335 catastrophes par an liées au climat enregistrées depuis 2005

Un rapport publié le 23 novembre par l’ONU indique qu’environ 90% des catastrophes enregistrées dans le monde depuis 20 ans ont été causées par des phénomènes liés au climat comme les inondations, les tempêtes, les canicules et les sécheresses.

Selon l’ONU, le continent asiatique serait le plus sévèrement touché depuis 20 ans par les catastrophes naturelles, avec 332 000 décès et un total de 3,7 milliards de personnes affectées. Ce bilan inclut les quelque 138 000 morts causés par le cyclone Nargis en 2008 au Myanmar. Le taux est plus élevé de 14% sur la période allant de 1995 à 2004, presque deux fois plus que sur celle allant de 1985 à1994.

Depuis la première Conférence mondiale sur les changements climatiques (COP) en 1995, à Berlin, suite aux catastrophes liées au climat, environ 606 000 personnes ont été tuées et 4,1 milliards ont été blessées, sont devenues sans-abri ou ont eu besoin d’une assistance d’urgence, selon le rapport du Bureau des Nations unies pour la réduction des risques de catastrophes (BRRC).

Le coût des catastrophes

Économiquement, le BRRC estime que les pertes annuelles subies du fait des catastrophes naturelles, y compris par les tremblements de terre et les tsunamis, s’élevent à 250 ou 300 milliards de dollars.

Le rapport démontre que « ces pertes économiques constituent un défi majeur pour le développement de nombreux pays qui figurent parmi les moins développés et luttent contre les changements climatiques et la pauvreté », a déclaré Margareta Wahlström, directrice du BRRC.

« Les savoirs traditionnels et autochtones constituent une mine d’information pour les sociétés qui cherchent à vivre en harmonie avec la nature… ».– Ban Ki-moon, secrétaire général de l’ONU

Intitulé Le coût humain des catastrophes liées au climat, le rapport précise que les cinq pays les plus touchés par ce type de catastrophes ont été les États-Unis, la Chine, l’Inde, les Philippines et l’Indonésie.

L’importance des savoirs traditionnels

Lors de la Journée internationale de la prévention des catastrophes, le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a rappelé l’importance des savoirs traditionnels et de la participation des populations locales dans la lutte pour réduire les risques de catastrophe.

« En mars 2015, j’ai rencontré le président du Vanuatu, M. Baldwin Lonsdale, à l’occasion de la troisième Conférence mondiale des Nations unies sur la réduction des risques de catastrophe, qui s’est tenue à Sendai au Japon. Ce même jour, son pays insulaire a été dévasté par le cyclone Pam, un des plus violents ayant jamais frappé le Pacifique », a rappelé M. Ban.

« La tempête était d’une puissance telle que l’on s’attendait à des pertes humaines très importantes », a poursuivi le Secrétaire général, ajoutant qu’au final, cela n’a pas été le cas, grâce à la présence sur l’archipel d’abris anticycloniques construits dans le style traditionnel du pays, à partir de matériaux locaux.

Les savoirs traditionnels

« Les savoirs traditionnels et autochtones constituent une mine d’information indispensable pour les sociétés qui cherchent à vivre en harmonie avec la nature et à s’adapter à des phénomènes climatiques perturbateurs, au réchauffement de la planète et à la hausse du niveau des mers », explique le chef de l’ONU.

« Au Cameroun, les cultivateurs s’aident d’un savoir local élémentaire transmis de génération en génération pour faire face à la sécheresse : ils trempent les semences de maïs et de haricot avant de les planter. Une autre pratique très ancienne les aide à tenir les nuisibles à l’écart : le saupoudrage de cendres sur le maïs et les semences pendant quelques mois », a expliqué M. Ban, ajoutant que la résilience est la somme de nombreux actes de ce genre permettant de réduire les risques de catastrophe au niveau local.

De nouvelles infrastructures préviennent les catastrophes

Le gouvernement chilien a vu ses efforts couronnés de succès et a permis de limiter le nombre de victimes lors du tremblement de terre de magnitude 8,3 et du tsunami qui a frappé le pays en septembre.

Madame Wahlström a félicité le gouvernement chilien : « Les investissements dans les infrastructures résilientes, le système d’alerte précoce et la planification urbaine par le Chili ont permis de limiter le nombre de décès malgré l’intensité de ce séisme ».

« Le fait qu’un million de personnes ait dû être évacué pour échapper à la menace de hautes vagues et des inondations côtières prouve que le monde est confronté à une énorme augmentation de l’exposition aux risques naturels, alors que de plus en plus de personnes vivent dans des zones côtières et des bassins fluviaux exposés aux tsunamis et aux tempêtes ».

 
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