Sarthe: parents d’élèves et syndicats dénoncent les «bracelets connectés» destinés à surveiller la santé des collégiens

Par Emmanuelle Bourdy
14 septembre 2022 19:58 Mis à jour: 14 septembre 2022 19:58

Des « bracelets connectés » ont été offerts par le Département aux élèves de la Sarthe, l’objectif étant d’inciter celui qui le porte à faire du sport. Des parents d’élèves ainsi que la Fédération syndicale unitaire (FSU) ont exprimé leur opposition à ces objets, estimant qu’il s’agit là d’un moyen de « surveillance inutile », « liberticide », et qui plus est « coûteux ».

Si le but de telles montres est de promouvoir l’activité physique des collégiens de la Sarthe, ces « bracelets connectés » ne font pas l’unanimité. Un syndicat et une fédération de parents d’élèves ont manifesté leur opposition. Nicolas Dupont-Aignan s’est lui aussi insurgé contre le fait de « baguer » les enfants comme des poulets.

« Aucune garantie sérieuse de protection pour les mineurs concernés »

Cette montre « sport/santé » – permettant notamment de mesurer la température corporelle, le nombre de pas, le sommeil, le rythme cardiaque – avait déjà été expérimenté dans certains collèges de la Sarthe en juin dernier. Ainsi que le rapporte Actu Le Mans, Dominique Le Mèner, président du Département de la Sarthe, a indiqué que « conformément au Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD), le Département ne collecte et ne collectera directement ou indirectement aucune donnée personnelle dans la mise en œuvre de ce programme », ajoutant qu’une consultation est en cours avec la CNIL (Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés) et l’ensemble des parties prenantes au projet.

« Certes les données ne sont pas automatiquement prélevées. Elles sont anonymes sur la montre. Mais l’élève peut les introduire librement sur une application (« Tous en forme ») ou une autre. Or, ces systèmes sont faits pour être très incitatifs à fournir les données, et les enfants sont particulièrement vulnérables à ces démarches », a mis en garde la FSU dans un communiqué, pointant une « propension techno-solutionniste sans distance » du Conseil Départemental de la Sarthe.

De plus, ce bracelet connecté est produit en Chine par la société Xindao et « les données qu’il contient, communiquées à un smartphone, restent des enjeux commerciaux sur lesquels l’institution qui promeut l’objet ne peut fournir aucune garantie sérieuse de protection pour les mineurs concernés », souligne encore la FSU, qui craint également que ce dispositif n’aboutisse à une « stigmatisation » des élèves, entre ceux qui accepteront de le porter et ceux qui s’y refuseront.

« On ne va pas leur mettre un bracelet comme des poulets »

Du côté des parents d’élèves, la fédération FCPE Sarthe a elle aussi réagi en indiquant que « l’hyper connexion est une erreur ». Nommant ce dispositif de « surveillance inutile », elle l’a comparé aux caméras de vidéosurveillance dans les établissements, qui ont été des choix « coûteux » et « liberticides ». « De même, la connexion de jeunes gens en Sarthe sera coûteuse, liberticide et encore un affichage sans aucun engagement profond », a ajouté la FCPE.

La FSU s’est elle aussi demandé pourquoi avoir investi dans un tel objet alors que les établissements scolaires ont bien d’autres dépenses, plus urgentes. « Qu’il s’agisse d’un ‘cadeau’ de l’entreprise Xintao productrice du bracelet, de goodies offerts par le label ‘terre de jeu 2024’, ou d’une dépense publique, il s’agit d’un montant qui interroge au regard des besoins des collèges en dispositifs d’aération des salles de classe toujours inexistants », a dénoncé le syndicat, qui fait également remarquer remarque qu’ « aucun débat public n’est venu cerner l’intérêt et les limites d’un tel projet ».

Un rassemblement de personnes opposées à cette montre connectée avait eu lieu devant la préfecture du Mans le 24 août dernier. L’un des manifestants avait lancé : « On ne va pas leur mettre un bracelet comme des poulets. » Une expression sans doute reprise de l’ancien candidat à l’élection présidentielle, Nicolas Dupont-Aignan. Dans une vidéo publiée sur YouTube le 28 juillet dernier, le député de l’Essonne s’était effectivement insurgé contre cette technologie, qui, au demeurant, a été largement saluée dans la presse.

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