À la découverte des plantes indigènes du Québec – 3e partie

Par Epoch Times
6 octobre 2016 05:07 Mis à jour: 23 décembre 2019 20:15

Selon les écosystèmes, jusqu’à 80 % des plantes ont été importées d’autres pays au cours des derniers siècles, prenant la place des végétaux indigènes, d’après l’herboriste et auteure de renom Anny Schneider. Cependant, dès que l’on pénètre dans une forêt, le pourcentage s’inverse, les plantes autochtones constituant jusqu’à 80 % des espèces présentes. J’ai eu la chance de me promener en forêt avec la spécialiste afin de mieux connaître ces plantes indigènes et leur utilité.

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Le bouleau jaune (Betula alleghaniensis)

Le bouleau jaune (Betula alleghaniensis) (Nathalie Dieul/Epoch Times)
Le bouleau jaune (Betula alleghaniensis) (Nathalie Dieul/Epoch Times)

Arbre très puissant, qui prend sa place dans la forêt, le bouleau jaune est un indigène en voie de disparition. Son bois a été utilisé pendant très longtemps pour la construction, comme bois de charpente ainsi que pour les portes et fenêtres. L’extrait de bouleau jaune contient du méthyle salicylate, utilisé pendant très longtemps comme anti-inflammatoire. Il est possible de percevoir la saveur de ce méthyle salicylate lorsque l’on grignote le pétiole, la partie qui relie la petite feuille à la tige : ça goûte le thé des bois (Gaultheria procumbens).

Le bouleau jaune est également utilisé comme analgésique et antirhumatismal. On le retrouve dans les déodorants, les rince-bouche et les pommades antidouleur.

Le bouleau blanc (Betula papyrifera)

Le bouleau blanc (Betula papyrifera) (Nathalie Dieul/Epoch Times)
Le bouleau blanc (Betula papyrifera) (Nathalie Dieul/Epoch Times)

Un autre arbre indigène très important est le bouleau blanc, ou bouleau à papier. C’est un arbre sacré pour beaucoup de peuples autochtones du Nord, un arbre qui sert à guider la nuit parce qu’il est blanc et phosphorescent. L’écorce de bouleau qui se détache facilement est très utile pour allumer un feu, même par temps humide, et elle peut aussi soigner les maladies de peau. Les Amérindiens se servaient de l’écorce plus épaisse pour faire des canots et des paniers.

Depuis toujours, on extrait l’eau de bouleau, environ trois semaines après l’eau d’érable. De nombreux peuples nordiques boivent cette eau au printemps pour une cure de nettoyage de la lymphe, du sang et des reins. On fait également des remèdes, tels que des huiles contre la cellulite, avec les feuilles du haut de cet arbre sacré.

Le thuya occidental (Thuya occidentalis)

Le thuya occidental (Thuya occidentalis) (Nathalie Dieul/Epoch Times)
Le thuya occidental (Thuya occidentalis) (Nathalie Dieul/Epoch Times)

« Le thuya est appelé à tort cèdre ici, parce que le bois a un grain similaire au cèdre du Liban (Cedrus libani), qui n’est pas du tout la même chose. Le Thuya occidentalis, c’est vraiment un arbre typique du Québec. »

En plus de se trouver dans les forêts sous forme d’arbres majestueux pouvant atteindre entre 15 et 20 mètres de haut, le thuya occidental forme une grande partie des haies des Québécois. Anny Schneider explique cette obsession des Québécois pour les haies de cèdres : « C’est un peu une réminiscence du lien à la forêt. » Le thuya est un symbole de résistance, c’est un arbre tellement puissant que même lorsqu’il est malmené, il repousse toujours.

« Qu’est-ce qu’on utilise du thuya ? Les branches, depuis longtemps. Les Amérindiens l’utilisaient autant comme base de leurs wigwams (un type d’habitation des Amérindiens semi-nomades) que dans les saunas, parce que c’est vraiment un arbre sacré au même titre que le sapin qui est plus nordique. Le thuya est beaucoup plus présent dans les lieux humides. Il a longtemps servi de clôture, de bois pour les bardeaux et même pour faire des meubles. C’est un bois précieux et très durable qui supporte l’eau. On le met dans les saunas par exemple », souligne l’herboriste.

Dans le domaine médicinal, on a depuis toujours fait des décoctions à partir des jeunes pousses pour nettoyer le foie et le sang. Il faut les utiliser à petites doses uniquement, pas plus qu’une cuillère à thé par tasse, car il s’agit d’un draineur très puissant qui contient de la thuyone qui peut provoquer des convulsions, de l’épilepsie si on en abuse. Le thuya sert également de fongicide depuis longtemps, sous forme d’onguent contre les champignons des ongles ou les maladies de peau fongiques. L’huile essentielle de thuya occidental est très prisée dans le monde entier.

Il est également possible de l’utiliser comme encens : il suffit de faire sécher ses rameaux et de les faire brûler pour nettoyer les mauvaises énergies dans une maison. Le cèdre est employé dans les rites mortuaires, pour aider l’âme à quitter le corps.

Le pin blanc (Pinus strobus)

Anny Schneider aux côtés d'un pin blanc (Nathalie Dieul/Epoch Times)
Anny Schneider aux côtés d’un pin blanc (Nathalie Dieul/Epoch Times)

L’arbre le plus grand de la forêt québécoise, pouvant atteindre jusqu’à 40 mètres de haut, est le magnifique pin blanc. Très connu et malheureusement victime de son succès, à cause de sa force et de sa solidité, il a été coupé pour son bois précieux. Exploité pour faire des bateaux, il a également été utilisé pour faire le plancher du château de Versailles (en France), son bois ayant un fini très lisse et noble, symbole de solidité, de force et de beauté.

La gomme de pin blanc sert à guérir les infections des gencives, de l’estomac et les douleurs articulaires. Ses aiguilles sont de puissants antioxydants.

Pour de plus amples renseignements sur les ateliers et conférences d’Anny Schneider

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