Logo Epoch Times

Qualifiée d’agate depuis 140 ans, cette pierre se révèle être un œuf de dinosaure

top-article-image

Un œuf de dinosaure fossilisé.

Photo: : crédit Wikimédia/ Bouette

author-image
Partager un article

Durée de lecture: 5 Min.

Exposé depuis environ un siècle et demi au Museum d’histoire naturelle en Angleterre, le minéral était censé être un spécimen d’agate. Il s’agissait en réalité d’un œuf de dinosaure.
Sans l’intervention de ce conservateur, l’histoire de cette « agate » n’aurait jamais été dévoilée. Ce minéral, collecté il y a 140 ans, avait été découvert à un endroit où les plus grands dinosaures ayant jamais existé auraient fait leur nid, rapporte le Muséum d’histoire naturelle dans un communiqué.
Pour le musée, il n’avait qu’une valeur esthétique
L’objet provenant du centre de l’Inde et mesurant environ 15 centimètres, avait été enregistré en 1883 dans une collection de minéralogie au Natural History Museum de Londres. Pour le musée, ce minéral n’avait pas une grande valeur, si ce n’est esthétique. Il « se distinguait par sa forme presque parfaitement sphérique et son magnifique intérieur rayé de rose clair et de blanc », est-il précisé dans le communiqué.
Pour cette raison, en 2018, le musée avait décidé d’exposer cette agate. Quelques mois plus tard, Robin Hansen, l’un des conservateurs des minéraux, s’était rendu en France pour visiter une exposition de minéraux. C’est en voyant un œuf de dinosaure agatisé qu’il a compris la valeur du spécimen détenu par le Museum d’histoire naturelle d’Angleterre. « Attendez une minute, cela ressemble beaucoup à l’œuf que nous venons d’exposer au musée », avait-il lancé à la personne qui lui montrait un œuf semblable.

En cliquant sur le bouton Suivant, vous acceptez que le contenu de twitter soit chargé.

Toutes les caractéristiques d’un œuf de dinosaure
À son retour de France, Robin Hansen avait apporté le minéral aux deux experts en dinosaures du musée. Ils ont admis qu’en raison de la taille, de la forme et de la fine couche autour de l’agate ressemblant à une coquille, le spécimen avait effectivement les caractéristiques d’un œuf de dinosaure. Il semble par ailleurs que deux autres objets sphériques de grande taille aient été à un moment donné regroupés autour de l’œuf, précise le communiqué. Par ailleurs, le lieu où le spécimen a été découvert et son âge, soit environ 67 millions d’années, porteraient à croire qu’il s’agit d’un œuf de titanosaure. Passé au scanner, la densité du spécimen n’a toutefois pas permis de voir des détails plus fins.
En poussant ses recherches, Robin Hansen a pu remonter à la découverte de l’œuf, collecté par un certain Charles Fraser ayant vécu en Inde entre 1817 et 1843, soit « au moins 80 ans avant que les œufs de dinosaures ne soient reconnus scientifiquement pour la première fois », mentionne-t-on. En 1883, le spécimen avait été catalogué comme une agate, « en utilisant les connaissances scientifiques disponibles à l’époque », explique le conservateur.
Des œufs étonnamment petits par rapport à la taille des titanosaures
L’œuf en question aurait été pondu par un dinosaure dans des sables chauds, juste avant une éruption volcanique. Le nid dans lequel se trouvait l’œuf aurait ensuite été enseveli sous une couche épaisse de lave et de gravats. Cette roche volcanique se serait ensuite solidifiée, créant ce spécimen d’agate.
L’une des caractéristiques les plus étonnantes des titanosaures – mesurant 37 mètres pour un poids d’environ 57 tonnes – réside dans le fait qu’ils pondaient des œufs étonnamment petits par rapport à leur taille. Le communiqué du Muséum d’histoire naturelle souligne qu’ils avaient en effet le choix d’adopter la stratégie de pondre beaucoup d’œufs de petite taille, plutôt que d’en pondre moins mais de plus grosse taille. Les titanosaures « pouvaient probablement pondre plusieurs de ces très grosses couvées par an », souligne le professeur Paul Barrett, l’un des experts en dinosaures du musée, « en espérant que certains d’entre eux atteignent l’âge adulte, plutôt que d’en pondre un ou deux pour lesquels ils devaient investir beaucoup plus de soins parentaux à l’éclosion ». L’avantage était aussi, d’après l’expert, « de ne pas avoir à porter leurs petits à terme ».