Paris: un immeuble envahi par l’odeur de cadavre, les services d’hygiène interviennent après 10 jours d’attente

Par Emmanuelle Bourdy
17 août 2022 15:59 Mis à jour: 17 août 2022 15:59

L’odeur pestilentielle a envahi les lieux, au point que la situation est devenue invivable pour les habitants de cet immeuble composé de cinq appartements. Un cadavre a été découvert le 1er août dernier, alors que l’homme était décédé depuis plus de vingt jours, dans le 7e arrondissement de Paris.

C’est Thomas, un voisin, qui a prévenu les pompiers, alerté par l’odeur putride. Dans un appartement du rez-de-chaussée situé au 10 rue de Lille dans le 7e arrondissement de Paris, gisait le corps en état de décomposition avancée d’un homme de 77 ans. Mort aux environs du 10 juillet, selon l’estimation des secours, le septuagénaire n’avait plus aucun contact avec sa famille depuis douze ans, rapporte Le Parisien.

« On avait peur que ça arrive »

« La porte de l’appartement a été refermée mais il y a une odeur épouvantable », a expliqué au quotidien francilien Thomas, ce jeudi 11 août. Bien que le corps du défunt ne se trouvait plus dans l’appartement depuis le 1er août, l’odeur nauséabonde persistait toujours. « On avait peur que ça arrive », a-t-il confié, ajoutant que « ce monsieur vivait dans le noir, fenêtres fermées » et « ne sortait quasiment pas ». Selon lui, le vieil homme n’a même jamais eu la visite de services sociaux.

Après l’enlèvement du corps, Thomas a remué ciel et terre pour que les fonctionnaires de la Ville chargés des nettoyages extrêmes interviennent rapidement. « J’ai alerté la Ville de Paris, la mairie du 7e… J’ai appelé les services d’hygiène que tout ce monde m’avait recommandé. Ils m’ont eux-mêmes renvoyé vers le commissariat d’arrondissement, qui doit fournir une réquisition », a-t-il expliqué.

Simon, un autre voisin, a également tenté de faire bouger les choses en contactant notamment la mairie, mais en vain. Même Valérie Barré, la gestionnaire de copropriété, reconnaît qu’en tant que syndicat, elle n’avait que peu de solutions à proposer pour régler cette affaire, « hormis envoyer des recommandés et aller en référé », mais cela aurait pris beaucoup de temps, a-t-elle pointé.

Un moment « particulièrement angoissant »

C’est finalement ce jeudi 11 août, soit une dizaine de jours après l’enlèvement du corps, que le nettoyage des lieux a été réalisé. Entre-temps, les habitants de l’immeuble ont dû supporter l’insupportable au niveau olfactif, l’odeur ayant même imprégné leurs vêtements.

Chacun tentait de gérer la situation avec les moyens du bord, notamment en gardant les fenêtres fermées, en portant un masque sur le nez ou carrément en ne cuisinant plus, pour ne pas attirer les mouches, ainsi que l’a expliqué Thomas à nos confrères. « J’avais peur de me faire réveiller par l’odeur de cadavre », a renchéri Simon qui essayait « de ne pas trop respirer », trouvant cela « particulièrement angoissant ».

Valérie Barré a souligné qu’elle considérait comme « une chance » le fait que le commissariat et la mairie de Paris soient intervenus. Mais selon elle, cela a été possible principalement « grâce aux occupants, qui se sont mobilisés », ainsi qu’à une propriétaire « qui a joint Rachida Dati en personne ».

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