400 millions de Chinois ont coupé leurs liens avec le PCC au mépris du régime communiste

Par Eva Fu
6 août 2022 02:56 Mis à jour: 6 août 2022 13:51

NEW YORK – L’entrepreneur chinois Chen Quanhong voulait transmettre un message au monde entier : « Tuidang ».

Tuidang signifie « quitter le Parti » en chinois.

Tuidang figurait sur un drapeau jaune que M. Chen portait lors du défilé organisé à Washington le 21 juillet pour mettre en lumière les innombrables violations des droits de l’homme commises par le régime communiste chinois.

M. Chen fait désormais partie des 400 millions de Chinois qui ont renié leurs liens avec le Parti communiste chinois (PCC) et ses organisations affiliées.

Au mois de juin, ce chef d’entreprise de la province chinoise du Shandong, dans l’est du pays, a fait une déclaration rompant officiellement ses liens avec le Parti, participant ainsi à un mouvement populaire de près de deux décennies qui cherche à exposer les tromperies et les meurtres perpétrés par le régime communiste et à donner aux gens la possibilité de s’en séparer.

« En Chine, je ressemblais à un ver de terre piétiné par le pouvoir autoritaire, un ver qui n’osait pas remuer », a déclaré M. Chen à Epoch Times. « Lorsque je suis arrivé aux États‑Unis, je me suis senti être une personne. Le Parti communiste ne me faisait plus peur. »

Le défilé de Washington est le premier du genre auquel M. Chen a pu participer en plus de 50 ans de vie. Il a eu lieu avant une étape majeure pour le mouvement Tuidang : 400 millions de personnes ont renoncé à leur affiliation au Parti. Ce nombre a été dépassé le 3 août.

« 400 millions – ce nombre est supérieur à la population entière de certains pays », a déclaré à Epoch Times Yi Rong, présidente du Centre mondial Tuidang de Flushing, à New York. « Avec un groupe aussi important qui abandonne le PCC et se tient à l’écart de ses crimes, un changement positif va s’opérer dans la société chinoise. »

Alors que toujours plus de personnes rejoignent le chemin de la liberté, une « nouvelle Chine » libérée du contrôle communiste semble plus que jamais proche de son objectif, a‑t‑elle ajouté.

Souvenirs funestes

Les meurtres perpétrés par le Parti communiste tout au long de sa mainmise sur la Chine ont laissé des générations de familles brisées et traumatisées, dont celle de M. Chen.

La mère de M. Chen avait 21 ou 22 ans lorsqu’elle a perdu sa propre mère pendant la Grande famine. Un désastre causé par l’homme entre 1959 et 1961, fruit de la politique industrielle de Mao Zedong, alors dirigeant du PCC. Des dizaines de millions de personnes sont mortes de faim.

Poussées par la faim, la grand‑mère de M. Chen et la sœur de sa mère, âgée de 17 ans, ont pris un demi‑sac de cosses de haricots mungo sur les terres que le régime avait communautarisées. Lorsque les autorités ont découvert leur méfait, elles ont été dénoncées publiquement puis battues. La grand‑mère de M. Chen, les yeux bandés et entourée par un groupe de voyous qui la frappaient et la giflaient, est morte une dizaine de jours plus tard.

Des souvenirs sombres comme ceux‑là, racontés par la mère de M. Chen par bribes durant des années ou glanés au fil des lectures de documents historiques, ont aidé l’homme d’affaires à comprendre la vraie nature du Parti, malgré sa prétention répétée d’être le « sauveur du peuple ».

Défilé de pratiquants de Falun Gong pour commémorer le 23e anniversaire de la persécution de cette discipline spirituelle en Chine, dans le quartier chinois de New York, le 10 juillet 2022. (Larry Dye/Epoch Times)

Mouvement Tuidang

Le mouvement Tuidang a débuté en 2004, à la suite de la publication des « Neuf commentaires du Parti communiste », un livre qui a été diffusé pour la première fois par l’édition en langue chinoise d’Epoch Times. Il décrit en détail la brutalité et les tromperies perpétrées par le régime chinois.

Depuis lors, des millions d’exemplaires du livre ont fait leur chemin en Chine. Beaucoup de ceux qui ont aidé à distribuer ces exemplaires sont des pratiquants de Falun Gong, une discipline spirituelle que le régime tente de supprimer en menant une campagne d’arrestation, de torture et de diffamation à travers toute la société depuis un peu plus de 23 ans.

Le Falun Gong est une pratique méditative fondée sur un ensemble de croyances morales centrées sur les principes suivants : vérité, compassion et tolérance. Sa grande popularité en Chine dans les années 1990 – avec près de 100 millions de pratiquants en 1999 – a été jugée comme une menace pour le pouvoir autoritaire du PCC.

En tant que propriétaire d’un restaurant à Shandong, M. Chen a un jour reçu des documents d’information sur le Falun Gong offerts par deux pratiquants qui avaient dîné dans son établissement et qui, se souvient‑il, étaient « incroyablement pacifiques et gentils ».

Leur persévérance en dépit de la répression incessante exercée par les autorités chinoises l’a impressionné à l’époque, et de nouveau à Flushing, dans la ville de New York, au mois de juillet, lorsqu’il est tombé sur un stand d’information sur le Falun Gong qui encourageait les gens à quitter le Parti communiste chinois et ses organisations affiliées.

« J’ai simplement pensé : ‘Qui pourrait arrêter ceux qui prônent la vérité, la compassion et la tolérance ? Certainement pas des gens bien’ » explique‑t‑il, citant les trois valeurs fondamentales du Falun Gong. Au Centre mondial Tuidang de Flushing, un bénévole lui a offert un exemplaire des Neuf commentaires. Il l’a lu trois fois et a compris qu’il ne voulait plus être affilié au Parti.

Veillée aux chandelles au mémorial Lincoln à Washington, le 20 juillet 2017, pour rendre hommage ceux qui sont morts pendant la persécution des pratiquants de Falun Gong en Chine. La persécution a commencé le 20 juillet 1999. (Epoch Times)

Rompre avec le contrôle du Parti

Le PCC maintient trois organisations pour différentes tranches d’âge : les Jeunes Pionniers, pour les enfants âgés de moins de 14 ans ; la Ligue de la jeunesse communiste, pour ceux qui ont entre 14 et 28 ans ; et le Parti.

Si les deux derniers ne sont pas obligatoires, l’adhésion au Parti est toujours considérée comme une référence nécessaire à quiconque aspire à une carrière au sein du gouvernement ou dans les entreprises d’État. En 2021, la Chine comptait environ 110,4 millions de jeunes pionniers, 73,7 millions de membres de la Ligue de la jeunesse et 96,7 millions de membres du Parti, selon les chiffres officiels. Cela représente un total de 280,8 millions de personnes, soit un cinquième de la population chinoise.

Mais Mme Yi, présidente du Centre Tuidang, estime que l’étendue du contrôle exercé par le PCC sur la société est bien plus vaste. En adhérant à chacun des organismes affiliés au Parti, l’individu doit faire le vœu de consacrer sa vie au Parti. Une telle promesse lie totalement la personne au régime, même si l’âge entraîne automatiquement la désinscription aux groupes de la jeunesse.

« Parce que vous avez donné votre vie au Parti, vous n’êtes plus une personne libre. Vous ne pouvez pas contrôler votre propre vie », explique Mme Yi. « Pour cette raison, le Parti communiste a le champ libre pour massacrer les Chinois, leur laver le cerveau, les tromper et les persécuter comme bon lui semble. »

Pour révoquer le serment, il faut faire une déclaration officielle. Il est possible d’utiliser un pseudonyme pour éviter de subir des représailles du gouvernement, précise‑t‑elle.

À l’heure actuelle, le centre Tuidang reçoit selon ses estimations près de 50.000 demandes par jour.

Changement d’attitude

À Taïwan, il y a environ 3000 volontaires qui soutiennent le mouvement Tuidang. Chaque mois, environ 20.000 Chinois du continent acceptent de renoncer à leur affiliation au Parti après avoir discuté avec eux par téléphone ou de visu, selon l’un des coordinateurs, Bai Dexiong.

Bai Dexiong raconte le cas récent d’un homme du Shandong, en Chine, qui a demandé de l’aide à l’un des centres Tuidang. L’homme semblait avoir entre 20 et 30 ans. Il se décrivait comme un ancien nationaliste qui se mettait en émoi à la moindre critique adressée au PCC.

Son attitude a toutefois changé lorsqu’il a été testé positif au Covid‑19. Les autorités ont alors scellé la porte de son appartement et l’ont enfermé à l’intérieur, lui interdisant toute activité de base comme l’achat de nourriture. Il a perdu son emploi pendant la période de quarantaine. Il a passé son nouveau temps libre sur Internet. En utilisant un VPN pour contourner la censure numérique du PCC, il a lu avec avidité des articles sur le passé du régime et a eu honte de son ignorance.

Le régime ne peut s’en prendre qu’à lui‑même pour expliquer la popularité croissante du mouvement Tuidang, estime Mme Yi. Elle évoque les mesures de confinement draconiennes adoptées par Pékin comme la preuve la plus éloquente de son mépris de la vie humaine.

À bas le Parti communiste

Le mouvement fait également sentir ses effets en Chine continentale.

Zeng Hanxiao, 26 ans, originaire de la province du Sichuan (sud‑ouest de la Chine), a été détenu pendant quatre mois après avoir exprimé son soutien à un dissident figurant sur la liste des personnes recherchées par le Parti.

Il a demandé à quitter les Jeunes Pionniers au mois d’avril après avoir appris l’existence de Tuidang. « Tuidang est une sorte de renaissance et de rédemption », explique M. Zeng à Epoch Times au sujet de sa décision, ajoutant que son âme était désormais « purifiée ».

Peu après, M. Zeng a de nouveau été arrêté pour avoir scandé des slogans tels que « à bas le parti communiste » devant le consulat général des États‑Unis à Guangzhou. Il a été libéré sous caution le 28 juillet après avoir été frappé à la tête par la police et avoir été placé en isolement prolongé.

Après sa libération, M. Zeng puisait sa force dans l’élan de Tuidang.

« Cela montre combien de personnes sont à mes côtés contre le PCC. »

Zhong Yuan et Gu Xiaohua ont contribué à cet article.

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