La nouvelle route de la soie «verte», la dernière super arnaque chinoise?

Par John Mac Ghlionn
11 novembre 2022 17:45 Mis à jour: 11 novembre 2022 20:21

Le 6 novembre, la Chine a donné le coup d’envoi de la Conférence des Nations unies sur le changement climatique 2022 (COP27) à Sharm El Sheikh, en Égypte, en appelant le monde à fournir une aide aux pays les plus pauvres. Le fait que la Chine, le pollueur et émetteur de dioxyde de carbone (CO2) le plus important du monde, fasse la leçon aux dirigeants mondiaux est une parfaite hypocrisie. Il s’agit de la Chine : un pays soumis à un régime tyrannique qui excelle à colporter les mensonges les plus abberants.

Ces dernières années, nombre de ces mensonges ont porté sur des initiatives liées au climat et sur des promesses de rendre le monde plus vert. Cela nous amène au dernier projet du Parti communiste chinois (PCC), une nouvelle « route » prétendument conçue pour rendre le monde plus propre et plus écologique. Cependant, si on examine attentivement ce projet, on trouvera de nombreux problèmes, dont beaucoup sont très graves.

Pendant environ 1500 ans, les gens ont voyagé le long de la route de la soie qui reliait la Chine à l’Europe. S’étendant sur près de 6000 km, ce réseau de routes commerciales qui facilitait l’échange d’idées, de biens voire d’esclaves entre l’Est et l’Ouest a remodelé l’humanité. Aujourd’hui, c’est l’heure pour une nouvelle route de la soie. Comme son prédécesseur, la route de la soie 2.0 vise à remodeler l’humanité.

Au début de cette année, la Commission nationale du développement et de la réforme (CNDR), un organe au niveau ministériel étroitement lié au PCC, promouvait une route de la soie verte. Dans une déclaration, la CNDR a insisté sur les nombreuses façons dont le lancement d’une nouvelle route de la soie rendrait le monde infiniment meilleur.

Vraiment ?

Pour comprendre ce raisonnement, on pourrait évoquer la titanesque Initiative Ceinture et Route de la Chine (ICR). Ce programme, également nommé les « Nouvelles routes de la soie », vise à renforcer l’influence géopolitique de la Chine de par le monde en reliant le pays aux marchés d’Asie, d’Afrique, d’Europe, d’Océanie et d’Amérique latine par le biais d’investissements dans diverses importantes infrastructures de transports, d’énergie et de télécommunications. Selon la CNDR, l’ICR « a donné des résultats fructueux » (ce qui est faux) et a « exercé une influence considérable sur le monde depuis sa création » (ce qui est vrai – l’ICR compte aujourd’hui 147 pays qui s’y sont joints). Maintenant, le PCC pense qu’il est temps d’ajouter une composante verte à l’ICR, d’où la création de cette nouvelle « route » bien suspecte.

Comme nous l’assure la CNDR, le PCC « s’efforce de faire du vert une caractéristique déterminante de l’ICR » et de créer « des opportunités historiques sans précédent pour un développement commun et une prospérité partagée » pour les pays membres de l’ICR.

La centrale électrique au charbon Celukan Bawang 2 à Singaraja, sur l’île balnéaire indonésienne de Bali, le 29 octobre 2020. Les écologistes avertissent que le plan de la Chine de financer des dizaines de centrales au charbon à l’étranger, du Zimbabwe à l’Indonésie, devrait produire plus d’émissions de carbone qu’en produisent les principaux pays développés, menaçant ainsi les efforts mondiaux de lutte contre le changement climatique. (Sonny Tumbelaka/AFP via Getty Images)

En réalité, voilà un bon moment que le déploiement des Nouvelles routes de la soie ont commencé. En mai 2017, le PCC a publié des « Orientations pour la promotion d’une ICR verte », un document qui exprimait le souhait du pays de favoriser « des systèmes de coopération et d’échange pragmatiques et efficaces en matière de protection de l’éco-environnement » d’ici cinq ans. En avril 2019, le chef du PCC, Xi Jinping, a déclaré que la Chine avait l’intention de lancer de nombreux projets d’infrastructures vertes, de réaliser des investissements verts et « d’accorder un financement vert pour protéger la Terre, que nous considérons tous comme notre foyer ». Un an après ces nobles promesses, Xi Jinping a annoncé que, d’ici 2060, la Chine serait neutre en carbone (bien qu’aujourd’hui elle continue d’accroître ses émissions).

Comme on pouvait s’y attendre, la route de la soie verte semble être bien plus qu’une simple tentative de réduction des émissions de carbone. La CNDR a noté que cette route se concentrera également sur « le développement couvrant des aspects tels que le dialogue politique, l’appui en information, l’alignement des normes et les échanges technologiques ». En d’autres termes, la route de la soie verte, tout comme la BRI, sera probablement un cheval de Troie conçu pour réaliser l’objectif plus large de la Chine – celui de domination mondiale.

Si on veut penser autrement, il faut fermer complètement les yeux. La Chine est un pays aux multiples facettes, mais le vert n’en fait pas partie. N’oubliez pas que la Chine est le plus grand pollueur du monde : elle émet plus de dioxyde de carbone que les États-Unis, l’Inde et la Russie réunis. Attendre de la Chine qu’elle mène une vraie révolution pour devenir plus respectueuse de l’environnement, c’est comme attendre d’un chien qu’il n’aboie plus. C’est complètement absurde.

Marché près d’une centrale au charbon à Huainan, Anhui, le 14 juin 2017 (Kevin Frayer/Getty Images)

Comme l’écologiste renommé John Vidal l’a constaté en les examinant en détail, plusieurs projets de l’ICR tracent déjà « des routes et des lignes de fret ferroviaire à travers certains endroits les plus riches du monde sur le plan biologique ». Il a cité une étude du World Wildlife Fund (WWF) qui met en garde contre la façon dont l’ICR « pourrait avoir un impact sur de nombreux endroits critiques pour la biodiversité, mettant en danger 265 espèces menacées telles que les tigres de l’Amour, les cigognes blanches orientales et les pandas géants ».

John Vidal, qui n’apprécie pas l’ICR ni de la nouvelle initiative verte chinoise, a donné comme exemple le fait « qu’une importante ligne ferroviaire reliant la Chine au Laos » a entraîné « la déforestation et l’expulsion forcée de milliers de familles ». Pendant ce temps, en Malaisie, des projets routiers et ferroviaires « ont foncé à travers des écosystèmes fragiles ».

Le biologiste William Laurance, directeur du Center for Tropical Environmental and Sustainability Science de l’université James Cook à Cairns (Australie), a expliqué à John Vidal que, quelles que soient les nobles promesses de Xi Jinping, « l’ICR aura toujours un impact majeur sur les écosystèmes : la Chine a déclaré qu’elle serait un pays à faible émission de carbone, vert et durable, mais c’est tout le contraire ». Les nouvelles routes et les nouveaux ponts, a-t-il mis en garde, détruiront davantage de forêts, tandis que les différentes voies de transport nuiront à la biodiversité « à grande échelle ». Le PCC prétend « qu’il suivra les directives environnementales, mais l’histoire a montré que ces mesures de protection sont inexistantes », a souligné le Dr Laurance.

En apparence, l’ICR implique la réalisation de divers projets d’infrastructure. Mais, en réalité, il s’agit d’un outil utilisé pour contraindre les autres pays. Compte tenu de l’histoire du PCC, on peut supposer que la route de la soie verte – cette extension de l’ICR – n’apportera rien d’autre que d’innombrables mensonges, des douleurs intolérables et de nouveaux actes de violence. Cette escroquerie soigneusement élaborée et bien dangereuse devrait être évitée par le plus grand nombre de pays possible.

John Mac Ghlionn est chercheur et essayiste. Ses écrits ont été publiés dans des journaux comme le New York Post, Sydney Morning Herald, Newsweek, National Review, The Spectator US et d’autres médias respectables. Il est spécialiste dans la psychologie et les relations sociales, avec un intérêt particulier dans les domaines des dysfonctionnements sociaux et la manipulation des médias.

Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement celles d’Epoch Times.

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