C’est désormais prouvé : nos expériences durant l’enfance affectent notre ADN et nos prédispositions à certaines maladies

20 septembre 2017 16:28 Mis à jour: 2 mai 2023 20:26

D’après les résultats d’une récente étude publiée par la National Academy of Science aux États-Unis, l’environnement de l’enfance d’un individu joue un rôle direct dans son ADN. L’environnement désigne ici le contexte social, mais aussi le lieu de naissance ou la période de l’année.

Les scientifiques ont analysé une centaine de gènes associés avec l’apparition d’inflammation, en se focalisant sur des indices de changements épigénétiques.

On considère que le patrimoine génétique d’une personne la définit biologiquement, des cheveux aux orteils, avec un certain degré de fatalisme. Par exemple, des parents myopes auront plus de chance de transmettre cette affliction à leurs enfants. Les gènes porteurs définissant certaines maladies auront une prédisposition pour développer cette maladie.

(wikimedia/pixabay)

L’épigénétique, d’après l’INSERM (Institut National de la Recherche Médicale), est l’étude des « couches d’informations complémentaires qui définissent comment des gènes vont être utilisés par une cellule, ou ne pas l’être ». Autrement dit, si on considère que l’ADN d’une personne est un code irréversible, il est possible que certains gènes évoluent à travers certains processus.

La méthylation est un des processus de l’épigénétique, capable d’affiner ou ajuster le génome en réponse à l’environnement.

« Dans notre corps, nous avons des gênes qui peuvent conduire à des problèmes de santé, mais si ces gênes demeurent muets ou en partie désactivés en raison d’un processus épigénétique, cela peut avoir un résultat bénéfique », explique Thom McDade, un des auteurs de l’étude.

Pour leur expérience, les scientifiques ont réuni les données de 500 individus philippins depuis le début des années 80 à nos jours et ont regardé de près l’évolution de 114 gènes liés à l’inflammation. Neuf des gènes liés à l’enfance présentaient une méthylation, un processus d’évolution épigénétique.

CC0 Creative Commons

Un certain nombre de paramètres tels que l’environnement socio-économique, l’absence des parents, ou encore la naissance durant une saison chaude sont contenus dans ces gènes. Ainsi, en identifiant certaines expériences vécues durant l’enfance, les scientifiques peuvent prédire quels gènes liés à l’inflammation seraient actifs ou non.

L’inflammation est une réaction de défense du système immunitaire et est un peu semblable à une épée à double tranchant : l’ouverture des vaisseaux sanguins peut aider à combattre les infections et à guérir plus rapidement. Cependant, le corps peut subir des dommages. « Dans certaines situations, notre système immunitaire est incapable de « finir le travail » et demeure dans un état d’activation permanente, ce qui peut causer des dégâts collatéraux », relève Toby Lawrence, docteur en recherche à l’Université d’immunologie de Marseille-Luminy.

L’équipe de Thom McCade souligne en conclusion que « la nutrition, l’environnement microbien et les facteurs psychologiques qui peuvent affecter un enfant déterminent le niveau de méthylation de ses gènes d’inflammations ».

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