Nouvelle propagation du virus dans le nord de la Chine qui punit 18 fonctionnaires pour n’avoir pas réussi à contenir l’épidémie

Par Nicole Hao
20 avril 2020 16:45 Mis à jour: 20 avril 2020 16:50

Face à l’escalade de l’épidémie dans la ville de Harbin, au nord de la Chine, les autorités provinciales ont annoncé vendredi qu’elles puniraient les 18 fonctionnaires qui travaillent au sein de la Municipalité et de trois hôpitaux locaux.

Le même jour, une autre région du nord, la province de Liaoning, a signalé une nouvelle infection, cette personne a été infectée alors qu’elle était traitée dans un hôpital de Harbin. C’était le premier cas signalé dans la province depuis le 2 mars. Les autorités locales n’ont signalé aucun nouveau cas depuis plus d’un mois.

Les précédents articles du journal Epoch Times, y compris des entretiens avec les habitants et des documents internes du régime, ont montré que les autorités régionales chinoises sous-estiment régulièrement leurs données sur le virus.

Mais les nouvelles données officielles et les mesures prises par le régime laissent penser que l’épidémie dans le nord de la Chine est devenue incontrôlable.

CORONAVIRUS : CE QUE VOUS DEVEZ SAVOIR

Punition

La Commission d’inspection et de surveillance disciplinaire du Heilongjiang a co-annoncé le 17 avril que 18 fonctionnaires de Harbin, la capitale de la province du Heilongjiang, seraient sanctionnés.

Tous deux sont les agences internes du Parti communiste chargées d’enquêter sur la corruption et les malversations.

Les fonctionnaires sanctionnés sont ceux des services de santé de la ville de Harbin, du district de Daowai à Harbin, de l’université de médecine de Harbin (HMU), du premier hôpital affilié à la HMU, de l’hôpital n° 2 de Harbin et de l’hôpital de pneumologie de Harbin.

Le communiqué précise qu’ils n’ont pas « assumé leurs responsabilités » pour contrôler l’épidémie, mais ne donne pas de détails sur les erreurs commises par ces fonctionnaires.

Les deux commissions ont ajouté que depuis le 9 avril, Harbin a vu apparaître de nouveaux cas locaux du virus du PCC* (Parti communiste chinois), communément appelé nouveau coronavirus. Selon l’annonce, ces personnes ont contracté le virus lors de fêtes familiales ou lors de leur traitement à l’hôpital.

Ding Fengshu, qui a été nouvellement nommé pour remplacer le directeur de la commission de santé de Harbin le 15 avril, a également été puni, avec avertissement du Parti et mention de mauvaise conduite sur son curriculum vitae politique.

Un ouvrier chinois est en train de briser de gros blocs de glace qui serviront à la fabrication de sculptures sur glace, sur la rivière Songhua gelée à Harbin, en Chine, le 20 décembre 2018. (Kevin Frayer/Getty Images)

Épidémie à Harbin

Le 15 avril, le quotidien d’État Beijing Daily a fait référence à la commission provinciale de la santé de Heilongjiang, en affirmant que six membres du personnel médical du premier hôpital affilié au HMU et de l’hôpital n° 2 de Harbin ont été diagnostiqués porteurs du virus du PCC ces derniers jours.

Le 18 avril, le quotidien, citant à nouveau la commission, a déclaré que trois membres du personnel médical de Harbin ont été diagnostiqués le 17 avril, mais il n’a pas précisé les hôpitaux pour lesquels ils travaillent.

Epoch Times a interviewé plusieurs habitants de Harbin au sujet de l’épidémie.

« L’unité 2 du bâtiment 3 du complexe résidentiel Jinse Chengbang dans le district de Daoli a été scellée le 15 avril […] Une famille vivant dans l’unité a été diagnostiquée. Le mari est médecin, et la femme est infirmière. Tous deux travaillent dans un hôpital affilié au HMU. Leur enfant est également infecté », a déclaré Li Hui à l’édition chinoise du journal Epoch Times le 16 avril.

Le HMU compte quatre hôpitaux affiliés. Li Hui ne sait pas dans quel hôpital travaille le couple.

Un membre du personnel de l’hôpital Harbin n° 2 a raconté à l’édition chinoise du journal Epoch Times que l’un des responsables de l’hôpital a affirmé, lors d’une réunion interne tenue le 14 avril, que les établissements locaux recevaient des patients depuis le 6 avril.

« Plusieurs foyers ont éclaté, chacun en relation avec un repas pris en commun », a déclaré la source. « Les épidémies se sont produites dans les districts de Wuzang, Xiangfang et Daoli à Harbin… »

Le responsable de l’hôpital a ajouté que plus de 16 000 personnes ont des relations avec les patients diagnostiqués, dont plus de 500 sont actuellement en quarantaine.

Harbin, comme la plupart des villes chinoises, a adopté des mesures de confinement strictes fin janvier, puis a commencé à assouplir ses mesures vers la mi-mars. La ville a de nouveau été partiellement confinée au début du mois d’avril.

Harbin compte huit districts. Le gouvernement a commencé à confiner les complexes résidentiels et les centres commerciaux dans les districts susmentionnés et dans le district de Daowai les 13 et 15 avril. Les autorités ont également isolé le district de Nangang, selon des résidents du quartier.

Le 16 avril, une vidéo a été diffusée sur les médias sociaux, elle montre un homme qui tombe soudainement au sol alors qu’il se trouve devant le complexe résidentiel de Fenglan Guoji dans le district de Nangang. Un membre du personnel en tenue de protection médicale va le voir, mais on ne sait pas encore si cet homme a été infecté par le virus.

Des touristes passent devant des sculptures de glace lors du Festival international de la glace et de la neige de Harbin, dans la province chinoise du Heilongjiang, au nord-est du pays, le 5 janvier 2020. (NOEL CELIS/AFP via Getty Images)

Dispersé

La ville de Fushun se trouve dans la province de Liaoning, également située dans le nord-est de la Chine.

Le 17 avril, la commission sanitaire municipale de Fushun a révélé la présence d’une nouvelle infection dans la ville lors d’une conférence de presse.

Le journal Liaoning Daily, dirigé par l’État, a rapporté que la patiente nouvellement infectée, surnommée Zhang, est une femme de 46 ans. Elle s’est rendue à Harbin pour rendre visite à son père le 1er avril avec son jeune frère.

Pendant son séjour à Harbin, elle a accompagné son père au premier hôpital affilié au HMU, pour un traitement sans lien avec le virus, elle a pris ses repas dans des restaurants proches de l’hôpital. Elle a également organisé de grands dîners dans la maison familiale. Elle a quitté Harbin le 12 avril.

Sur le chemin du retour vers Fushun, elle s’est également arrêtée sur trois aires de repos le long de l’autoroute.

Le 15 avril, Zhang s’est rendue dans un hôpital local après avoir reçu un appel téléphonique de Harbin au sujet de l’épidémie, craignant d’être infectée. Le 16 avril, elle a été testée positive pour le virus.

Le soir du 17 avril, Zhang a été envoyée à Shenyang, la capitale de la province de Jilin, pour y être mieux soignée, selon Dongbei News.

À ce jour, il est difficile de savoir si un des membres de la famille de Zhang a également été infecté.

Le 19 avril, la commission sanitaire du Heilongjiang a annoncé que l’épidémie s’était étendue de Harbin à Mudanjiang – une région qui inclut Suifenhe, une ville où l’épidémie est particulièrement grave – et à une troisième ville, Suihua. Elle se situe au nord-est de Harbin et compte une population d’environ 5,25 millions d’habitants, selon les statistiques officielles.

* Epoch Times qualifie le nouveau coronavirus, à l’origine de la maladie covid-19, de « virus du PCC » parce que la dissimulation et la gestion déplorable du Parti communiste chinois ont permis au virus de se propager dans toute la Chine avant d’être transmis dans le monde entier.

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