Les talibans font l’éloge du rôle de Pékin en Afghanistan

Par Nicole Hao
23 août 2021 20:32 Mis à jour: 24 août 2021 07:46

Lors d’une interview avec les médias d’État chinois, le porte-parole des talibans a fait l’éloge de Pékin pour son rôle dans les récents événements en Afghanistan.

« [La Chine] joue un rôle très important dans la transition en Afghanistan, et aussi dans la réconciliation et la paix », a déclaré Suhail Shaheen, porte-parole des talibans au Qatar, à la chaîne d’État chinoise CGTV.

« [La Chine] a nommé un envoyé spécial en Afghanistan, avec lequel nous avons eu des contacts réguliers », a-t-il ajouté.

Suhail Shaheen a précisé que les talibans et le Parti communiste chinois (PCC) étaient en contact depuis longtemps.

« Bien sûr, nous avons eu différentes visites en Chine… [L’État-parti chinois] a joué un rôle très important dans la transition en Afghanistan [de la République islamique d’Afghanistan démocratique à l’Émirat islamique d’Afghanistan théocratique] », a-t-il précisé.

Le porte-parole des talibans a également révélé que Pékin avait nommé un nouveau responsable en tant que personne de contact avec les talibans.

« Nous sommes en contact avec lui. Récemment, notre délégation a eu une réunion avec lui », a-t-il confié.

Cette interview intervient quelque 20 ans après que les forces dirigées par les États-Unis ont chassé les talibans du pouvoir en Afghanistan dans le sillage des attentats du 11 septembre 2001. Le groupe fondamentaliste islamique répressif est en train de rétablir son autorité sur le pays, et Pékin y joue un rôle tout en se réjouissant du retrait américain.

En apparence, la Chine n’a été impliquée dans aucun des conflits qui ont secoué l’Afghanistan au cours du siècle dernier, contrairement à l’Union soviétique qui a occupé le pays de fin 1979 à début 1989 et aux États-Unis et à leurs alliés de l’OTAN qui ont tenté d’y instaurer et de défendre la démocratie pendant 20 ans.

Cependant, selon le rapport de Population Research Institute de septembre 2001, le régime chinois a longtemps soutenu les talibans dans les coulisses, tant en armes qu’en technologie. À titre d’exemple, ce rapport indique que Huawei, le géant de télécommunications chinois, aurait contribué au développement des réseaux de télécommunications des talibans, qui ont soutenu Oussama Ben Laden et les attaques terroristes de son groupe.

Après que les talibans ont repris le contrôle de l’Afghanistan le 15 août, Waheedullah Hashimi, un haut dirigeant des talibans qui participe dans la prise des décisions de ce groupe, a déclaré à Reuters que le régime taliban serait une théocratie et aurait une structure de pouvoir similaire à celle qui existait entre 1996 et 2001, lorsqu’il régnait sur le pays.

Le 28 juillet, avant la reprise de contrôle des talibans, le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, avait déjà rencontré leurs dirigeants.

En public, Pékin avait par le passé exprimé sa crainte que le territoire contrôlé par les talibans n’abrite des troupes séparatistes de la région occidentale chinoise du Xinjiang, où vivent des Ouïghours et d’autres musulmans du groupe ethnique turcique.

Toutefois, ces dernières semaines, le régime chinois a changé de ton et a même ouvertement déclaré sa volonté d’établir des « liens amicaux » avec le groupe qui contrôle désormais l’Afghanistan – le pays qui a une importante situation stratégique et qui possède d’importantes ressources de métaux rares.

« La Chine respecte l’intention et le choix du peuple afghan… La Chine gardera le contact et la communication avec les talibans afghans », a annoncé le 16 août Hua Chunying, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

Dans le même temps, le régime du PCC et ses médias d’État se sont félicités de la montée en puissance des talibans et ont exulté devant la « défaite » des Américains.

« [Les États-Unis] ressemblent en effet beaucoup à un ‘tigre de papier’ », a commenté l’agence de presse officielle Xinhua le 16 août.

Elle s’est moquée des États-Unis, affirmant que l’échec de la démocratie en Afghanistan montre leur faiblesse, et a déclaré que la Chine contrôlait étroitement sa frontière : « Même un oiseau a du mal à la survoler de l’Afghanistan. »

Pendant ce temps, Amrullah Saleh, qui s’est auto-proclamé président par intérim de la République islamique d’Afghanistan, et le commandant Ahmad Massoud dirigent la résistance dans la vallée du Panjshir où le Front national de résistance se prépare à l’affrontement avec les talibans.

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