Les faons dans les herbes victimes des faucheuses : une association vient en aide aux agriculteurs

Par Emmanuelle Bourdy
17 mai 2022 14:23 Mis à jour: 17 mai 2022 14:25

Êtes-vous déjà tombé sur un faon caché dans les herbes hautes lors de l’une de vos ballades ? Si jamais cela vous arrive, ne touchez surtout pas le petit animal en pensant qu’il a été abandonné car il n’en est rien. Si la mère le dépose dans ce lieu après avoir mis bas, c’est justement pour le protéger des prédateurs. Cependant un autre fléau décime de nombreux faons chaque année à la période de fauche des foins. Une association a été créé pour aider les agriculteurs, impuissants devant ce fait.

Le mois de mai est la période où les biches mettent bas. Elles cachent leur faon dans les hautes herbes et les laissent seuls. Mais elles ne sont jamais très loin pour autant et veillent. Il est absolument crucial pour la vie de ce jeune cervidé de ne pas le toucher ou de vouloir le déplacer. France 3 Bourgogne-Franche-Comté nous explique pourquoi.

Si vous trouvez un faon, ne le touchez surtout pas

Si la biche cache son petit dans les hautes herbes après avoir mis bas, c’est pour le protéger des prédateurs en raison de deux facteurs. D’une part parce que le pelage du faon se confond avec la végétation, et d’autre part en restant seul, le petit ne se fera pas repérer par les prédateurs étant donné qu’il n’a pas encore d’odeur. De plus, cela permet à sa mère de se nourrir plus facilement.

Mais de nombreux promeneurs ignorent cela et pensent que le faon a été abandonné. Et c’est ainsi que ceux qui sont découverts par des passants ignorant sont emmenés dans des centres de sauvegarde de la faune sauvage ou chez des vétérinaires. Hormis si le petit cervidé a été blessé, il est vital pour lui que personne ne le touche car sa mère va l’abandonner si elle sent l’odeur des humains sur lui.

Mais ainsi dissimulés dans les herbes, les faons sont néanmoins les tristes victimes des faucheuses et il est impossible pour les agriculteurs de les éviter puisque ces petits animaux passent totalement inaperçu. De plus, lorsque les faons se sentent menacés, se cacher est leur seule issue car ils ne savent pas fuir.

Victimes des faucheuses

Pour aider les agriculteurs démunis devant ce problème, deux pilotes de drones, Philippe Lesage et Alexandre Landry, ont créés l’association Sauvons les faons. Leurs interventions, qui au demeurant sont gratuites, consistent à venir à l’aube dans le champ pour trouver d’éventuels faons et les protéger. Grâce à une caméra thermique, ils inspectent les lieux pour repérer leur chaleur corporelle. S’ils en repèrent un, c’est ensuite au tour des sauveteurs bénévoles d’intervenir en sécurisant l’endroit où il se trouve afin que l’agriculteur évite la zone.

« Si le jeune est né dans la nuit, ils placent une caisse au-dessus du faon et le signalent par un drapeau. L’agriculteur peut faire son foin en évitant l’obstacle et libérer le faon ensuite. S’il est plus âgé, ils vont pousser le jeune à partir vers une zone sécurisée », explique à France 3 Alexandre Landry. En plus de sauver l’animal, cette initiative permet également à l’agriculteur de ne pas détruire ses bottes de foin qui risqueraient de rendre le bétail malade.

L’association Sauvons les faons de plus en plus sollicitée par les agriculteurs

Les agriculteurs sont de plus en plus nombreux à solliciter l’aide de cette association, qui est financée par des fédérations de chasse, mais aussi grâce aux dons. Chacun peut aider à sauver des faons via un financement participatif.

Mais quiconque ne peut pas s’improviser sauveteur des faons de cette manière, met en garde Philippe Lesage. Il indique à France 3 que « voir un faon avec un drone qui n’a pas de caméra thermique est impossible. L’animal est trop bien caché ». De plus, il souligne que son matériel est « très onéreux ». « Mon drone coute 12 000 €, et c’est pareil pour la caméra. Aujourd’hui les premiers prix tournent autour de 7 000 euros pour un drone efficace », détaille-t-il, ajoutant qu’il y a aussi et surtout la législation. « Il faut posséder obligatoirement un brevet de télépilote professionnel et être déclaré en préfecture. Il est interdit de décoller avant 5 heures du matin. Toute infraction peut être sévèrement condamnée », prévient-il.

L’association Sauvons les faons, qui intervient dans toute la France et se compose de 14 pilotes, a d’ores et déjà une vingtaine de missions pour 2022, dont sept dans le Doubs, précise France 3.

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