Jungle de Calais : la police accusée par une ONG de « mauvais traitements »

Vue aérienne montrant les migrants se rassembler le 14 octobre 2017 près de la clôture d'une station-service, près de l'ancien camp de migrants «la Jungle» qui a été évacué il y a 12 mois à Calais. Un an après l'évacuation du camp de migrants, le nombre de cambriolages nocturnes dans les camions en direction de la Grande-Bretagne a été divisé par trois, alors que les intrusions dans le tunnel reliant la France et la Grande-Bretagne ont cessé. Les manifestations massives de combats qui nécessitaient des interventions policières ont également cessé.
Photo: FRANCOIS LO PRESTI / AFP / Getty Images
Le ministère de l’Intérieur considère cependant que le rapport écarte les « allégations les plus graves » de l’ONG Human Rights Watch (HRW) qui avait accusé fin juillet les forces de l’ordre de mauvais traitements.
Depuis le démantèlement de la « Jungle », le gigantesque bidonville de 7.000 migrants de Calais (nord), lancé le 24 octobre 2016, des centaines de migrants sont revenus sur place en espérant gagner l’Angleterre.
Leurs conditions de vie ont été dénoncées de nombreuses fois ces derniers mois par des ONG, alors que HRW a accusé la police française d’utiliser régulièrement du gaz poivre contre les migrants.
Le rapport officiel mis en ligne lundi affirme que « l’accumulation des témoignages écrits et oraux, bien que ne pouvant tenir lieu de preuves formelles, conduit à considérer comme plausibles des manquements à la doctrine d’emploi de la force et à la déontologie policière ».
Le rapport considère l’utilisation de gaz poivre comme « hautement improbable » et « sans fondement » mais évoque un « usage jugé abusif des gaz lacrymogènes » pour perturber la distribution de repas ou le sommeil de migrants.
« Plusieurs témoignages concordants et de sources diverses, semblent confirmer un usage de la force disproportionné, voire injustifié, à l’encontre de migrants et de membres d’organisations humanitaires sur place », écrivent encore les rapporteurs qui ont rencontré 93 personnes et ont eu des échanges informels avec une centaine de migrants.
La « destruction d’affaires appartenant aux migrants » ou encore le non-respect du port du matricule sont encore quelques-uns des « manquements » listés par le rapport.
Celui-ci insiste cependant aussi sur la « situation particulièrement difficile » à laquelle sont confrontées les forces de l’ordre.
« Aucun élément du rapport ne permet d’apporter la preuve des allégations les plus graves formulées par Human Rights Watch », a aussitôt réagi le ministère de l’Intérieur dans un communiqué.
Les manquements « plausibles » ne sont pas « établis par des preuves » et ne permettent pas « de mettre en cause, de manière établie et certaine, l’action des forces intervenantes », a ajouté le ministère.
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