L’Asie du Sud-Est se méfie des projets chinois des « nouvelles routes de la soie »

Bien que la Chine cherche avec ardeur des opportunités d’investissement en Asie du Sud-Est, elle constate une résistance croissante de la part des pays de la région. L’une des principales préoccupations des pays de l’Asie du Sud-Est est la très mauvaise réputation des investissements chinois.

La Chine est connue pour accorder des prêts à des pays en développement avec l’intention de les pousser à accepter les exigences de Pékin s’ils manquent à leurs obligations liées à ces prêts à intérêt élevé – le modus operandi typique des usuriers illégaux. Bien que plusieurs pays de l’Asie du Sud-Est cherchent désespérément à investir dans les projets d’infrastructure, ils sont devenus plus vigilants depuis que le Sri Lanka a été contraint de céder à la Chine son port de Hambantota en raison de l’incapacité à rembourser le prêt chinois.

Les pays de l’Asie du Sud-Est sont devenus plus vigilants depuis que le Sri Lanka a été contraint de céder à la Chine son port de Hambantota en raison de son incapacité à rembourser le prêt chinois. (Image via pixabay/CC0 1.0)

Les préoccupations de l’Asie du Sud-Est

La Thaïlande est à la tête d’un fonds régional de développement de l’infrastructure en association avec d’autres pays de l’Asie du Sud-Est, tels que le Cambodge, le Myanmar, le Laos et le Vietnam. Ce fonds, qui devrait être opérationnel à partir de 2019, vise à réduire la dépendance de la région vis-à-vis des investissements chinois.

Les Thaïlandais pensent également que les Chinois deviennent de plus en plus agressifs. « Un responsable thaïlandais à la retraite a révélé que les fonctionnaires chinois étaient humbles autrefois. Cependant, aujourd’hui, ils ont une mentalité prédominante que ‘vous avez besoin de nous’. Ils ont involontairement placé la fierté pour la plus forte économie chinoise au-dessus de la confiance et du respect mutuels », explique un article de Today Online.

La Malaisie envisage aussi de se retirer de certains projets d’investissement chinois par crainte de ne pas être en mesure de rembourser les prêts le moment venu. Le gouvernement malaisien a mis fin à deux projets soutenus par la Chine après avoir constaté que leurs coûts augmentaient d’une façon incontrôlable. Bien qu’une partie de l’argent ait été payée, le gouvernement a estimé qu’une grande partie des coûts ne pourra pas être amortie.

Au Vietnam, des milliers de personnes ont protesté contre les investissements chinois, craignant que Pékin ne finisse par dicter l’avenir de leur pays. « Ne louez pas de terre aux communistes chinois, même pas pour un seul jour », pouvait-on lire sur les banderoles des manifestants.

« Le gouvernement a sous-estimé l’ampleur du sentiment anti-Chine dans le pays. Au Vietnam, beaucoup de gens sous-entendent constamment que le gouvernement ne fait pas assez pour protéger la souveraineté du pays face à la Chine », a écrit Reuters, citant Murray Hiebert, spécialiste de l’Asie du Sud-Est basé à Washington.

Au Vietnam, des milliers de personnes ont protesté contre les investissements chinois, craignant que Pékin ne finisse par dicter l’avenir de leur pays. (Image : wikimedia/CC0 1.0)

La Chine aurait également recours à des cyber-attaques pour influencer les élections dans les pays de l’Asie du Sud-Est. Selon une enquête, la Chine avait engagé plusieurs pirates informatiques pour mener une campagne de diffamation contre le rival du leader pro-Pékin Hun Sen lors des récentes élections cambodgiennes. Cela a également amené de nombreux Cambodgiens à se méfier des investissements chinois dans la région.

Le choix alternatif américain

Afin de contrer l’influence chinoise en Asie du Sud-Est, les États-Unis y développent activement des projets visant deux objectifs : aider la région à obtenir des fonds pour le développement de l’infrastructure et protéger la région de toute agression militaire chinoise.

« Notre stratégie est affirmative et positive, et elle est inclusive. Bien qu’elle ne vise aucun pays en particulier, il ne devrait y avoir aucun doute que le comportement chinois fait preuve d’objectifs qui vont à l’encontre de nos objectifs pour la région Indo-Pacifique libre et ouverte », a écrit Epoch Times, citant Randall Schriver, secrétaire adjoint du département américain de la Défense chargé des questions de sécurité dans la région Asie-Pacifique.

Les États-Unis ont mis en place un programme d’investissement de 113 millions de dollars pour l’Asie du Sud-Est. Considérant que la plupart des pays de l’Asie du Sud-Est, de la Thaïlande au Vietnam, se méfient des investissements chinois, les Américains espèrent que leurs initiatives d’investissement porteront des fruits, tout en protégeant la nature démocratique des sociétés de la région.

Vision Times

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