Un syndicat policier invite Christophe Castaner « à mesurer ses propos et à lancer un message d’apaisement »

Alors que Christophe Castaner a prévenu les « gilets jaunes » que ceux qui prendraient part à l’acte IX se rendraient « complices » des violences susceptibles de survenir pendant l’événement, le syndicat France Police a demandé au ministre de « mesurer ses propos ».

Cinquième force syndicale du ministère de l’Intérieur, le syndicat France Police – Policiers en colère s’est étonné des propos tenus par Christophe Castaner le 11 janvier au cours d’un entretien accordé au média Brut.

Pendant cette interview, le locataire de la place Beauvau a notamment déclaré que « ceux qui viennent manifester dans des villes où il y a de la casse qui est annoncée savent qu’ils seront complices de ces manifestations ».

Des déclarations immédiatement condamnées par le syndicat policier :

« La participation à une manifestation non déclarée est une infraction déjà prévue et réprimée par la loi. À elle seule, cette infraction n’entraîne pas de facto la commission d’autre crime ou délit. »

« Christophe Castaner est l’un des représentants du pouvoir exécutif. À ce titre, il ne lui appartient pas de faire les lois en édictant ses propres règles judiciaires (pouvoir législatif) ou de créer de la jurisprudence en prononçant des condamnations a priori à la place des tribunaux (pouvoir judiciaire) », poursuit l’organisme.

Très critique à l’égard de la gestion de la crise des « gilets jaunes » par le gouvernement depuis le début du mouvement, le syndicat regrette que son ministre persiste à jeter « de l’huile sur le feu ».

« Ces intimidations sont de nature à radicaliser les manifestants. France Police – Policiers en colère invite notre ministre à mesurer ses propos et à lancer un message d’apaisement », affirme l’organisme.

« Demain [le 12 janvier, ndlr], le gouvernement envoie 80 000 de nos collègues au casse-pipe. Ces sont les forces de l’ordre qui vont être sous le feu pendant que les politiciens vont assister au spectacle sur BFM TV. »

« En refusant de céder sur le RIC, l’exécutif expose l’intégrité physique et la vie de nos collègues, des journalistes de terrain ainsi que des Français ordinaires qui veulent juste se faire entendre en manifestant », conclut le syndicat.

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