Chine : le régime renforce son contrôle sur les pirates informatiques de l’armée

18 mai 2016 16:17 Mis à jour: 22 mai 2016 16:26

L’un des développements les plus importants dans l’histoire contemporaine des forces armées chinoises a eu lieu le mois dernier, et il est passé presque inaperçu.

Le Parti communiste chinois (PCC) a ordonné à son armée d’abandonner ses entreprises commerciales au cours des trois prochaines années.  Cet ordre s’applique à l’Armée populaire de libération (APL) et la Police armée du peuple.

Ceux qui suivent les reportages d’Epoch Times savent que cet ordre aura des implications profondes. Comme l’a déjà souligné le journaliste Matthew Robertson, cela amènera en particulier la fermeture des hôpitaux militaires, utilisés par le PCC pour effectuer des transplantations forcées d’organes sur les prisonniers d’opinion, principalement les pratiquants de Falun Gong.

Dans son article paru en février dernier, M. Robertson a rapporté des opérations effectuées dans l’un de ces hôpitaux, le Premier hôpital central de Tianjin (Tianjin First Central Hospital), en notant qu’« Epoch Times avait des preuves suffisantes pour émettre de forts doutes, sinon démentir entièrement la version officielle de l’approvisionnement d’organes en Chine. Tout simplement, il faut compter le nombre de greffes : il est beaucoup trop élevé ».

Mais les implications du nouvel ordre du PCC sont encore plus profondes pour les militaires chinois, car il aura très probablement un impact sur l’utilisation par l’armée des cyber attaques à des fins financières.

Il n’est pas ici question des cyberattaques diligentées par le régime, mais les attaques commanditées par des commandants militaires afin de favoriser les entreprises commerciales auxquelles ils sont liés, ainsi que des cyberattaques menées sur une base individuelle par des pirates de l’armée afin de remplir leurs poches.

Dans une enquête publiée en septembre 2015, Epoch Times a révélé la structure du complexe militaro-industriel chinois en soulignant que jusqu’à récemment il était attendu que les militaires chinois trouvent des moyens externes pour financer leurs opérations.

En mars dernier, j’avais aussi parlé du fait que « les pirates informatiques de l’État chinois faisaient aussi des affaires sur le Darknet » pour leur propre compte. Les pirates lancent des cyberattaques commanditées par l’État et volent également des informations supplémentaires afin de les vendre à titre personnel.

Sous les nouveaux ordres, il est probable que ces entreprises externes vont progressivement diminuer, et qu’on pourrait voir une baisse importante des cyberattaques chinoises.

Bien sûr, cela ne signifie pas la disparition des cyberattaques du régime chinois. Cela signifie simplement que les cyberattaques qui ne sont pas directement commanditées par le régime pourraient prendre fin.

Ce processus est en cours depuis un certain temps. En septembre 2015, Xi Jinping, dirigeant du Parti communiste chinois, a annoncé qu’il réduirait l’armée chinoise de 300 000 soldats. Cela a été accompagné d’une restructuration planifiée des forces armées.

Epoch Times a signalé en novembre 2015 qu’il y avait une face cachée à cette restructuration. La proposition de la nouvelle structure prévoyait le déplacement des unités militaires responsables des cyberattaques sous le commandement conjoint de la Commission militaire centrale et du Conseil de l’État.

En d’autres termes, la restructuration donnerait au Conseil de l’État – le côté « gouvernemental » du régime chinois – davantage de contrôle sur les cyberopérations effectuées par les militaires.

Selon le journal officiel Global Times, le régime chinois a également envoyé des équipes « anticorruption » aux différents commandements et « principaux départements militaires » le 16 mai dernier. Sous la supervision de ces dix équipes, précise le journal, les commandements et les départements ciblés « vont être tenus responsables envers les hautes autorités militaires pour la première fois ».

Toutefois, cela ne changera pas du jour au lendemain. Le journal officiel China Daily a annoncé le 10 mai dernier que l’Armée populaire de libération et la Police armée du peuple avaient commencé à sélectionner 17 unités qui devraient terminer leurs activités commerciales.

L’objectif étant d’achever ce processus d’ici trois ans, les 17 unités seront « chargées d’explorer des moyens efficaces pour arrêter leurs activités commerciales ».

Version originale : New Orders Tighten China’s Grip on Military Hackers

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