Les voitures autonomes peuvent-elles vraiment nous protéger ?

20 novembre 2016 15:32 Mis à jour: 20 décembre 2016 13:42

Si vous n’avez pas acheté de nouvelle voiture récemment, il pourra vous sembler que ladite « voiture autonome » appartient au domaine de la science-fiction. Pourtant cette technologie est déjà bien présente sur nos routes.

Les dispositifs de sécurité comme les détecteurs d’angles morts (un voyant d’avertissement clignote dans le rétroviseur si un véhicule est dans l’angle mort), le système anti-collision qui actionne automatiquement vos freins en cas d’accident imminent et le régulateur de vitesse adaptatif : voilà les éléments de base d’une voiture autonome.

Ces fonctionnalités d’aide à la conduite ou « semi-autonomes » exigent du conducteur qu’il surveille toujours son engin ou qu’il se tienne prêt, en cas de défaillance, à en reprendre le contrôle.

Quant aux voitures entièrement autonomes, pour le marché de la grande consommation, on ne les attend pas avant 2020. Les fonctionnalités actuelles y seront reliées à un logiciel central intelligent conforme au cadre réglementaire et juridique en vigueur.

En attendant cette technologie arrive progressivement sur le marché avec l’apparition de dispositifs de sécurité variés qui permettent aux conducteurs de s’habituer à une autre façon de piloter.

Une étape importante : faire confiance aux « yeux » de la voiture (affichage sur un écran) qui voient ce qui se passe à l’arrière, tout en gardant son attention sur les piétons à l’avant.

Autre étape : apprendre à utiliser la fonction d’aide au stationnement qui émet des sons lorsque vous passez devant un endroit assez grand pour stationner. La voiture vous dit : « Engagez l’aide au stationnement. Soyez prêt à reculer », et le système actionne le volant tandis que vous gérez l’accélérateur et le frein jusqu’à être garé.

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Une promesse de sécurité

Les visionnaires s’attendent à ce qu’un jour nos véhicules deviennent plus vigilants, moins enclins aux accidents que l’homme.

Les partisans de la voiture autonomes soulignent que « les ordinateurs ne boivent pas ». Or, selon des données de l’IIHS, soit l’Insurance Institute for Highway Safety (Institut d’assurance pour la sécurité routière), en 2014, plus de la moitié des 30 000 accidents mortels aux États-Unis auraient été liés à l’alcool.

La baisse de l’attention au volant lorsqu’on envoie un SMS (par exemple), voilà une autre cause importante d’accrochages que les ordinateurs pourraient nous faire éviter.

« Nous pouvons réduire ces chiffres [d’accidents] de façon significative. Et si nous le pouvons, alors nous le devons », a déclaré le président de Cadillac, Johan de Nysschen, lors de son discours au J.D. Power Automotive Marketing Roundtable 2015.

Selon Russ Rader, le directeur de la communication de l’IIHS, certains « équipements » diminuent le nombre d’accidents. S’appuyant sur les données de la police de 22 États entre 2010 et 2014, l’IIHS a constaté que les systèmes anti-collisions à l’avant faisaient chuter le taux d’accidents de 27%, le freinage automatique de 50%. Il précise cependant que l’analyse des données des autres équipements n’est pas encore concluante.

La sécurité est-elle fiable ?

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Véhicules Tesla garés devant une nouvelle salle d’exposition et centre de service de Tesla à Red Hook, Brooklyn, le 5 juillet 2016 à New York. (Spencer Platt/Getty Images)

Généralement l’IIHS effectue des contrôles sur les parties du véhicule liées à la sécurité comme les phares et les airbags. Cette année on a également commencé à examiner les technologies d’assistance au pilotage.

Les testeurs ont confirmés ce que les conducteurs avaient déjà déclaré sur les réseaux sociaux : pour éviter une situation dangereuse, il faut nécessairement reprendre le dessus sur l’appareil.

Mais tout cela est prévu.

Rader a déclaré qu’il fallait assister les consommateurs pour qu’ils comprennent comment fonctionnent ces nouveaux systèmes et quelles sont leurs limites.

La tendance de certains automobilistes à vouloir délaisser la conduite trop tôt présente un défi.

Les utilisateurs se fâchent quand une fonctionnalité ne réagit pas comme prévu et qu’ils ne peuvent plus l’utiliser.

Selon un sondage réalisé par l’IIHS, 67% des utilisateurs qui avaient fait réparer leurs voitures chez un concessionnaire Honda avaient mis hors service leur système de détection de déviation de la trajectoire (LDW), alors que 100% des 184 véhicules avaient conservé intact l’avertisseur de collision avant.

Le désir d’arrêter de conduire

Les consommateurs semblent prêts à adopter cette nouvelle technologie. Selon des études de marché menées par KPMG, l’idée de lire ou regarder un documentaire pendant un trajet séduit la plupart des gens. La tendance de certains automobilistes à vouloir délaisser la conduite trop tôt présente un défi.

Selon Rader, les fabricants cherchent maintenant à s’assurer que les conducteurs garderont une main sur le volant.

Le premier décès en conduite autonome ou « mains libres » a eu lieu en juin. L’individu avait brancher le pilotage automatique de sa Tesla et regardait un épisode d’Harry Potter, puis son véhicule a percuté un camion.

« Du fait de la luminosité du ciel, ni le pilote automatique ni le conducteur n’ont remarqué le côté blanc de la remorque, donc le frein n’a pas fonctionné », a indiqué le constructeur automobile dans son communiqué suivant l’accident.

« Plus il y aura de kilomètres parcourus dans un environnement réel et plus la logique du software se peaufinera et prendra en compte des événements subtils et la probabilité de se blesser diminuera », a rajouté la compagnie dans un autre communiqué.

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Schéma d’un véhicule intelligent Renault (Avec l’aimable autorisation de Renault SA)

En septembre, Tesla, numéro un sur le marché, a annoncé une mise à niveau de son système de conduite semi-autonome. Le PDG Elon Musk a déclaré aux journalistes qu’avec cette mise à niveau on aurait pu éviter l’accident.

Version anglaise : Is Self Driving Technology Already Making Us Safer?

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