« Il manque de preuves solides pour conclure que les masques ont fonctionné » selon les témoignages d’experts canadiens

Compte-rendu des audiences disciplinaires d'un chiropraticien n'ayant pas respecté les exigences relatives aux masques
Par Lee Harding
2 avril 2022 07:49 Mis à jour: 2 avril 2022 07:56

Une audience disciplinaire contre un chiropraticien de Calgary ayant traité des patients sans masque a donné l’occasion de débattre sur l’efficacité de la mesure.

Le 22 juillet 2021, l’Alberta College and Association of Chiropractors (ACAC), a pris des mesures à l’encontre de Curtis Wall pour une prétendue « conduite non professionnelle ». Ce dernier n’a pas respecté les exigences relatives au port du masque énoncées dans les directives du collège en cas de pandémie.

M. Wall, chiropraticien depuis 1996, souffre d’un handicap certifié le rendant incapable de porter un masque. Dans son cas, les masques entraînent de l’anxiété et d’autres problèmes de santé.

Ses audiences au tribunal ont commencé le 1er septembre 2021 et se sont poursuivies sans grande régularité. M. Wall est représenté par l’avocat James Kitchen, de Calgary, qui s’est d’abord chargé de l’affaire via son cabinet privé, puis ensuite en tant que membre de la Liberty Coalition Canada. M. Kitchen a fait appel à quatre experts pour soumettre des rapports et des témoignages, tandis que l’ACAC a sollicité un témoin expert.

M. Wall a exprimé son souhait de rendre publiques les transcriptions des témoignages mais l’ACAC a tenté une action en justice pour empêcher leur publication avant même la décision du tribunal. Cependant, le tribunal a autorisé leur publication, mais le nom du témoin de l’ACAC et celui d’un des témoins de M. Wall ont été expurgés.

Lors de sa comparution en septembre dernier, le témoin de l’ACAC s’est présenté comme un médecin de famille et un spécialiste de santé publique. En tant que spécialiste de santé publique recruté par la ville de Calgary de l’automne 2018 à mai 2021, il s’est positionné en faveur du port du masque. Il a également été consulté au niveau provincial. Finalement, il s’est vu offrir la responsabilité de coordonner le déploiement des vaccins à l’échelle provinciale, puis il a présidé une « coalition multisectorielle » visant à sensibiliser les populations au Covid‑19 et aux vaccins.

Dans son rapport d’expertise présenté au tribunal, on peut lire : « Il existe un très grand nombre de preuves montrant que le port du masque dans les établissements de soins de santé réduit la transmission du Covid. » Et d’ajouter : « Il n’y a pas d’inconvénients connus associés au port du masque. »

Durant son témoignage, le médecin a reconnu qu’il n’était ni virologue, ni immunologiste, ni pneumologue, ni microbiologiste médical. Il a par ailleurs admis que pour « les personnes sujettes à l’anxiété, [les masques] peuvent stimuler l’angoisse ».

L’aspect social et politique du port du masque obligatoire

Le Dr Bao Dang, pneumologue à Medicine Hat, a témoigné au nom de M. Wall en novembre. Il a d’abord rappelé que pendant l’épidémie de SRAS‑CoV‑1 en 2003, seuls les patients à risque dans des chambres isolées portaient un masque. Le SRAS‑CoV‑2 ayant « beaucoup de propriétés similaires » au SRAS original, le port du masque généralisé n’avait pas vraiment de sens selon lui.

Une femme porte un masque dans une station de métro pendant les heures de trajet du matin à Toronto, le 1er avril 2020. (Cole Burston/Getty Images)

Il a également signalé un manque de « preuves solides pour conclure que les masques ont fonctionné », un cruel manque de preuves concrètes « pour justifier les mesures qui ont été mises en place ».

Sollicité à partager son avis d’expert quant à l’utilité des masques pour stopper la transmission du Covid, il a déclaré : « Si on se base uniquement sur une évaluation fondée sur les résultats, on peut certainement dire que non [les masques n’ont pas été utiles]. » Il a ajouté que le port du masque rendu obligatoire pour les populations avait avant tout été motivé par « un aspect social et politique … engendrant une paranoïa généralisée, la peur et la panique ».

Dans son rapport d’expertise, le Dr Dang a cité deux études universitaires rappelant que les chirurgiens n’ont jamais porté des masques pour empêcher la propagation des virus. Dans les salles d’opérations, les masques sont conçus « non pas pour la protection contre la transmission virale, mais vraiment pour empêcher la transmission d’éléments plus consistants, comme le sang et la salive ».

Donc, a‑t‑il insisté, les masque ne peuvent en aucun cas stopper une propagation de virus par aérosol. « C’est comme un nuage, donc à moins que vous ne fermiez hermétiquement un masque, ça va s’infiltrer par les côtés ». Le virus qui cause le Covid‑19 a un diamètre de 0,1 micron, a‑t‑il précisé, alors que selon son rapport d’expertise, le masque N95 « est conçu pour bloquer jusqu’à 95 % des particules mesurant 0,3 micron ou plus. »

Enfin, le pneumologue a cité l’étude DANMASK‑19, un essai comparatif randomisé mené au Danemark auprès de personnes qui portaient des masques pour prévenir le Covid‑19 et d’autres qui n’en portaient pas. « Bien qu’ils aient désespérément voulu trouver des preuves objectives de l’efficacité des masques, ils n’y sont pas parvenus ». Et d’ajouter : « Faire porter des masques aux gens, dont la plupart sont souvent mouillés, sales, réutilisés et mal portés, peut entraîner des problèmes de santé et l’inhalation répétée de polluants et de sécrétions. »

Des exigences « alarmantes »

Chris Schaefer, consultant en santé et sécurité au travail, prodiguant des cours sur l’ajustement des masques de protection respiratoire pour l’armée, des établissements de soins de santé, des établissements d’enseignement privés et des entreprises, a également témoigné pour M. Wall en novembre. Selon lui, le port du masque obligatoire était « plus qu’étrange » et « alarmant ».

M. Schaefer a rappelé que dans un cadre professionnel normal, les personnes portant un masque doivent être examinées : « [Il s’agit de] déterminer sil elles sont aptes à porter un masque sans que cela nuise à leur santé ». Mais avec le Covid, « il n’y a plus eu de dépistage – il fallait en porter un ou quoi que ce soit de similaire, ce qui n’était jamais arrivé avant ». Selon lui, imposer les masques à toute la population, c’était soumettre chaque citoyen à la « roulette russe », car une telle mesure était particulièrement difficile pour les personnes souffrant d’une maladie pulmonaire obstructive chronique, d’autres problèmes pulmonaires, de problèmes cardiaques ou d’hypertension artérielle.

Un « test d’ajustement » était « primordial [et aurait dû être considéré comme] une priorité », a‑t‑il ajouté. « Sans être vraiment étanche, le masque ne peut en aucun cas fournir une quelconque protection respiratoire. » Il a également rappelé que les masques N95 constituaient des « barrières respiratoires […] et n’ont de ce fait jamais été conçus pour être utilisés pendant des heures et des heures. »

Par ailleurs, M. Schaefer a évoqué les « normes de sécurité au travail » de l’Alberta. Selon ces normes, les niveaux de dioxyde de carbone autorisés dans l’air intérieur peuvent atteindre les 1 000 parties par million (ppm). Or, ses propres tests ainsi que des recherches universitaires ont remarqué qu’au bout d’une minute de port du masque N95, l’exposition était de 5 000 à 10 000 ppm de dioxyde de carbone, et de 20 000 après deux minutes. De tels taux impliquent divers symptômes potentiels, tels que des maux de tête, des nausées, des vertiges, des troubles de la coordination, de l’audition ou de la vision, des coups de chaleur ou une sensation d’évanouissement.

Enfin, selon M. Schaefer, le niveau normal d’oxygène dans l’air est de 19,5 à 20,9 %, et si les travailleurs sont exposés à un niveau inférieur à 19,5 %, on parle de « déficience en oxygène ». Dans un tel environnement, « le travail doit immédiatement être arrêté et [les employés] doivent être évacués ». Ils ne pourront retourner sur le site qu’en étant « équipés d’une source distincte d’air pur fournie par un appareil respiratoire ».

Or, toutes les personnes qu’il a testées, adultes et enfants, ont vu leur taux d’oxygène chuter en dessous des 19,5 % au bout de deux minutes de port du masque, avec un masque médical N95 tout comme avec un masque non médical.

Une mauvaise grippe

Une femme porte un masque facial dans le quartier de Midtown Manhattan à New York, le 29 juillet 2021. (Kena Betancur/AFP via Getty Images)

Byram Bridle, professeur d’immunologie virale à l’Université de Guelph, a témoigné pour M. Wall en janvier. Selon lui le taux de létalité du Covid‑19 fin 2020 était d’environ 0,15 pour cent, un taux comparable à celui « d’une mauvaise saison grippale ». Il a également rappelé que le taux de létalité du variant actuel Omicron était encore plus faible.

Selon lui, le masque était approprié pour les malades, mais inapproprié pour les personnes asymptomatiques. Pour être infecté par un virus il faut vraiment en « être bombardé », a‑t‑il déclaré. Donc, à moins qu’une personne ne soit suffisamment malade pour tousser et éternuer, elle n’infectera probablement personne d’autre. Il a également affirmé qu’à force de manipuler leurs masques les gens avaient augmenté les risques de propagation du virus par contact.

Le quatrième témoin de M. Wall, dont le nom a été retiré, est un spécialiste des maladies infectieuses qui a rédigé neuf rapports d’expertise sur le Covid‑19 pour cinq provinces. Ces rapports ont révélé qu’il y avait environ 25 fois plus de transmissions asymptomatiques que symptomatiques.

Le témoin, également microbiologiste médical, a cité un « essai randomisé en grappe » portant sur plus de 300 000 personnes au Bangladesh. L’étude a révélé que les villages où tout le monde portait un masque chirurgical avaient un taux d’infection de 0,67 % et que les villages où personne ne portait de masque avaient un taux d’infection de 0,76 %.

Le témoin a fait valoir qu’en appliquant ces pourcentages aux quelques 1 100 chiropraticiens réglementés de l’Alberta, on voyait que la différence était insignifiante. Plus concrètement, faire porter le masque à tous les chiropraticiens pendant huit semaines, n’aura servi qu’à prévenir une seule infection, a‑t‑il conclu.

Le tribunal entendra les arguments finaux les 11 et 12 avril avant de rendre sa décision.


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