Cinq points à retenir des élections de mi-mandat 2022

Par Jon Miltimore
16 novembre 2022 17:45 Mis à jour: 19 novembre 2022 00:56

Une semaine est passée depuis la nuit des élections de mi‑mandat, mais la composition finale du Congrès des États‑Unis n’est toujours pas claire.

Les votes dans plusieurs courses serrées sont encore en cours de dépouillement. Toutefois, on peut déjà affirmer que les républicains ont obtenu un nombre suffisant de sièges à la Chambre des représentants pour acquérir une faible majorité, tandis que les démocrates ont préservé leur majorité minimale au Sénat. Une fois que les événements se calmeront, les résultats de ces midterms feront l’objet de discussions et d’analyses sans fin. Voici cinq choses que l’on sait déjà.

1. Biden défie l’histoire

Alors que les démocrates avaient espéré garder le contrôle des deux chambres du Congrès, cela semblait peu probable. Néanmoins, la « vague rouge » républicaine tant annoncée ne s’est pas produite. Biden a défié les tendances de l’histoire récente. Les élections de mi‑mandat sont généralement décevantes pour le parti d’un président à son premier mandat. Les démocrates ont perdu 52 sièges à la Chambre des représentants lors des midterms de 1994, pendant le premier mandat de Bill Clinton, et 63 sièges pendant celui de Barack Obama. Les républicains, quant à eux, ont perdu 40 sièges à la Chambre lors du premier mandat de Donald Trump.

Compte tenu du climat économique américain – une inflation qui n’a jamais été aussi élevée depuis 40 ans et un marché boursier à la dérive – une perte modeste de sièges à la Chambre des représentants et la préservation de la majorité, bien que minime, au Sénat représenteront une victoire pour Joe Biden.

2. DeSantis se distingue

Ron DeSantis est peut‑être l’une des rares personnes en Amérique à avoir passé une meilleure soirée du 8 novembre que Joe Biden. Le gouverneur de Floride a été réélu avec brio, battant son adversaire démocrate avec une différence de votes de près de 20%.

La Floride est devenue une Mecque pour les Américains qui fuyaient les confinements. Et les électeurs ont récompensé Ron DeSantis – le même Ron DeSantis qui a été condamné par les médias pour la « réouverture » de Floride en été 2020 et qui a été accusé de mener « son État droit à la morgue ». La prétendue chute vers la mort n’a jamais eu lieu. Même sans tenir compte de l’âge, le taux de mortalité du Covid en Floride est aujourd’hui inférieur à celui d’États confinés comme le Michigan et le New Jersey.

3. La légalisation des drogues se poursuit

La tendance à la légalisation des drogues aux États‑Unis se poursuit : les électeurs du Missouri et du Maryland ont adopté des initiatives légalisant la possession de marijuana. (Les électeurs des États plus conservateurs du Dakota du Sud, du Dakota du Nord et de l’Arkansas se sont opposés à une telle légalisation.)

La légalisation des stupéfiants ne s’est pas arrêtée là. Au Colorado, les électeurs ont voté la proposition 122 qui vise à dépénaliser la possession de champignons psilocybines. L’initiative a été adoptée avec une marge assez large : 52,3% contre 47,7%.

Dans l’ensemble, c’était une bonne journée pour la légalisation des drogues, ce qui aurait fait plaisir à l’anarchiste individualiste Lysander Spooner qui a proclamé que « les vices ne sont pas des crimes ».

4. La liberté d’enseignement marque des points

Un des principaux enjeux de la journée du 8 novembre était l’éducation qui, selon de nombreux membres du mouvement pour la liberté, est le problème le plus urgent du pays. Les sondages montrent que la satisfaction à l’égard des écoles publiques a chuté ces dernières années et que la confiance dans ces écoles s’est effondrée.

Tout cela pourrait expliquer pourquoi le choix de l’école est devenu un point central des élections, car beaucoup d’Américains blâment les syndicats d’enseignants pour les fermetures prolongées d’écoles, ainsi que pour l’adoption de l’idéologie du genre et de la théorie critique de la race (TCR) dans les écoles publiques.

« J’ai mené cette campagne (…) pour les parents qui veulent simplement choisir l’école qui convient le mieux à leur enfant », a déclaré Greg Abbott, le gouverneur du Texas.

Comme Ron DeSantis, Greg Abbott a remporté la victoire le 8 novembre, battant son adversaire Beto O’Rourke de plus de 10 points. La victoire d’Abbott n’est pas un fait du hasard.

Comme l’a rapporté avec amertume le magazine de gauche The New Yorker, les candidats aux conseils scolaires et aux postes de superintendants qui s’opposaient à la TCR et les syndicats d’enseignants « s’en sont sortis de manière bien déprimante ».

5. Les jeunes ont décidé de l’élection

Ces dernières années, un des objectifs des républicains a été l’élargissement de leur base électorale parmi les femmes et les personnes de couleur, les chiffres suggèrent qu’ils y sont parvenus. Les sondages effectués par CNN à la sortie des bureaux de vote montrent que les démocrates ont perdu beaucoup de terrain auprès des femmes (‑11% par rapport aux midterms 2018) et des personnes de couleur, notamment les électeurs latinos (‑14% femmes, ‑21% hommes).

Les jeunes (18‑29 ans) restent toutefois très proches des démocrates. Ils se sont rendus aux urnes en grand nombre, à 27%, soit le deuxième taux le plus élevé de ces dernières décennies, selon CIRCLE, une initiative électorale de l’université Tufts. Ils ont voté pour les démocrates avec une grande marge de 28%.

La raison d’un tel vote des jeunes électeurs n’est pas encore claire. C’est peut‑être parce qu’ils associent encore les républicains avec Trump qui est assez impopulaire auprès des jeunes. Peut‑être parce que les jeunes font davantage confiance aux démocrates sur des questions importantes pour eux, comme l’environnement. Certains observateurs ont suggéré que le taux de participation impressionnant des jeunes pourrait être dû au décret de Biden qui cherche à « annuler » l’énorme montant de dettes étudiantes.

« Je pensais que l’annulation de la dette étudiante était une mauvaise politique et un mauvais choix. Je pense toujours qu’il s’agit d’une mauvaise politique, mais en voyant la flambée de votes des jeunes, il est difficile de nier son impact politique », a estimé David Frum, l’analyste politique de The Atlantic.

Nous ne savons pas encore si le programme d’annulation de la dette étudiante de 500 milliards de dollars de Joe Biden (qui a été invalidé par un tribunal fédéral jeudi dernier) est la raison pour laquelle les jeunes ont voté pour les démocrates. Si c’est le cas, il faut s’en inquiéter. Des organisations comme celle où je travaille (Foundation for Economic Education) existent pour enseigner aux jeunes que rien n’est gratuit et qu’ils devront payer un jour les dettes qu’ils accumulent aujourd’hui.

Citons le célèbre économiste et homme politique français Frédéric Bastiat : « L’État, c’est la grande fiction par laquelle tout le monde s’efforce de vivre aux dépens de tout le monde. »

C’est en vivant aux dépens des autres que la dette publique américaine a atteint 31.270 milliards de dollars, soit près de 250.000 dollars par contribuable. Si les jeunes générations commencent à croire que l’augmentation des dépenses publiques est la solution à leurs problèmes financiers, nous devons mieux leur montrer que c’est en réalité la Route de la servitude.

Jonathan Miltimore est le rédacteur en chef de FEE.org. Ses écrits et reportages ont fait l’objet d’articles dans le magazine TIME, le Wall Street Journal, CNN, Forbes, Fox News, le Star Tribune, Bylines : Newsweek, The Washington Times, MSN.com, The Washington Examiner, The Daily Caller, The Federalist, Epoch Times.

Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement celles d’Epoch Times.

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