Des Ouïghours musulmans forcés à manger du porc et à boire de l’alcool pendant le Nouvel An Chinois

14 février 2019 13:27 Mis à jour: 14 février 2019 13:29

Les autorités chinoises obligent les Ouïghours musulmans à manger du porc, à boire de l’alcool et à observer le Nouvel An lunaire, selon les rapports de la radio publique Radio Free Asia (RFA).

Les Ouïghours sont une minorité ethnique turque, dont la majorité pratique l’Islam et réside dans la région nord-ouest de la Chine connue sous le nom de Xinjiang. Ils ne célèbrent pas traditionnellement le Nouvel An lunaire, et la consommation de porc et d’alcool est strictement interdite dans l’Islam.

Ces dernières années, les autorités chinoises ont intensifié les persécutions à l’encontre du groupe minoritaire, notamment en rassemblant les Ouïghours et les envoyant dans des centres de détention, où ils sont endoctrinés politiquement et contraints de renoncer à leur foi. Les Nations Unies estiment qu’environ 1 million d’Ouïghours et d’autres minorités musulmanes sont détenus dans ces centres dits de « rééducation professionnelle ».

D’anciens détenus ont fait part des violations des droits de l’homme à l’intérieur de ces installations, telles que la torture, ladministration de substances nocives et le viol.

Les responsables locaux de la préfecture de Kazakh Ili dans le Xinjiang ont invité les habitants à un dîner du Nouvel An lunaire où l’on servait du porc et ont menacé d’envoyer les invités aux « centres de rééducation » s’ils refusaient d’y participer en consommant une viande qui n’est pas halal, selon un rapport RFA du 6 février.

Une autre résidente a déclaré à la RFA que les tentatives visant à forcer les musulmans à manger du porc ont commencé à la fin de 2018.

Selon une femme du nom de Kesay, qui appartient à la minorité kazakhe, des fonctionnaires ont collé des couplets poétiques du Nouvel An lunaire sur les portes des foyers ouïghours et kazakhs et leur ont donné du porc.

« Si nous n’installons pas les couplets ou n’accrochons pas les lanternes, ils nous collent l’étiquette d’hypocrites  (« visage à deux faces »), et nous envoient dans des camps de rééducation », a-t-elle affirmé.

Le dernier effort pour forcer les Ouïghours musulmans à désobéir à leurs principes religieux s’inscrit dans le cadre de la campagne du régime chinois pour réprimer leur foi. Le régime chinois utilise l’excuse de la lutte contre le terrorisme et la radicalisation pour persécuter les Ouïghours musulmans.

Dilxat Raxit, porte-parole du Congrès mondial des Ouïghours, une organisation pour les Ouïghours en exil, a révélé à la RFA qu’il avait reçu des rapports similaires concernant les ménages ouïghours.

« Selon nos informations, le gouvernement chinois intensifie sa campagne pour assimiler les Ouïghours à la culture chinoise han », a-t-il expliqué. Les Chinois Han sont le groupe ethnique majoritaire en Chine.

En réponse aux critiques internationales à l’égard des « centres de rééducation », Shohrat Zakir, président du Parti communiste de la région du Xinjiang a tenu des propos semblables pour justifier leur existence.

« Nous leur enseignons la langue commune nationale, les lois et les règlements pour les sensibiliser au pays et au monde, ainsi qu’à leurs droits, obligations et devoirs légaux », a déclaré M. Zakir à un petit groupe de journalistes étrangers, qui ont visité les installations du sud du Xinjiang, début janvier.

En outre, il a affirmé que ces centres avaient été construits pour transformer et éduquer ceux que le Parti communiste chinois juge à risque d’être victimes des « trois forces maléfiques » que sont  » l’extrémisme, le séparatisme et le terrorisme ».

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