couvre-feu.
Photo: FRED SCHEIBER/AFP via Getty Images
Les chercheurs du laboratoire de virologie du CHU Toulouse ont remarqué que l’avancement du couvre-feu à 18h, censé éviter « l’effet apéro » supposé favoriser les contaminations au coronavirus, n’a pas fonctionné. Au contraire, « le couvre-feu a eu l’effet inverse, il y a eu une augmentation du nombre de personnes testées positives » sur l’aire urbaine de la ville.
« Le couvre-feu à 18 heures, au lieu de décaler l’arrivée d’un pourcentage de tests positifs (seuil de 10 %), ce seuil dans le temps a au contraire avancé. Cela signifie pour nous que l’effet du couvre-feu à 18 heures a été l’inverse de celui qui était attendu. Il y a eu une augmentation du pourcentage de personnes testées positives sur l’ensemble de l’aire urbaine », explique à France 3 Chloë Dimeglio, biostatisticienne au laboratoire de virologie du CHU de Purpan.
La mesure est en vigueur depuis le 16 janvier à Toulouse. « Ce que nous avons constaté avec le temps, c’est que nous voyons l’effet des mesures prises par le gouvernement avec 5 à 10 jours de délai », indique au Figaro la chercheuse, co-auteur de l’étude publiée le 31 janvier dans le Journal of infection.
Comment se fait-il que l’effet de l’imposition du couvre-feu avancé ne soit pas celui escompté ? « L’une des explications possibles, c’est que le couvre-feu à 18 heures a contraint la population à se regrouper dans certains endroits sur les mêmes horaires plus restreintes », suppose la biostatisticienne, en entrevue à Actu Toulouse.
Une des cause serait donc le fait qu’il y a plus de monde dans les magasins et les supermarchés avant l’heure où les gens se dépêchent de rentrer chez eux ou encore le week-end, comme nous l’avons vu à plusieurs reprises dans différentes villes de France, par exemple à Lille.
La scientifique ne remet par ailleurs pas en question le couvre-feu en lui-même, « puisque la mesure semblait efficace quand il était fixé à 20 h » dans la ville rose.
Elle prévient toutefois que les constatations de son équipe ne sont valables que pour Toulouse puisque c’est la ville qu’ils ont étudiée : « Mais attention, ça ne vaut que pour la métropole toulousaine et cela ne veut pas dire que le couvre-feu à 18 heures n’est pas efficace ailleurs. »

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