Cinq choses à surveiller lors du prochain Congrès du Parti communiste chinois

18 septembre 2017 19:10 Mis à jour: 18 septembre 2017 21:58

Le dirigeant chinois Xi Jinping a une chance de renforcer son contrôle sur le Parti communiste chinois (PCC). Tout dépend s’il arrive à préserver ou introduire des nouveaux alliés dans le principal organe décisionnel du Parti lors du 19e Congrès national du PCC prévu pour le 18 octobre.

Depuis des décennies, le Comité permanent du Politburo, qui compte actuellement sept membres, était l’organe dirigeant du régime chinois. Puisque les membres du Comité permanent proviennent du Politburo composé de 25 membres, à l’approche du 19e Congrès, des différentes factions et puissants « anciens » membres du PCC tâchent d’assurer le siège de leurs protégés au Politburo dans l’espoir d’être représentés à son Comité permanent.

Le remaniement de la direction lors des congrès du Parti, qui se tiennent tous les cinq ans, révèle la situation dans les luttes de pouvoir entre différentes factions au sein du PCC. Le pouvoir de Xi Jinping au sein du PCC pourrait être mesuré en novembre prochain par le nombre de ses alliés dans le Politburo et dans son Comité permanent.

Voici les cinq choses à surveiller lors du prochain conclave du Parti :

1. Si le principal allié de Xi Jinping dépasse la limite d’âge

Wang Qishan, patron de l’organe de la lutte anti-corruption, au Grand palais du Peuple à Pékin, le 5 mars 2014. Récemment, dans un rapport, les enquêteurs anti-corruption ont critiqué le Bureau 610, un appareil extrajudiciaire de type Gestapo établi pour mener la répression contre le Falun Gong. (Feng Li/Getty Images)

Wang Qishan, âgé de 69 ans, est actuellement secrétaire de la Commission centrale d’inspection de la discipline et membre du Comité permanent. Depuis 2012, il a été le principal responsable de la campagne anticorruption de Xi Jinping et il est largement considéré comme son allié le plus important.

Jiang Zemin, l’ex-chef du Parti, a établi une règle non écrite selon laquelle quiconque qui dépasse l’âge de 68 ans devait se retirer du Comité permanent plutôt que d’obtenir un nouveau mandat de cinq ans. En 2002, avant de prendre la retraite en tant que chef du PCC, Jiang a utilisé cette règle pour obtenir une composition du Comité permanent qui lui était favorable et qui lui permettait de maintenir l’influence dans les coulisses pendant encore une décennie.

Toutefois, certains analystes pensent que Xi Jinping ignorera cette règle et gardera Wang Qishan à son poste.

Wang Qishan a été en charge de la purge de centaines de milliers de fonctionnaires dans le cadre de la campagne anticorruption lancée par Xi Jinping. Même les hauts fonctionnaires ont été emprisonnés, y compris Zhou Yongkang, le patron de la sécurité intérieure de la Chine, qui était en charge de l’appareil contrôlant les tribunaux, les organes de poursuite, les forces de police, les forces paramilitaires et les organismes de renseignement. Le budget de la Commission centrale des affaires politiques et juridiques rivalisait avec celui des forces armées chinoises.

Zhou Yongkang a également supervisé le Bureau 610, un appareil extrajudiciaire de type Gestapo, qui avait été établi principalement pour mener la persécution contre la pratique spirituelle du Falun Gong.

2. Si le nombre des membres du Comité permanent diminue

Il y a beaucoup de spéculations autour du fait que cinq membres du Comité permanent ont atteint l’âge de la retraite et que Xi Jinping pourrait réduire ce comité de sept à cinq membres.

Dans ce cas, Xi Jinping pourrait être critiqué s’il utilise le critère de limite d’âge afin de pousser certains membres hors du Comité permanent tout en gardant Wang Qishan.

Au cours des ans, le nombre des membres du Comité permanent a varié de trois à onze. Jiang Zemin l’avait élargi à neuf membres lorsqu’il s’est retiré en 2002. Il a été réduit à sept membres quand Xi Jinping a pris le pouvoir en 2012.

(De g à d) Wang Qishan, membre du Comité permanent du Politburo, Zhang Dejiang, président de l’Assemblée nationale populaire, Xi Jinping, actuel dirigeant chinois, Li Keqiang, premier ministre, Liu Yunshan et Zhang Gaoli, membres du Comité permanent du Politburo, dans le Grand palais du Peuple à Pékin, le 3 mars 2017. (Greg Baker/AFP/Getty Images)

Xi Jinping pourrait réduire ce nombre à cinq. Cela lui permettrait de n’avoir besoin que de deux alliés pour avoir une majorité au Comité permanent.

Parmi les membres actuels du Comité, seuls Xi Jonping et le premier ministre Li Keqiang ont moins de 68 ans.

3. Si la constitution chinoise est modifiée

Le Congrès national du PCC n’apporte pas seulement un remaniement dans la direction du Parti. C’est également le moment où la constitution du Parti est mise à jour ou modifiée. Les dirigeants antérieurs ont introduit leurs propres idées et théories dans la constitution, et Xi Jinping pourrait faire de même.

Xi Jinping est un partisan farouche de la mondialisation dans le but d’assurer que la Chine joue le rôle de premier plan dans l’ordre international.

Il s’est également prononcé en faveur de l’État de droit et a accordé aux juges une liberté sans précédent en les laissant traiter les cas des responsables du Parti.

Mais il a également été un fervent défenseur du Parti.

Il reste à voir comment ces facteurs, entre autres, pourraient se traduire dans sa tentative possible de modifier le dogme du Parti.

4. Si Xi Jinping a un successeur

Selon le précédent établi par les dirigeants antérieurs, Xi Jinping devrait se retirer lors du congrès de 2022, après une décennie au sommet du pouvoir. Si Xi ne choisit pas un successeur lors du 19e congrès du Parti, cela suggérerait qu’il envisage de rester après 2022, bien que, peut-être, à un autre poste.

La période de Xi Jinping à la tête du Parti a été dès le début marquée par des tentatives de ses rivaux de saper son autorité même, selon certaines sources, par le biais d’un coup d’État échoué. La campagne anticorruption de Xi Jinping est perçue par de nombreux analystes comme un moyen de se débarrasser au sein du PCC de l’influence de son ancien chef Jiang Zemin. Ce dernier a favorisé la corruption rampante comme moyen d’acheter la loyauté de ses alliés politiques.

Si Xi Jinping estime que son travail n’est pas terminé et que son départ à la retraite pourrait être suivi d’une revanche de ses rivaux, il pourrait essayer de garder un poste dans le leadership chinois.

5. Si le titre de Président est restauré

Xi Jinping pourrait restaurer le poste de Président du Parti communiste, un poste aboli en 1982 dans le but d’assurer qu’aucun dirigeant futur ne se lève au-dessus de l’autorité du PCC, comme l’avait fait le dictateur Mao Zedong.

Aujourd’hui, il semble que le Comité permanent de sept membres prend les décisions par consensus plutôt que selon la règle de la majorité. Si Xi Jinping fait ressusciter le poste de Président, il aurait un contrôle effectif sur le Comité permanent. Cela pourrait l’entraîner sur un chemin menant à une dictature, comme ce qui s’est produit avec Mao, et le placer à la tête d’un régime violent en proie à la corruption et au mépris public.

Toutefois, cela pourrait également donner à Xi Jinping l’autorité nécessaire pour introduire des changements plus importants au sein du Parti, y compris dans le but de passer éventuellement du régime communiste à un système présidentiel.

Version anglaise : 5 Things to Watch for at China’s Upcoming Communist Congress

 

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