À quoi est due la formation de ces nouveaux cratères en Russie ?

En Sibérie apparaissent des cratères un peu partout. Deux larges cratères récemment découverts se sont transformés en lacs. Le professeur Vasily Bogoyavlensky, un scientifique reconnu de Moscou, a appelé à une enquête « urgente » sur des doutes quant à la sécurité.

Utiliser des images satellites a aidé les experts russes à comprendre que les cratères étaient plus répandus qu’on ne le croyait d’abord, avec un large trou pouvant être entouré par jusqu’à 20 mini-cratères. Bogoyavlensky a déclaré : « Nous connaissons maintenant sept cratères dans la zone arctique. Cinq sont situés sur la péninsule de Yamal, un dans le district autonome de Iamalo-Nénètsie, et un au nord du kraï de Krasnoïarsk, près de la péninsule de Taïmyr. »

Voici des images étonnantes d’un cratère formé sur la péninsule de Yamal :

https://www.youtube.com/watch?v=AqunK_Zev1E

« Nous avons la localisation exacte de seulement trois d’entre eux. Les trois autres ont été repérés par des éleveurs de rennes. Mais je suis sûr qu’il y a plus de cratères sur Yamal, nous devons juste les chercher. Je vais comparer cela avec des champignons : lorsque vous trouvez un champignon, vous pouvez être sûr qu’il y en aura quelques autres autour. Je suppose qu’il pourrait y avoir 20 ou 30 cratères de plus », a déclaré Bogoyavlensky au Siberian Times.

Andrei Plekhanov, un archéologue du Centre Scientifique d’Études Arctiques à Salekhard en Russie, a rapporté que près du fond du cratère se trouvait une concentration inhabituellement haute de méthane, jusqu’à 9,6 % dans les mesures conduites sur le site. Andrei Plekhanov a mené une expédition dans un cratère et a indiqué que l’air contenait normalement seulement 0,000179 % de méthane.

Un cratère sibérien. (Capture d’écran)

Plekhanov et son équipe pensent que ce phénomène est lié aux étés anormalement chauds du Yamal les années précédentes, qui ont été plus chauds que la moyenne d’environ 5°C. Alors que les températures montent, les chercheurs avancent que le permafrost se serait décongelé et effondré, relâchant du méthane ayant été piégé dans le sol gelé, selon Nature.com.

Nature.com continue en citant d’autres chercheurs qui indiquent que le réchauffement global à long terme serait à blâmer, et qu’une décongélation lente et continue de la région pourrait avoir été assez pour relâcher une explosion du méthane et créer un tel grand cratère. Sur les 20 dernières années, le permafrost à une profondeur de 20 m s’est réchauffé d’environ 2°C en raison des températures de l’air en augmentation, note Hans-Wolfgang Hubberten, géochimiste à l’Institut Alfred Wegener à Potsdam en Allemagne.

L’hydrate de méthane n’est généralement pas présent avant une profondeur d’au moins 1000 m. Bien que la profondeur du cratère sibérien soit jusqu’à présent inconnue, Plekhanov et son équipe ont essayé de mesurer la profondeur en y faisant descendre une caméra. La corde ne faisait que 50 m de long et n’a pas atteint le fond. Le film a montré que 70 m plus bas se trouvait un bassin d’eau, mais personne ne sait combien il continue en dessous.

« Si un cratère se formait au champ de gaz de Bovanenkovskoye situé seulement à 30 km, cela pourrait mener à un accident, et il en va de même si cela arrive dans un village », explique Plekhanov. Les scientifiques suggèrent maintenant qu’en perçant des trous dans le permafrost, cela pourrait aider à relâcher de la pression artificiellement.

 
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