La Chine dévoile son Initiative de sécurité mondiale: un pas vers le mondialisme sous son égide

Par Antonio Graceffo
6 mai 2022 17:02 Mis à jour: 6 mai 2022 21:35

Lors du Forum de Boao pour l’Asie, tenu du 20 au 22 avril sous le thème « Le monde dans le contexte du Covid-19 et au-delà : Œuvrer ensemble en vue d’un développement mondial et d’un avenir commun », le dirigeant chinois Xi Jinping a parlé de la nouvelle « Initiative de sécurité mondiale » – un autre plan de l’expansion mondiale de Pékin.

Le Forum de Boao, communément appelé le « Davos asiatique », est organisé sur le modèle du Forum économique mondial tenu à Davos, en Suisse. Ce forum annuel accueille les dirigeants de 28 pays issus des gouvernements, du cercle académique et du monde des affaires. Il porte le nom de Forum de Boao, une ville de la province chinoise du Hainan, où il a son siège permanent, bien qu’il soit effectivement dirigé de Pékin.

Dans son discours d’ouverture, Xi Jinping a parlé de coopération, d’intégration, de commerce et d’économie. Ceci pour lancer une attaque voilée contre l’Occident, et surtout contre sa première puissance – les États-Unis, que le Parti communiste chinois (PCC) dépeint comme isolationniste et protectionniste, même si les droits de douane chinois sur les produits américains sont plus élevés que les droits de douane américains sur les produits chinois. En outre, la Chine bénéficie d’un accès pratiquement illimité aux investissements et aux marchés américains, alors que les marchés chinois sont fortement restreints.

Dans le cadre de sa stratégie visant le mondialisme dirigé par la Chine, Xi Jinping a déclaré que le monde devrait « adopter une philosophie de gouvernance mondiale ». Il a ajouté que les nations devaient « sauvegarder fermement le système international avec l’ONU en son centre et l’ordre international soutenu par le droit international ».

Bien que le PCC parle du soutien des Nations unies et du droit international, il refuse de condamner l’invasion russe en Ukraine ou le coup d’État en Birmanie (Myanmar) qui a évincé Aung San Suu Kyi, lauréate du prix Nobel de la paix dûment élue.

Xi Jinping a également parlé de la sécurité mondiale et de la réforme du « système de gouvernance de la sécurité dans le monde ». Il a utilisé l’expression « intégrité territoriale » en référence subtile à Taïwan, laissant entendre que les États-Unis et les autres pays occidentaux ne devraient pas intervenir si la Chine envahissait cette nation insulaire.

Le dirigeant chinois a exhorté les nations à « rejeter la mentalité de la guerre froide », la « politique de groupe » et la « confrontation par bloques ». Il s’agissait d’une référence voilée aux organisations multinationales de sécurité entre les pays occidentaux – telles que l’OTAN, le Dialogue quadrilatéral pour la sécurité, les Five Eyes et l’AUKUS qui ont été créées pour protéger les démocraties contre des pays comme la Russie et la Chine. Xi Jinping a aussi mentionné la rhétorique des « préoccupations légitimes en matière de sécurité » que le PCC avait précédemment utilisée pour justifier l’invasion russe en Ukraine.

Vladimir Poutine (à g., au centre) rencontre Xi Jinping à Pékin, le 4 février 2022. (Alexei Druzhinin/Sputnik/AFP via Getty Images)

S’il n’y a rien de nouveau à ce que le PCC accuse l’Occident et surtout les États-Unis de la plupart des maux du monde, y compris ceux dont le régime chinois est lui-même coupable, Xi Jinping a en même temps parlé de sa nouvelle « Initiative de sécurité mondiale ». Bien qu’il n’en ait donné que peu de détails concrets, il a utilisé l’expression « sécurité indivisible ». C’étaient les mêmes mots que Vladimir Poutine a utilisés pour justifier sa confrontation avec l’Ukraine lors de son entretien téléphonique avec le Premier ministre britannique Boris Johnson le 2 février, à la veille de l’invasion de l’Ukraine.

Dans son discours au Forum de Boao, ainsi que dans des déclarations publiées ultérieurement par l’agence d’État chinois Xinhua, le ministre des Affaires étrangères Wang Yi a donné plus de détails sur cette nouvelle initiative de sécurité. Il a annoncé : « Cette initiative apporte la sagesse chinoise pour combler le déficit de paix actuel. »

Global Times, le journal officiel proche de pouvoir chinois, a interprété la déclaration de Wang Yi comme suit : « La Chine ne revendiquera jamais l’hégémonie, ne sera jamais expansionniste et ne cherchera à créer des sphères d’influence, ni ne s’engagera dans une course aux armements. » Pourtant, le PCC a fait et continue de faire tout cela, tandis que le Global Times a subtilement accusé les États-Unis et l’Occident de saper l’ordre de sécurité mondial en cherchant l’hégémonie au nom de la démocratie.

L’une des six composantes de l’Initiative de sécurité mondiale est de « rester déterminé à prendre au sérieux les préoccupations légitimes de tous les pays en matière de sécurité et à défendre le principe de la sécurité indivisible ». Une fois de plus, on voit les mots clés « préoccupations légitimes en matière de sécurité » et « sécurité indivisible ».

Bien que l’on ne sache pas exactement quelle forme prendra cette nouvelle initiative de Pékin, il semble clair qu’elle cherche à légitimer l’invasion russe de l’Ukraine et à soutenir la position du régime chinois qui cherche à s’emparer de Taïwan. Les experts d’Europe, d’Inde, d’Australie et des États-Unis s’accordent à dire qu’il s’agit des plus grandes menaces pour la sécurité mondiale.

Antonio Graceffo, docteur en philosophie, a passé plus de 20 ans en Asie. Il est diplômé de l’Université des sports de Shanghai et titulaire d’un MBA chinois de l’Université Jiaotong de Shanghai et il travaille comme professeur d’économie et de l’analyste économique de la Chine, écrivant pour divers médias internationaux. Parmi ses ouvrages sur la Chine, on peut citer Beyond the Belt and Road: China’s Global Economic Expansion et A Short Course on the Chinese Economy.

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