Val-de-Marne: à bientôt 102 ans, le doyen des médecins français accueille toujours les patients

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Photo: PHILIPPE HUGUEN/AFP/GettyImages
Ce mardi 18 avril, le doyen des médecins de France devait recevoir les honneurs de ses pairs du Conseil de l’Ordre du Val-de-Marne. À presque 102 ans, il soigne toujours les patients.
Le cabinet de Christian Chenay est situé à son domicile, à Chevilly-Larue. Ayant un peu plus de 400 patients, le médecin ne peut se résoudre à partir en retraite car cela signifierait qu’il abandonne ces derniers, la profession étant touchée par la pénurie.
« Un cadeau honorifique pour saluer son travail »
« On va réussir à les recaser, mais c’est plus difficile que ce que je pensais », explique-t-il au Parisien, ajoutant que c’est « rare » de pouvoir « suivre des malades pendant soixante-dix ans ». Même s’il déplore auprès de BFMTV qu’aujourd’hui, c’est « plus du travail social que du travail médical, c’est surtout des paperasses à faire ». Le généraliste s’est par ailleurs adapté au monde moderne et à sa technologie, il pratique notamment la téléconsultation. L’une de ses patientes explique que Christian Chenay est une « encyclopédie toujours actualisée » car « il passe deux heures par jour à décortiquer les dernières informations médicales ».
De son côté, le médecin estime avoir de la chance d’être toujours en forme à son âge. Son secret : « Oh il n’y a pas de secrets. J’ai toujours mangé un peu à n’importe quelle heure, fait pratiquement toujours deux choses à la fois », confie-t-il à BFMTV, un sourire sur les lèvres.
Ce mardi 18 avril au soir, il était prévu que le Conseil de l’Ordre des Médecins du Val-de-Marne lui remette « un cadeau honorifique pour saluer son travail », souligne auprès du quotidien francilien l’un de ses membres.
« Je garderai comme patients quelques amis seulement »
Si Christian Chenay a fait sa carrière dans la médecine, c’est parce qu’il se trouvait à Angers et dans cette ville, il n’y avait « pas d’autres études supérieures que la médecine », raconte-t-il. Pour lui, il n’y avait donc pas « beaucoup de choix », ce qui ne l’a pas empêché d’y prendre goût quand même.
Il s’est installé à Chevilly-Larue en 1951. Il s’est notamment occupé des religieux de la communauté du Saint-Esprit. Il admet être resté dans cette commune – qui ne comptait que 300 habitants à cette époque, contre presque 20.000 aujourd’hui – parce que le supérieur lui avait demandé de continuer à s’occuper d’eux. « C’était difficile de les abandonner en cours de route », explique-t-il au Parisien, ajoutant que la bourgade était « un désert médical ».
Alors que la pandémie de Covid-19 sévissait, le médecin a bien failli fermer son cabinet, principalement à cause de la violence de certains patients. C’était la première fois qu’il était face à une telle situation. Si le doyen des médecins assure qu’il va « arrêter », il souligne toutefois qu’il ne gardera « comme patients quelques amis seulement ».

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