CHU de Rouen: 100.000 euros d’argent public dépensés pour une fresque abstraite alors que les hôpitaux manquent de financement

Par Nathalie Dieul
13 décembre 2019 18:02 Mis à jour: 13 décembre 2019 18:02

Alors que les hôpitaux publics sont en pleine crise, l’hôpital Charles-Nicolle du CHU de Rouen inaugurait il y a quelques jours une fresque jaune, blanche avec quelques lignes noires, qui a coûté la bagatelle de 100 000 euros.

Intitulée Le fond de l’air, l’œuvre a été réalisée par l’artiste lyonnais Olivier Nottellet dans le cadre du programme Culture-Santé du ministère de la Culture. Elle se trouve dans le hall d’entrée de l’hôpital, où une moyenne de 4 000 personnes passent chaque jour.

Bien que la beauté de l’œuvre soit discutable, c’est surtout sur son prix que bien des gens se posent des questions. Les hôpitaux connaissent une véritable crise du personnel : il y a deux fois plus de patients qui passent par les urgences qu’il y a 20 ans et le personnel médical est épuisé. Depuis le printemps, de nombreux CHU sont paralysés un peu partout en France à cause des grèves du personnel pour réclamer un meilleur financement afin d’assurer les soins dans de bonnes conditions.

Financement

Selon Paris-Normandie, le financement de la fresque provient en partie d’un financement public et une autre partie du privé : « 45 000 € proviennent du ministère de la Culture ; 10 000 € de la Métropole Rouen Normandie ; 12 000 € sont issus de mécènes privés financiers ; 12 000 € et 33 000 € de mécènes privés « en nature » (hébergement, peinture, échafaudages…). »

Quant à l’œuvre en elle-même, elle n’a pas l’air d’avoir reçu les éloges de beaucoup de monde, indépendamment de son prix. « Je n’aime pas, mais on finira par s’habituer », ont témoigné discrètement plusieurs membres du personnel de l’hôpital. Même la directrice générale du CHU, Véronique Desjardins, a reconnu que « l’art est subjectif » lors de la soirée d’inauguration.

De son côté, le magazine Marianne signe une critique très vive de l’œuvre qu’elle compare à « un travail de peintre en bâtiment inachevé ». « Outre son insignifiance, sa laideur et le fait qu’elle aurait aussi bien pu s’intituler ‘Mémé est sortie chercher le pain’ (tant rien en elle ne se rapporte à ce que prétend l’artiste), la peinture n’apporte rien à une histoire de l’art abstrait où tout a déjà été fait de longue date. »

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