À l’heure de l’austérité budgétaire, l’augmentation des fonctionnaires européens passe mal

Par Etienne Fauchaire
3 novembre 2023 09:00 Mis à jour: 3 novembre 2023 09:25

Une rallonge budgétaire de 66 milliards d’euros est demandée par la Commission européenne dans le nouveau cadre financier pluriannuel de l’Union. Sur cette somme, 1,9 milliard d’euros seraient destinés aux augmentations salariales. Une décision qui suscite des critiques, en pleine période de restrictions budgétaires.

La pilule passe mal. La Commission européenne veut réhausser le budget alloué à la couverture des frais de l’administration de l’UE et réclame, à cette fin, 1,9 milliard d’euros pour augmenter la rémunération des fonctionnaires, notamment pour rattraper l’inflation, et embaucher de nouvelles recrues.

Un salaire moyen de 6500 euros nets par mois

L’enveloppe actuelle avait été fixée à 1216 milliards d’euros pour la période 2021-2027. Cependant, les calculs ont été réalisés en 2020, alors que la guerre en Ukraine n’avait pas encore été déclenchée. Depuis, des milliards d’euros d’aides ont été envoyés à Kiev, que l’exécutif européen entend désormais compenser en réclamant au contribuable des États membres un nouvel effort : 66 milliards d’euros, c’est la rallonge désirée. Les Vingt-Sept ont jusqu’au mois de décembre pour s’accorder sur les sommes qui seront affectées à chaque poste de dépense.

Mais c’est surtout la part accordée à la hausse salariale des fonctionnaires européens qui fait particulièrement grincer des dents. En cause : un niveau de rémunération déjà très élevé à l’heure où l’exécutif européen appelle les pays membres à se serrer la ceinture, notamment pour rembourser leur dette qui a explosé ces dernières années. Selon le site emploipublic.fr, le revenu moyen d’un agent de l’Union s’élèverait à 6500 euros nets par mois.

De 2700 euros nets par mois pour un non-administrateur débutant, la paie peut grimper jusqu’à 21.000 euros nets. Pour sa part, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, gagne actuellement 29.205 euros nets par mois. Un salaire qui devrait monter à 33.000 euros fin 2023, soit 3800 euros de plus chaque mois. De quoi émouvoir Libération, qui s’interroge : « Est-il normal que les salaires des fonctionnaires européens augmentent de 13 % sur deux ans (2022 et 2023) pour tenir compte de l’inflation alors qu’ils sont déjà extrêmement élevés ? »

« Le montant qui est proposé aujourd’hui nous paraît trop important »

Et qui doit mettre la main à la poche ? Les pays contributeurs nets, comme les Pays-Bas, l’Allemagne, la France ou encore l’Italie. « Les États membres font tous de très gros efforts pour mettre de l’ordre dans leurs budgets. Nous demandons aux institutions européennes de faire de même », s’est indigné Alexander de Croo, Premier ministre belge. Même discours chez Mark Rutte, Premier ministre néerlandais : « Tout comme dans le budget national, il faut de temps en temps se serrer la ceinture sur d’autres postes. »

Interrogé le 27 au sujet de la proposition financière de la Commission, Emmanuel Macron s’est montré, lui aussi, critique : « Le montant qui est proposé aujourd’hui nous paraît trop important. Nous avons donc demandé une baisse, mais je ne pense pas que cette baisse doit se faire en sacrifiant des priorités [le soutien à l’Ukraine notamment, ndlr] ». À la sortie du Conseil Européen, le chef de l’État a enjoint la Commission à abandonner l’augmentation des dépenses salariales : « Dans la mesure où dans la plupart des pays européens, nous faisons des économies pour pouvoir maintenir nos investissements de souveraineté, de défense ou autres, nous avons appelé la commission à ce qu’il n’y ait pas d’augmentation sur ce poste-là ». L’exécutif européen acceptera-t-il de mettre de l’eau dans son vin ?

Soutenez Epoch Times à partir de 1€

Comment pouvez-vous nous aider à vous tenir informés ?

Epoch Times est un média libre et indépendant, ne recevant aucune aide publique et n’appartenant à aucun parti politique ou groupe financier. Depuis notre création, nous faisons face à des attaques déloyales pour faire taire nos informations portant notamment sur les questions de droits de l'homme en Chine. C'est pourquoi, nous comptons sur votre soutien pour défendre notre journalisme indépendant et pour continuer, grâce à vous, à faire connaître la vérité.