Alvin Ailey au théâtre du Châtelet

27 juillet 2015 14:00 Mis à jour: 27 juillet 2015 10:08

 

La compagnie Alvin Ailey American Danse Theater est de nouveau à Paris. La compagnie qui a stagné depuis un long moment après la mort du grand maître afro-américain a repris vie en 2011 avec l’arrivée de Robert Battle en tant que directeur.

Depuis 2006, la compagnie revient à Paris tous les trois ans pour récolter à chaque fois d’enthousiastes acclamations.

Robert Battle reprend les hits du vieux répertoire en y ajoutant l’éclat de la perfection et le brio de ses extraordinaires danseurs. Avec Battle, même la plus démodée des danses brille avec infiniment de charme.

Battle a su rajouter le piment et la virtuosité à ses nouvelles chorégraphies qui ne durent parfois pas plus de 3 minutes, magiques, tout autant que celles de chorégraphes tels Bill T. Jones ou l’israélien Ohad Naharin. 

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Révélations

La danse-emblème d’Ailey, enracinée dans la culture noire et dans le negro-spirituals, lui a valu une réputation internationale dès1960 et est aujourd’hui encore acclamé par le public.

Les danses de la compagnie restent toujours un hymne à l’humanisme, à la fraternité et surtout à la joie de la danse. Les danseurs, excellant dans leur performance classique autant que dans leur expressivité sensorielle, captivent toujours le public.

Le 16 juillet, la soirée s’est ouverte avec Polishes Pieces du Néerlandais Hans Van Manen, une œuvre qui souffre d’un certain anachronisme mais arrive à le vaincre grâce à la virtuosité des danseurs et au caractère hypnotique du mouvement. Ce ballet rappelle un caléidoscope chatoyant changeant de formes et de couleurs. Le corps des danseurs enveloppé d’une sorte de maillot moulant, une tenue qui met en relief chaque muscle dans laquelle le corps perd rapidement sa dimension /charnelle pour devenir un pinceau abstrait traçant des lignes et des couleurs dans l’espace dénudé de tout décor. Ce qui fascine Dans cette démonstration technique tout à fait classique, dans sa ligne pure et nette, c’est la beauté du corps qui, paradoxalement, disparaît dans la variété des formes et des couleurs.

Juste après ce ballet purement géométrique, Strange Humors de Robert Battle,première en France par la compagnie, offre six minutes de sensualité sauvage avec les deux danseurs absolument fantastiques Kanji Segawa et Daniel Harder.

(Nan-Melville)
(Nan-Melville)

D-Man in the Waters

D-Man in the Waters de Bill T. Jones sur la musique de Felix Mendelssohn, présentée également pour la première fois en France par la compagnie, reste toujours un hymne à l’espoir. Mendelssohn a composé Octuor à cordes en mi bémol majeur, Op. 20 alors qu’il n’avait que 16 ans. Bill T. Jones a écrit la chorégraphie dans un moment de deuil qui a permis à la compagnie de l’aborder à travers la musique joyeuse de Mendelssohn. Les danseurs habillés en uniformes militaires se déplacent énergétiquement en formes rigoureuses et harmonieuses sur scène, des tourbillons, des galipettes et des sauts. Cette danse, produite en 1989, prouve toujours que la danse postmoderne peut être esthétique au sens classique du terme. D-Man in the Waters a été récompensé par le Bessie.

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Takademe

Avant un morceau de Hip Hop pas très réussi malgré le brio des danseurs qui méritaient tous les ovations qu’ils ont reçues du public, trois minutes de tour-de-forces, interprétées par Yannick Lebrun dans Takademe de Robert Battle ont fait l’affaire.

Sur un rythme indien, un danseur seul, en mouvement constant, n’épargne aucun muscle de son corps. Avec des gestes rapides, il laisse des traces imaginaires dans l’espace comme une hallucination, comme un rêve.

La danse est « l’idéalisation de nos rêves », disait Alvin Ailey.

Jusqu’au 1er août, une soirée exceptionnelle attend les spectateurs au théâtre du Châtelet.

 

Infos pratiques

Alvin Ailey American Danse Theater

Théâtre du Châtelet

2 rue Edouard Colonne, 75001 Paris.

Jusqu’au 1er août inclus.

Horaires : du 27 au 31 juilletà 20h00 sauf le samedi 1er août à 15h00

 

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