Un collectif demande un « plan d’urgence » pour la petite enfance

Photo: THOMAS SAMSON/AFP via Getty Images
Face à la « détérioration » des conditions d’accueil des tout-petits, un collectif d’associations a réclamé mardi un « plan d’urgence » pour la petite enfance et la publication d’ici « la fin de l’année » d’une série de décrets, notamment sur le taux d’encadrement.
Cet appel coïncide avec la parution, mercredi, d’une enquête – « Les Ogres » de Victor Castanet (Flammarion) – qui épingle les dérives de certains groupes de crèches privées et pointe l’inaction des pouvoirs publics à réformer un secteur sous tension.
« À la lumière de ces nouvelles révélations », il « faut que les politiques prennent enfin à bras-le-corps la situation du secteur », a déclaré Julie-Marty Pichon, représentante du collectif « Pas de bébé à la consigne » lors d’une conférence de presse à Paris.
Ces dernières années, « de nombreux rapports ont été rendus publics » et ont pointé la « pénurie de professionnels, le manque d’attractivité des métiers, des conditions de travail de plus en plus compliquées » mais « nos questions sont restées sans réponses », a-t-elle déploré.
« Un décret portant le taux d’encadrement » demandé
Son collectif, qui réunit une cinquantaine d’associations et d’organisations du secteur de la petite enfance, demande entre autres la publication « d’ici la fin de l’année » d’un décret portant le taux d’encadrement dans les crèches à un professionnel pour cinq enfants dès 2027 (contre six en moyenne actuellement) et un pour quatre en 2030.
« Pas de bébé à la consigne » demande également à ce que le taux de professionnelles hautement qualifiées (auxiliaires de puériculture, éducatrices de jeunes enfants, puéricultrices, infirmières, psychomotriciennes) dans les structures passe à 60% contre 40% actuellement. Il réclame aussi un « plan d’urgence » dédié à la formation initiale et continue des professionnels et des revalorisations salariales plus élevées que « les 100-150 euros mensuels évoqués ».
La France compte 460.000 places d’accueil en collectif, dont 50% relèvent des crèches publiques, 27 % des crèches privées (Les Petits Chaperons rouges, Babilou, La Maison Bleue, People & Baby…) et 23 % des crèches associatives.
Les jeunes enfants disposent parallèlement de 770.000 places auprès d’assistantes maternelles mais 40% d’entre elles seront parties à la retraite en 2030. Au total, l’exécutif évoque un manque de 200.000 places d’accueil pour les tout-petits et s’est fixé pour objectif de les créer d’ici 2030.

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