EXCLUSIF : à l’approche des Jeux olympiques, un responsable chinois ordonne des mesures anti-Covid extrêmes

Par Rita Li
16 janvier 2022 03:07 Mis à jour: 16 janvier 2022 08:16

À trois semaines de l’ouverture des Jeux olympiques d’hiver de Pékin, alors que la ville chinoise de Xi’an est soumise à un confinement total en raison d’une recrudescence du Covid, le plus haut responsable de la province a ordonné aux autorités d’intensifier les mesures de confinement déjà très dures par crainte d’un débordement de cas à l’approche des Jeux qui pourrait ternir l’image du régime.

C’est ce qui ressort d’un discours en interne prononcé le 24 décembre par le gouverneur de la province du Shaanxi (centre-nord, capitale Xi’an), dont l’équipe chinoise d’Epoch Times a récupéré la transcription.

Faisant référence à l’ouverture des Jeux à Pékin début février, le responsable, Zhao Yide, a déclaré qu’une propagation de l’épidémie « créerait le chaos dans la situation générale du pays et entacherait l’image nationale ».

Dans un discours en visioconférence prononcé devant les responsables de la santé locaux, Zhao Yide a ordonné la mise en place des « mesures les plus strictes » à Xi’an pour stopper la transmission du virus.

The governor’s 5,300-word speech focused on using “tough” and “strict” measures to “block the chain of transmission.” It only briefly mentioned the need to ensure citizens’ access to daily supplies, so as to ensure the “overall stability” of society. He didn’t mention the issue of medical care or the emotional well-being of the locked-down residents.

Son discours intervenait un jour après le confinement des 13 millions d’habitants de la ville, les autorités ayant dû assumer les pires chiffres du pays en matière de Covid-19 depuis 21 mois. Quels qu’il soient, ces chiffres officiels ne reflètent probablement pas les taux d’infection réels, étant donné que le Parti communiste chinois (PCC) a pour habitude de supprimer les informations gênantes.

Le discours de 5 300 mots du gouverneur était focalisé sur la mise en place de mesures « sévères » et « strictes » pour « bloquer la chaîne de transmission ». Ce n’est que succinctement que Zhao Yide évoquait la nécessité de garantir aux citoyens l’accès aux fournitures quotidiennes ou celle d’assurer la « stabilité globale » de la société. Nulle mention, enfin, de soins médicaux ou de bien-être psychologique des confinés.

Colère publique et censure

Les mesures rigoureuses prises par la ville, dans le cadre de la politique « zéro Covid » du régime, ont depuis déclenché une vague de colère et de désespoir au sein de la population, qui utilise les médias sociaux pour faire entendre ses difficultés à recevoir de la nourriture ou des soins médicaux.

« Cela fait plus de 20 jours et les autorités locales n’ont envoyé de la nourriture qu’une seule fois », a écrit un internaute dans un message posté sur les réseaux sociaux le 9 janvier, s’inquiétant pour ses amis qui étaient également enfermés chez eux.

Comme pour tous les événements qui donnent une image défavorable du régime, les censeurs en ligne chinois sont intervenus pour supprimer les contenus négatifs.

Le Bureau municipal de l’Agriculture et des Affaires rurales de Xi’an, dans un autre document interne obtenu par Epoch Times, a déclaré le 28 décembre qu’il allait « renforcer la surveillance en temps réel de l’opinion publique pendant les Jeux olympiques d’hiver et les fêtes de fin d’année », dans le but de « réduire l’impact négatif ».

Le 5 janvier, certains habitants ont reçu une « annonce importante » sur WeChat, la plateforme de messagerie chinoise aux multiples fonctions extrêmement utilisée en Chine, les avertissant que leurs groupes de discussion étaient activement surveillés, selon des captures d’écran partagées avec Radio Free Asia. Les « rumeurs » et les vidéos liées à l’épidémie étaient strictement interdites dans les chats, indiquait l’annonce, ajoutant que toute diffusion de « nouvelles négatives » entraînerait des suspensions de compte.

Les documents internes montrent que le gouvernement provincial considère le succès des Jeux olympiques d’hiver comme l’objectif politique le plus important, selon le commentateur des affaires chinoises Li Linyi pour l’édition en langue chinoise d’Epoch Times.

« Lorsque le Parti communiste chinois a tout fait pour mettre en place des mesures extrêmes afin de prévenir la pandémie, il pensait à l’image du Parti et non à la vie de la population », a-t-il expliqué. « C’est antihumain, et le contrôle social s’exerce au prix du mépris de la vie et de la dignité du peuple chinois. »

Pékin dévoile le terrain de ski prévu pour les Jeux olympiques d’hiver de 2022, le 16 janvier 2015 à Zhangjiakou, dans la province du Hebei, en Chine. (Photo par Lintao Zhang/Getty Images)

Des mesures sévères

Depuis le début du confinement, le 23 décembre, les habitants de Xi’an ont partagé sur les médias sociaux des récits de désespoir et de difficultés résultant des mesures de contrôle extrêmes de la ville.

Le jour du Nouvel An, une femme enceinte a fait une fausse couche bloquée à l’entrée d’un hôpital, dans le froid, du fait que son test Covid n’était plus valide depuis quelques heures. D’autres fausses couches survenues dans des circonstances similaires et des histoires de patients gravement malades se voyant refuser des soins ont circulées sur les médias sociaux, suscitant l’indignation du public.

Sur Weibo, le Twitter chinois, un internaute a écrit : « La vie ne devrait-elle pas passer en premier ? »

Alors que la colère monte, les responsables du Parti communiste chinois (PCC) ont présenté des excuses publiques (phénomène extrêmement rare) à cette femme ayant fait une fausse couche. Le 6 janvier, la vice-Première ministre chinoise Sun Chunlan a déclaré se sentir « profondément honteuse » face à ces mauvais traitements, tandis que Liu Shunzhi, directeur de la commission de la santé de la ville, s’est incliné pour s’excuser de sa gestion de l’affaire. Malgré ses positions initiales et sa volonté d’imposer des mesures strictes, le gouverneur du Shaanxi, Zhao Yide, a également donné l’ordre aux autorités de donner la priorité à la vie et à la santé physique des gens.

Malgré toutes ces démonstrations de bienveillance, le jour même, le régime chinois renvoyait un fonctionnaire ayant osé critiquer sur les réseaux sociaux la dureté mesures de confinement prises par les autorités de Xi’an. Celui-ci avait décrit des cas rapportés publiquement d’habitants ayant eu recours à des moyens extrêmes pour échapper au confinement, notamment l’histoire d’un homme de 31 ans ayant marché malgré des températures hivernales pendant huit jours et huit nuits pour retourner dans sa ville natale. Le message du fonctionnaire a été qualifié de « rumeur » et retiré d’Internet.

Les autorités de Xi’an ont annoncé le 5 janvier que l’épidémie était sous contrôle. Pourtant une partie des habitants de la ville est toujours confinée. Certains ont récemment confié à Epoch Times que les portes de leur immeuble ont été scellées tandis que leurs réserves de nourriture touchent à leur fin.


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